
A.-M. A photo C.R.J.
« L’AMOUR SUPRÊME »
Anne-Marie Albiach
(à/pour/avec Danielle Collobert)
… nul ne peut posséder son réel idéal
sinon dans la lumière créatrice…
Villiers de l’Isle-Adam
je peux sans doute dire elle, dans l’instant ; elle vit elle attend elle ne fuit pas : ce qui l’entourait devenait, pour le témoin occulté du même genre, donnée de plus en plus mortifère et nocturne – Admettons que la loi aveuglante de l’inscription qu’elle désirait s’obscurcissait à chaque élaboration, de par un mécanisme absorbant de l’Autre qui lui renvoyait en miroir « Survie » ;
Dans la peur peut-être mêlée de
Désir, elle s’appropriait cette image multiforme qui ne transparaissait pas sur son corps intact. Cependant les inscriptions réitérées d’une certaine recherche d’équation appropriée aux doubles pulsions imprégnaient en elle,
malgré l’éclat de sa chevelure, le dessein sourd, devenu irréductible, d’une CHUTE
Eux savaient qu’on ne pouvait parvenir au UN d’une diction pleine, et cette
évidence, comme de par l’alimentation d’un
feu mourant, tendait vers l’irréversibilité de la trajectoire sans même considérer la négation qu’elle prit en plein recul, elle recherche simplement l’anonymat des lieux de passage : fuir ce désir de plus en plus urgent, ou la tentation de faire coïncider les extrêmes ;
Le hasard d’une disparition de ce qui constituait telle force corporelle ou scripturale s’élaborait, sous-tendu par les
Voix d’un Chœur mémorielles ; ainsi peuvent-ils se mettre en demeure de franchir des limites
factices – Quelle est maintenant la différence entre limites
factices et limites tangibles ? Cela dépasse ce que l’on pourrait dire « plusieurs livres », cela tiendrait peut-être d’un conditionnement textuel/social – et ceci sans conclusion, car comment en entrevoir.
Extrait de
Anawratha de
Anne-Marie Albiach > Spectres Familiers 1984 / Al Dante 2006.