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mardi, janvier 13, 2009

dimanche, novembre 02, 2008

Tour Cortina

Et puis sur une invitation de François Bon, il s’agissait d’« écrire la ville » ou plutôt d’en parler, lundi dernier.
J’étais ravie et terrorisée. Ravie de réaliser un entretien avec François (même sur la crème au chocolat Mont Blanc ou la différence entre une perceuse à percussion et une perceuse magnétique, ça m’aurait fait plaisir) et terrorisée car, que dire sur la ville du point de vue de l’écriture ou plus exactement de mon écriture ? Elle n’est pas un personnage très présent dans mes quelques livres.

En même temps, c’était vraiment étrange de se retrouver là, au 18e étage de l’une des tours de la BNF puisque quand je suis arrivée à Paris en 1995, c’était mon paysage quotidien : je vivais au 34e étage d’une tour des Olympiades, toute proche. Et de là-haut, la ville s’étendait comme un paysage doux avec un ciel immense qui me rappelait la mer. Les orages étaient en cinémascope et on entendait les oiseaux. J’en arrivais presque à aimer Noël ; de mes hauteurs, j’adorais compter les sapins clignotants, le soir. J’aurais pu tranquillement m’adonner au voyeurisme mais cela n’a jamais été dans ma nature – hélas ! quelle matière à romans ! D’autres voisins étaient plus équipés, on devinait des télescopes tout contre les fenêtres, pas vraiment dirigés vers le ciel. Alors, j’étais modèle. Ou objet de roman. Côté chambre, on voyait le cinquième arrondissement, jusqu’à Montmartre et au-delà – mais à l'époque, je n'identifiais facilement que Montmartre, Notre-Dame, Beaubourg... J’ai mis beaucoup de temps à comprendre pourquoi les bâtiments s’éclairaient tout à coup terriblement, successivement – les péniches ! Le chat, quant à lui, n’a jamais compris d’où il pouvait bien voir des êtres humains de la taille de fourmis. Il est vite retourné dans ses zones méditerranéennes avant de sombrer en dépression. En se penchant de la fenêtre de la chambre et en regardant en direction de la tour Helsinki (la tour de luxe aux appartements cinq pièces), on pouvait voir la Tour Eiffel mais on n’aimait guère que je me penche. Pourtant, j’ai toujours aimé regarder la Tour Eiffel. Côté salon et cuisine, c’était le XIIIe asiatique (Tang Frères en à-pic) et la banlieue, avec cette cheminée crachant en permanence une fumée blanche. Après avoir regardé pendant trois ans cette zone « Très Grande Bibliothèque » en construction, voilà qu’à présent, je cherchais la fenêtre de mon ancien appartement en ayant à parler de la ville avec laquelle j’entretiens des rapports ambivalents. À Bastia, je me définissais radicalement comme citadine – ou plutôt bastiaise, ce qui là-bas veut tout dire (une ajaccienne n’étant pas une bastiaise). J’aimais la plage, qui n’exclut pas la ville, mais la campagne m’emmerdait copieusement, rien de pire que ces interminables balades dans le maquis, la castagniccia. Je finissais toujours par me paumer et appeler mon père au secours en me retrouvant nez-à-nez avec une laie rose et noire au grognement vindicatif. En plus, je détestais l’odeur des séchoir à châtaignes qui imprégnait les cheveux et la soupe paysanne au goût très prononcé à finir absolument si on voulait espérer se lever de table ; étant astigmate, j’étais très mauvaise ramasseuse de champignons, il n’y avait guère que les oronges que je repérais à peu près – un œuf à la coque surgissant entre des feuilles de châtaigniers, ça se remarque – et comme il n’y en avait pas tant que ça… Bref, citadine. Et à présent, après 2008 – 1995 = oula, déjà 13 ans à Paris, je sature un peu de l’urbanité capitale quotidienne. J’aime Paris parce que c’est beau Paris. J’aime Paris parce que dans le quartier où j’habite, je me sens en Afrique et que c’est très agréable – le patron de café qui me sert chaleureusement la main, les passants du marché Château Rouge qui se précipitent pour m'aider à ramasser mes fruits échappés d’un sac en plastic éventré… – pourvu que ça dure en ces temps obscures de sarkozysme. J’aime Paris parce que ben depuis 13 ans, j’y ai la quasi totalité de mes amis. J’aime Paris parce qu’il s’y passe beaucoup de choses artistiques. Mais le bruit permanent, les parisiens (vous savez, ceux qu’ « il vaut mieux avoir en journal »), la pollution qui me met le cuir chevelu en sang 360 jours sur 365, le temps pourri (parisien, c’est un synonyme), le coût de la vie (5 euros – ça fait quand même dans les 32 francs, je mangeais bien, pour ce prix-là, en 1995 – une pauv’ binouse de fin de cuve, ah ! ah ! ah !), la foule permanente, l’attente permanente, l’impolitesse permanente, l’absence de citoyenneté permanente… Bref, j’aime Paris comme après 13 ans de mariage. J’aurais du mal à m’en passer mais je ne survis qu’en lui faisant des infidélités de temps à autres.

Évidemment, on s’en doute, l’entretien n’a pas porté uniquement sur la ville. Beaucoup sur le processus d’écriture. Et j’aime toujours ce genre de moment unique qui permet de formuler des choses qu’on n’avait jamais formulées ainsi auparavant. C'est un cadeau inestimable.

J’aurais bien aimé être petite souris ou mulot, tiens – remarquez, dans une tour de la Très Grande Bibliothèque, mon espérance de vie aurait sans doute été très courte – pour pouvoir assister à tous les autres entretiens. Mais j’étais détendue comme un lundi avec des documents Excell à remplir pour notre diffuseur – ce qui me fait à peu près le même effet capillaire que la pollution.

Photo : François Bon.

dimanche, juin 15, 2008

Classements

J'ai découvert Netvibes grâce à François Bon et, ma foi, l'interface me plaît bien. Je donc transféré les infos de mon vieux del.icio.us (qui existe toujours) sur Netvibes et ça donne ça avec encore quelques bugs d'interface mais bon, ce n'est pas bien grave.

(PS : inutile de m'insulter comme après le dossier de Libé en mars dernier... 1- c'est une liste qui évolue 2- ben quand même, je fais ce que je veux avec mes listeu.)

mardi, mars 18, 2008

Bon & Babu

...Enfin vu François Bon, hier, au Salon du Livre. C’est drôle, c’était un peu comme rencontrer un correspondant, vous vous souvenez, quand on avait des correspondants à l’école primaire. On connaît nos bouilles, on s’est écrit, mais on ne se connaît pas, donc, on se connaît quand même. Mais se voir pour de vrai, c’est quand même irremplaçable car François Bon fait partie des personnes qui vous offrent un regain d’énergie et de générosité d’un sourire et d’un mot – c’est de cela qu’est tissé son Tiers Livre, son publie.net, etc.
Avec Alexandre Civico, on est ensuite allé jeter un œil aux nouveaux supports de lecture numérique. J’ai retenu celui-ci, certes un peu grand – à peu près une page de livre de format 140 x 205 – mais tout léger et assez proche d’une physique livresque, avec le feuilletage au pouce, sur la gauche. Et un petit crayon intégré, un peu comme sur un palm. Tout cela est encore trop gris pour moi et trop cher, fade, bref, ne suscite pas un désir d’achat. Attendons qu’Apple s’y mette…
L’événement inattendu du jour, c’était u Babu au Salon du Livre, visite surprise. C’est une des rares personnes qui ne cessera jamais de m’étonner, je crois – cela peut même aller jusqu’à la stupéfaction. Cela me rappelle la fois où il a fait exactement la même chose, à Madrid. Il a débarqué dans l’hôtel (calle Fuencarral, un truc atrocement miteux mais central) où je me trouvais pendant un voyage scolaire, sans prévenir – il avait déjà quitté la Corse. J’avais 16 ans et la réception m’annonce que mon père monte dans ma chambre. Comme on transgressait, gentiment, le couvre-feu, il a fallu que les garçons se planquent en catastrophe, deux sous les lits, un dans la douche, on a eu chaud, Virginie riait nerveusement sans s'arrêter tandis que mon père matait discrètement (pensait-il) les jambes d'Isabelle portant mini-short et débardeur. Bref, toutes les personnes que j’ai vues ensuite au Salon l'ont donc rencontré – François, je crois que s’il était arrivé avant, tu aurais eu une explication génétique à ma démarche décidée… J'étais un peu palotte. Babu et Pascal Arnaud ont ainsi pu discuter rugby (c’était trop technique pour moi) et vrais-faux passeports… On a parlé de La Loi, aussi.

mardi, février 19, 2008

RALBUM #1

... mais c'était pour la bonne cause ! L'enregistrement du RALBUM ROUGE au studio Cocoon, près de Rennes, un projet créé par Emmanuel Tugny & Olivier Mellano en réaction à la donne sociale et politique contemporaine. Un album énervé, qui voit rouge, l'écrit, le compose et le chante, frontalement. Le hasard - mais il n'en existe jamais vraiment - a voulu que ce projet soit diffusé (il sortira le 5 mai) au moment de l'anniversaire de mai 68 que le gouvernement a tendance à vouloir évacuer comme l'un de ces détails de l'Histoire.

Nous espérons que ce Ralbum 2008, s'il ne lancera pas de pavés physiquement graniteux, constituera une série de tracts à penser et à écouter. C'est ainsi qu'il a été conçu.

Il réunit :
- les musiciens (outre Olivier Mellano - composition, voix, guitare, claviers, programmation - & Emmanuel Tugny - composition, voix, guitare) :

Nicolas Courret à la batterie. Il joue notamment dans les groupes Bed, FL et Headphone.

Thomas Poli enregistre, joue du clavier et s’occupe de la programmation numérique. Il joue notamment avec Montgomery et Mobiil.

David Euverte aux claviers. Il joue notamment avec Dominique A, X mas X.

Benoît Burello : voix, guitare, basse ; créateur, chanteur et instrumentiste du groupe Bed.

Ainsi que les amis qui sont passés au studio, notamment les Montgomery.

- les écrivains :

Arm : auteur et chanteur du groupe psykick-lyrikah.

Stéphane Bérard est artiste et écrivain. A notamment publié Le problème martien (Al Dante, 2002), L’Enfer, de Dante Alighieri nouvelle traduction, chants I à X, (Al Dante, 2006). Musicien, il a sorti trois disques dont Progressistes, avec Nathalie Quintane.

François Bon, auteur d’une trentaine de livres, dernier paru : Bob Dylan, une biographie (Albin Michel, 2007). Il est également éditeur de la collection Déplacements, au Seuil, et l’un des pionniers de la littérature sur Internet cf. Le Tiers Livre.

Éric Chevillard, auteur d’une vingtaine de livres parus pour l’essentiel aux Editions de Minuit, parmi lesquels Mourir m’enrhume, Palafox, La Nébuleuse du crabe, Du hérisson, Oreille rouge, Démolir Nisard et Sans l’orang-outan. Nisard est aussi quotidiennement démoli sur son blog, L’Autofictif.

Claire Guézengar a publié Ouestern (Laureli/Léo Scheer, 2007). Elle travaille régulièrement comme critique d’art et commissaire d’expositions. Elle est chroniqueuse à l’émission Minuit/10 (France culture).

Laure Limongi : bon ben ça c'est ouam, on va pas faire les présentations.

Yann Linaar est auteur, compositeur et interprète. Parmi ses disques publiés : Nus dans l’herbe (Ailleurs Diffusion, 1998), Les filles naissent dans les choux... (Les doigts dans la prise, 2000), L’Ami Corto (Rapport d’Étape Son, 2002). Il fait partie du groupe Molypop.

Jérôme Mauche, dernier livre paru : La Loi des rendements décroissants (Déplacements/Le Seuil, 2007). Il est également commisaire d’exposition et organise fréquemment des cycles de lectures.

Éric Meunié a publié une dizaine de livres, derniers parus : Automobile fiction (POL, 2006), Poésie Complète (Exils, 2006).

Nathalie Quintane a publié une quinzaine de livres. Derniers parus : Cavale (POL, 2006), Grand ensemble (concernant une ancienne colonie) (POL, 2008).

Nathalie Talec est artiste plasticienne, performeuse, auteur de chansons. Exposition monographique, Solo intégral, au Mac Val, Vitry sur Seine, Printemps 2008, accompagnée d’un catalogue.

David Wahl a publié Le Chant du Narcisse (Archimbaud).

>>>>> Quant aux suscitateurs à la fois écrivains et musiciens du RALBUM, je rappelle :

Olivier Mellano, guitariste, auteur compositeur et interprète, travaille avec Dominique A, Miossec, Yann Tiersen, Bed, Laetitia Shériff, Sloy, Polar, Psykick Lyrikah. Il écrit et compose au sein de son groupe, Mobiil, ainsi que pour la danse et le théâtre. Il a sorti, chez Naïve Classique, son premier album de pièces instrumentales : La Chair des Anges. En avril sort son premier livre chez MF Éditions : La Funghimiracolette.

Emmanuel Tugny est écrivain et musicien. Il vit et travaille au Brésil.Tour à tour professeur (agrégé et Docteur en littérature), diplomate, inspecteur des enseignements artistiques, il a publié plusieurs livres. Dernier paru : Corbière le crevant (Laureli/Léo Scheer, 2007). Il a traduit PanAmérica de José Agrippino de Paula (Laureli/Léo Scheer, 2008). Il est également parolier de chansons et librettiste pour divers artistes (Dani, John Greaves, Michal,etc.) et auteur-compositeur-interprète. Il fonde avec quelques amis le groupe Molypop en 2006 dont le premier album sort en avril chez Trackmusic : sous la barque (quand on creuse).

Voici quelques photos de studio, pas représentatives de l'ensemble des participants. D'autres photos et vidéos et extraits de chanson sur la page myspace du RALBUM.



Olivier Mellano & Thomas Poli


Benoît Burello, Olivier Mellano & Thomas Poli


Olivier Mellano & Thomas Poli


Benoît Burello


Benoît Burello & Emmanuel Tugny


Laure Limongi, Olivier Mellano, Benoît Burello, Emmanuel Tugny & Thomas Poli (de dos)


Nicolas Courret


Olivier Mellano, Emmanuel Tugny & Thomas Poli

lundi, octobre 22, 2007

D’un V qui veut dire Verneuil mais aussi Vendôme


portradium & Véronique Levy lisant Daniel Foucard, Galerie Léo Scheer
Photo © Corinne, de Litote en tête


J’ai déjà évoqué brièvement la soirée anniversaire de la collection Laureli à la Galerie Léo Scheer sur le blog des Éditions, Corinne en a parlé aussi et a pris quelques photos. C’était un grand moment de rencontre entre les auteurs et avec leur public venu nombreux malgré les grèves. Une soirée qui manifeste à quel point la création littéraire est sans frontière – loin de l’image de l’auteur qui toussote son livre en mains –, les arts peuvent dialoguer entre eux. La ligne serait celle-là : investir les formes, toutes les formes, faire entrer poésie, musique, théâtre, biographie… dans le roman pour le bruisser de l’intérieur. Tout cela non pas – non plus ? – dans une de provocation à –ismes ou de déconstruction ; une logique déceptive pour le lecteur/récepteur. Mais dans un mouvement qui l’implique avec pour notion clef : la tension, le plaisir – lui aussi polymorphe – du texte.


Olivier Mellano, Laure Limongi & Emmanuel Tugny à Vendôme
Photo © Jean-Claude Bourdais


Samedi, nous lisions avec Emmanuel Tugny & Olivier Mellano, à la guitare, à Vendôme, dans le cadre du Festival Rockomotives que je recommande vivement. Jean-Claude Bourdais – qui avait bravé kilomètres et froid naissant pour venir nous voir – & François Bon en parlent.
Un grand moment de bonheur. J’y ai découvert de formidables musiciens que je ne connaissais pas et entendu en concert certains que je ne connaissais que par leurs disques. Et rencontré un public hip hop, rock... qu’intéressait le rapport aux textes (de livres) lus sur scène, entremêlés, improvisés, liés à la musique d’Olivier.

Parmi le foisonnement talentueux de ce long concert, je citerai une découverte, (shame on me de ne l’avoir entendue avant) Laetitia Shériff, dont je suis immédiatement et inconditionnellement fan. Je vous recommande son premier disque. Le prochain sort dans peu de temps et sera une absolue merveille. Je n’aime pas les comparaisons, mais on pourrait dire que quelques inflexions de sa voix font penser à P.J. Harvey ou Karen Dalton.
J’ai entendu Psykick Lyrikah (= Arm & Olivier Mellano), également, grands textes, présence, émotion.

mercredi, octobre 18, 2006

Viva Abel Blackbush





Juste pour retransmettre l’alerte-info de François Bon - dont d'autres font largement écho. On a beau savoir que ce n’est qu’un aurevoir – on n’en finit pas, comme ça, avec l’indocilité – , on en a un peu marre du principe de réalité qui s’acharne dans notre petit secteur de bouffeurs de livres... Et puis le cœur lourd, bien sûr, stories, souvenirs-souvenirs, cartons innombrables, salons improbables, lectures, performances, heurts, sentiments. al dante is al dante is al dante - & will be ! Alors on a hâte de découvrir les prochaines aventures menées par Laurent Cauwet et, oui, courez chez votre libraire ! avant qu’il ne se transforme en G20, StarbuckCoffee, H&M ou Kebab – selon les quartiers.