Affichage des articles dont le libellé est Raymond Federman. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Raymond Federman. Afficher tous les articles

samedi, février 05, 2011

Hélène Bessette & Raymond Federman à Noisy-le-Sec

Aujourd’hui, samedi 5 février, à 18h, je lirai des extraits de livres d’Hélène Bessette & Raymond Federman à la médiathèque Roger Gouhier de Noisy-le-Sec.

Deux auteurs publiés par la collection Laureli, deux auteurs aux œuvres intenses. La médiathèque parle d’« écrivains maudits » ce qui porte sa part de vérité – en particulier pour Hélène Bessette, redécouverte récemment – dans la mesure où le marché – appelons un chat un chat – littéraire ne reconnaît pas toujours immédiatement ceux qui s’interrogent sur les formes littéraires et font avancer les choses, préférant voler au secours de la victoire… mais la présentation montrera, bien au contraire, toute l’ampleur de leur souveraineté.

Hélène Bessette, d’une liberté totale – dont elle a certes payé le prix ; mais liberté qui nous sidère et bouleverse toujours aujourd’hui. Raymond Federman, auteur heureux, récemment disparu, tout sauf maudit même si la France ne l’a pas encore reconnu comme elle le devrait… homme lumineux qui nous laisse des livres en « triste fourire » tissés d’humour et d’émotion.



À tout à l’heure !

Médiathèque Roger Gouhier
3, rue Jean Jaurès
93130 Noisy-le-Sec
à 7 minutes à pied de la sortie de la gare de Noisy-le-Sec – RER E

J’en profite pour remercier vivement Mathieu Larnaudie et Arno Bertina à l’origine de la rencontre avec les bibliothécaires de la médiathèque Roger Gouhier.

Photo Hélène Bessette © Famille Brabant
Raymond & Erica Federman © Bruce Jackson

vendredi, juin 04, 2010

En capitale et en toutes lettres

Panamiennes, Panamiens, du 9 au 13 juin, vous aurez la chance de pouvoir assister au pléthorique festival Paris en toutes lettres dont vous pouvez consulter la programmation ici. Vous pourrez notamment y voir – essai de traversée de cette grande traversée :

Jeudi 10 juin : à 18 h, Hélène Frappat & Philippe Collin au Petit Palais.

Vendredi 11 juin : à 18 h, Brigitte Fontaine aux Bouffes du Nord ; à 19h30, Antoine Volodine & Olivier Aubert au CentQuatre (atelier 2) ; à 20 h, Pierre Guyotat & Marcel Bozonnet au Reid Hall ; à 20h30, Riad Sattouf au CentQuatre (la scène) ; à 22 h, Olivier Mellano & Barbara Carlotti au CentQuatre (salle 200).

Samedi 12 juin : à 11h30, lecture-rencontre autour d’Hélène Bessette à la librairie MK2 quai de Loire, avec Emmanuelle Clément, Sophie Quetteville, Julien Doussinault et bibi ; à 15 h, Cécile Guilbert évoque Nabokov à l’Hôtel de Lauzun ; à 16h30, Jakuta Alikavazovic & Julián Ríos au CentQuatre (atelier 2) ; à 21 h, Thomas Clerc au CentQuatre (atelier 7).

Dimanche 13 juin : à 11h30, Claro à la librairie MK2 quai de Loire (avec le comédien Bruno Blairet) ; à 15 h, bibi (lecture d’un extrait du Travail de rivière) ainsi que Serge Pey, Jacques Rebotier et Laurence Vielle dans la cour de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, 24 rue Pavée ; à 18 h, lecture d’extraits de l’œuvre de Raymond Federman au CentQuatre (atelier 7) par bibi ; à 19 h, lecture d’extraits de Chants magnétiques par Claire Fercak à l’institut Hongrois (92 rue Bonaparte) dans le cadre d’une carte blanche à Eva Almassy.

lundi, octobre 12, 2009

Lettre de Simone Federman

J’ai reçu cette lettre de Simone Federman il y a quelques jours. Une lettre magnifique. Que Simone a publiée sur le blog de son père : [the laugh that laughs at the laugh...]. Je lui ai demandé si elle souhaitait qu’elle soit diffusée par ailleurs. C’est son vœu. La voici donc, écrite en anglais et en français dans la tradition federmanienne :


October 6, 2009

My father died this morning. Last night I read all of The Voice in The Closet to him in one breath, 75 pages: one sentence. I stopped on page 61 to cry, and then we both cried at the end.

He had not been responsive for more than 24 hours, so this was especially magical. I thanked him for all the books, all the beautiful sentences, this being the most beautiful I had ever read. I thanked him for being the best father I could ever imagine. I told him he would always be my best friend. His eyebrows told me to stop crying. So I did. I told him I understood because he had taught me about laughter.

I went to bed on the pull-out couch next to his bed. I half heard his loud heavy breathing stop and roused to call my mom, who had already had a beautiful tearful last goodbye, and the nurse. He had died. We said kaddish for him at the mortuary, and he was cremated, as he wished, like his mother, father and sisters, at about noon.

We are planning to spread some of the ashes, maybe some noodles too, at his golf course, maybe even make a drop at the casino, and then bring some to France to spread at his former apartment and Le Cimetière Marin (the one in the Valéry poem he wanted me to read to him last week).

My mother and I, my sister Robin and brothers, James and Steve are planning a memorial celebration of his life in San Diego in the coming weeks, details to come.

We are okay, feeling strong. We had a really special last few weeks with him, not to mention a really special 47 to 49 years. I apologize for the group e-mail. I just wanted you to know.

Much love,

Simone


Le 6 octobre 2009

Mon père est mort ce matin. La veille je lui ai lu tout La Voix dans le débarras d’un seul trait, 75 pages : une phrase. Je me suis arrêtée à la page 61 pour pleurer, et ensuite on a pleuré ensemble à la fin.

Cela faisait plus de 24 heures qu’il n’avait plus réagi, c’était donc particulièrement magique.

Je l’ai remercié pour tous les livres, toutes les belles phrases, celle-ci étant la plus belle que j’ai jamais lue. Je l’ai remercié d’être le meilleur père que je puisse imaginer. Je lui ai dit qu’il serait toujours mon meilleur ami. Ses sourcils m’ont dit d’arrêter de pleurer. Donc je l’ai fait. Je lui ai dit que je comprenais parce qu’il m’avait tout appris sur le rire.

Je me suis couchée sur le clic clac à côté de son lit. J’ai entendu à demi sa respiration lourde et bruyante s’arrêter. Je me suis levée pour appeler ma mère, qui lui avait déjà dit un bel et tendre dernier adieu, ainsi que l’infirmière. Il était mort. On a dit le kaddish pour lui à la morgue et il a été incinéré, comme il l’avait souhaité, et comme sa mère, son père et ses sœurs l’avaient été, aux alentours de midi.

Nous avons pour projet de disperser certaines de ses cendres, et peut-être aussi quelques nouilles, sur son parcours de golf, de peut-être même en laisser certaines au casino, et d’en apporter ensuite en France pour les répandre dans son ancien appartement et au Cimetière marin (celui du poème de Valéry qu’il a voulu que je lui lise la semaine dernière).

Ma mère et moi, ma sœur Robin, et mes frères James et Steve allons organiser une célébration commémorative à San Diego dans les prochaines semaines, les détails suivront.

Nous allons bien. Nous venons de passer quelques semaines vraiment magnifiques avec lui, sans compter 47 à 49 années non moins magnifiques. Veuillez m’excuser pour cet email groupé. J’ai juste voulu vous mettre au courant.

Je vous embrasse,

Simone


Photo Bruce Jackson.

mercredi, octobre 07, 2009

Raymond Federman


En 2002, nous buvions un verre dans un café de la rue Rambuteau, il regardait d’un air gourmand une belle parisienne en fumant une cigarette – je crois qu’il ne fumait plus qu’en France, pour le geste, pour le souvenir –, le visage fendu d’un grand sourire lumineux qu’il arborait souvent, les yeux pétillants, et avec ce même sourire, il m’a dit : « Tu sais, Laure, je suis un vieux bonhomme maintenant. Un jour, un de ces jours, dans pas longtemps, des extraterrestres vont venir me chercher pour m’emmener dans leur planète. Il va falloir t’habituer… »

Je ne l’ai pas cru à ce moment-là, bien sûr. J’ai vite changé de sujet. Je croyais qu’il était immortel, notre Raymond. Et puis ces salauds d’extraterrestres ont fini par venir le chercher, comme il l’avait dit. Peut-être est-il dans la file de la zone des Carcasses. Peut-être est-il en train de raconter des histoires aux autres Carcasses pour faire passer le temps, extrapolant quant à sa transmutation. Peut-être le grand Sam l’attendait-il pour organiser la plus grande révolte que la zone des Carcasses ait jamais connue, en triste fourire, bien entendu.

Sans sombrer « dans la grande connerie méta-pata-physique », je ne peux m’empêcher d’imaginer les retrouvailles avec sa mère Marguerite – déportée à Auschwitz dans le convoi 14, wagon 16, le 3 août 1942 –, son père Simon – déporté à Auschwitz dans le convoir 24, le 28 août 1942 –, et ses sœurs Sarah et Jacqueline – déportées à Auschwitz dans le convoi 21, wagon 2, le 19 août 1942. Raymond Federman a été incinéré « dans la tradition familiale » – j’emprunte cette expression au père de mon amie Laure Mentzel qui avait demandé qu’elle figure dans son propre avis de décès. Je crois que Raymond ne l’aurait pas reniée.

Je pense à Erica, sa femme, Simone, sa fille, à toute sa famille. À ses amis, ceux que je connais, Nathalie, Stéphane, Pierre, Christian… ceux que je ne connais pas. Et je pleure Raymond que j’aime tant, qui me manque tant. Grâce à sa mythologie carcassienne, je vais l’apercevoir sans cesse, dans le mouvement dansant d’une feuille qui tombe à l’automne, le rire d’un enfant, les bulles d’un grand cru de Champagne, le son d’une viole de gambe, la couleur métallique que prend parfois la mer dans le port de Bastia. Tout ce qui émeut et emporte dans un grand courant de vie.


Quelques bye bye frenchy à la queue leu leu :
Claro
Fric Frac Club
Le Monde
Sitaudis
Lignes de fuite
Peggy Sastre
BibliObs
L'Huma
Mouvement
Christine Bauer
Marc Pautrel
Libr-critique
Poezibao
Claude Chambard
Remue.net
La Revue Internationale des Livres et des Idées
Paulette
Le Permanent
Hublots
Libé
Politis
Cousu main
La Ligue des droits de l'homme Bagneux-Malakoff-Montrouge Autofiction.org
Lettre d'Anna-Patricia Kahn sur le blog de David Genzel (bas de page)
Le vieux monde qui n'en finit pas