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mercredi, février 11, 2009

Dentru è fora

Depuis quelques temps, c’est l’île qui vient à moi – tout en trônant dans son bassin. C’est très apaisant. Porteur d’euphorie. J’en suis partie il y a quinze ans, injustement – car j’étais rejeton et non agent – honteuse (scugnosa) d’y avoir beaucoup perdu. Enragée de colère. Abandonnées les cendres de ma mère, abandonnée la maison de mon enfance, abandonné le paysage qui m’émeut et que je porte en moi à chaque détour. Finalement sans pierre mais possédant ardemment chaque grain de sable de toutes les plages. Je pourrais presque les compter. Le ressac est utile et peu à peu, on apprend à sourire au passé. À se réconcilier avec des images douloureuses. À se dire que les images ne sont que des images. Qu’elles se rangent dans des albums. Et que la terre n’est pas une image.

Et puis, surtout, les gens, sur cette terre. C’est là qu’est mon cœur. Et je suis fière de tout comme une enfant de son univers. (Vous m’entendrez conter bien des histoires et mon regard brillera, même aux plus cruelles.) Outre cette mythologie chérie – léonine d’être tant bercée – je suis, objectivement, fière des insulaires que je rencontre ou revois – vivant sur leur étendue de terre entourée d’eau de tous côtés ou en diaspora –, de ceux que je ne connais pas et qui portent tant de passion. Qui croisent, échangent, métissent, traduisent, importent, exportent, révèlent, pensent, écrivent, chantent, délivrent. On ne me fera pas croire que c’est un lieu comme un autre. Car c’est le mien. Sénèque y a été exilé. Il y a des menhirs qui sourient. Et des fougères qu’on ne déracine pas.

mercredi, novembre 12, 2008

La promenade ne change pas

Je travaillais pour une boîte pas très claire, mais évidemment, maintenant, je ne sais plus pourquoi. On faisait une espèce de fête pendant le tournage d’un film auquel participait Angelina Jolie et tout le monde n’arrêtait pas de répéter que j’avais de la chance, ça m’agaçait, je ne cessais de me dire qu’ils parlaient sans savoir. J’étais d’assez mauvais poil mais j’avais des raisons. Je me suis énervée face à un comportement indélicat – on me reprochait de boire trop d’eau, il fallait en laisser pour les autres, alors que bien évidemment, j’y prenais garde – et je me suis barrée. J’étais très étonnée de réagir aussi vivement moi qui généralement encaisse beaucoup, par politesse. Passant en voiture devant le goujat, j’ai même fait un doigt d’honneur. Je me suis retrouvée à Bastia, maman est venue me chercher tout au bout de la promenade le long de la mer. Les tamaris bougeaient un peu, la mer était couleur acier, comme souvent à cette époque. Maman était toujours aussi longue et mince, pas très diserte. Je lui disais que c’était formidable que rien ne change, et je me reprochais d’être trop bête : j’aurais dû me réfugier là plus tôt, j’avais mon ordinateur et mon chat, je me retrouvais dans ma maison avec maman, l’essentiel quoi, j’étais bien, je planifiais déjà les vacances de Noël. Maman me faisait remarquer que je m’y prenais tard, je lui répondais que je reviendrai même à la nage s’il le fallait. C’était si serein d’être là, maman avait un nouveau tout petit chien en plus des deux chats, je me disais que ses amis avaient dû lui offrir parce que je n’étais pas assez souvent avec elle. Je pensais que vraiment, je m’étais noyée dans un verre d’eau puisque j’avais cette île-là à laquelle m’amarrer, puisque j’avais maman. Et puis ces murs et ce paysage, le port de Bastia, que je connais par cœur. Je m’apprêtais à appeler Célia pour passer chez ses parents. Et puis évidemment, je me suis réveillée.

vendredi, mai 23, 2008

Famille Supplice

Ouh comme le temps file. Et à 14 heures, départ pour Chaumont pour une lecture à l’Autoharp de mon prochain livre… Un œil sur le texte, un œil sur l’instrument, ça va être sportif. Mais ce lâcheur d’Olivier Quintyn alias OriO – qui devait m’accompagner, au départ – était pris par un colloque ou je ne sais quelle occupation universitaire. Donc, je vais lire et jouer en même temps (non, je ne lancerai pas une boucle depuis mon ordinateur, analogique power !) en me demandant ce qui prendra le pas : le rythme de la lecture ou celui de la musique… Je suis tellement fatiguée que je n’arrive pas encore à avoir le trac ! J’ai enfin fini la maquette et les corrections de Bastard Battle de Céline Minard. La couverture est bouclée aussi. Il ne reste que quelques détails à vérifier avec Céline. Je commence donc la maquette de Mademoiselle de Biche d’Emmanuel Tugny après l’énorme travail de saisie (la disquette ayant été perdue, il y fallu saisir à nouveau les quelques 300 pages…) et de relecture des extraordinaires stagiaires que nous avons la chance de recevoir aux Éditions Léo Scheer. Un merci tout particulier à la parfaite, en tous points, Laura Musseau et à Arnaud Bongrand qui va faire un sacré correcteur, m’est avis. J’ai trouvé la couverture du prochain livre de Tarik Noui, aussi, qui sortira en octobre, Rouge à lèvres sur le plongeoir d’une piscine municipale. J’attends que Tarik, actuellement en résidence à New York, m’envoie la dernière version du texte avant de commencer à travailler dessus – mais le livre est prévu pour octobre donc rien ne presse vraiment, encore. Au milieu de tout cela, évidemment, manuscrits, communication, réponses presse, etc. Je ne publierai pas le prochain texte de Christophe Hanna, pardon, La Rédaction, que j'avais envie de publier, Valérie, mais c'est pour la meilleure raison du monde, il reste à la maison. Cela ne m'empêchera pas, bien au contraire, de faire une publicité maximale pour cet importantissime livre à sa sortie. Et depuis le temps qu'on se connaît avec cette crapule théorique (à l'époque, je m'appelais encore Anne-Laure et je prononçais deux ou trois mots par heure...), on finira bien par faire quelque chose ensemble. Dans cette trombe, tous les matins et tous les soirs, je traverse en bus le cimetière Montmartre et je passe devant le tombeau de la « Famille Supplice », qui me saute toujours au visage. Je ne sais pas pourquoi quel que soit mon état de concentration ou de distraction, cette « Famille Supplice » s’invite toujours à l’aurore et au crépuscule. C’est peu ma « centrale nucléraire » à moi. Si je n’avais pas la flemme de trimballer mon appareil photo (absolument non compact) quotidiennement dans mon sac à main, je photographierais ce tombeau, deux fois par jour, et il serait flou, ensoleillé, gris, mouillé, derrière la brume, encore ensoleillé, toujours flou, à demi caché par une voiture, entourant une silhouette avec poussette, penché par la vitesse du véhicule… toujours, éternellement, « Famille Supplice ». Mais que ferais-je ensuite, de ces photos de famille ?

mardi, mars 18, 2008

Bon & Babu

...Enfin vu François Bon, hier, au Salon du Livre. C’est drôle, c’était un peu comme rencontrer un correspondant, vous vous souvenez, quand on avait des correspondants à l’école primaire. On connaît nos bouilles, on s’est écrit, mais on ne se connaît pas, donc, on se connaît quand même. Mais se voir pour de vrai, c’est quand même irremplaçable car François Bon fait partie des personnes qui vous offrent un regain d’énergie et de générosité d’un sourire et d’un mot – c’est de cela qu’est tissé son Tiers Livre, son publie.net, etc.
Avec Alexandre Civico, on est ensuite allé jeter un œil aux nouveaux supports de lecture numérique. J’ai retenu celui-ci, certes un peu grand – à peu près une page de livre de format 140 x 205 – mais tout léger et assez proche d’une physique livresque, avec le feuilletage au pouce, sur la gauche. Et un petit crayon intégré, un peu comme sur un palm. Tout cela est encore trop gris pour moi et trop cher, fade, bref, ne suscite pas un désir d’achat. Attendons qu’Apple s’y mette…
L’événement inattendu du jour, c’était u Babu au Salon du Livre, visite surprise. C’est une des rares personnes qui ne cessera jamais de m’étonner, je crois – cela peut même aller jusqu’à la stupéfaction. Cela me rappelle la fois où il a fait exactement la même chose, à Madrid. Il a débarqué dans l’hôtel (calle Fuencarral, un truc atrocement miteux mais central) où je me trouvais pendant un voyage scolaire, sans prévenir – il avait déjà quitté la Corse. J’avais 16 ans et la réception m’annonce que mon père monte dans ma chambre. Comme on transgressait, gentiment, le couvre-feu, il a fallu que les garçons se planquent en catastrophe, deux sous les lits, un dans la douche, on a eu chaud, Virginie riait nerveusement sans s'arrêter tandis que mon père matait discrètement (pensait-il) les jambes d'Isabelle portant mini-short et débardeur. Bref, toutes les personnes que j’ai vues ensuite au Salon l'ont donc rencontré – François, je crois que s’il était arrivé avant, tu aurais eu une explication génétique à ma démarche décidée… J'étais un peu palotte. Babu et Pascal Arnaud ont ainsi pu discuter rugby (c’était trop technique pour moi) et vrais-faux passeports… On a parlé de La Loi, aussi.

dimanche, novembre 25, 2007

Post Kamini (version sud)



Z'imaginez que j'ai passé toutes mes vacances d'été dans un village près Millau de 8 à 16 ans ? (& j'ai une affection modérée pour le fromage fondu)...

lundi, octobre 01, 2007

Manosque côté coulisses



... avant d'en parler plus en détail, mais quand ?
(quelle course !)

J'aime les chambres d'hôtel - je sais, je sais, nous sommes nombreux à partager ce goût.

mercredi, septembre 26, 2007

The (Covent) Garden

... ce n'est que la première baisse de température signifiante et me voilà déjà repartie dans mon penchant culinaire favori, d'octobre à mars... mais je me rends compte que je n'ai pas goûté toutes les varitétés !...

mardi, septembre 25, 2007

lundi, janvier 29, 2007

Tout ça pour ça





… une journée à vider des cartons interminables en triples files – certes indifférenciées – pour arriver à ça, la nuit tombée (hier soir, toujours pas de connexion domestique)…

(une vie de penser/classer, insatisfaite, interminable, trop courte, trop dense, trop vide, jusqu’au hoquet final, stop, s.t.o.p., terminus – da capo – mais alors, qui rangera ?)

lundi, janvier 22, 2007

« Maurice », enculé



… non, je suis dure, « Maurice » (du moins la borne wifi éponyme) a été très gentil en laissant son accès sans mot de passe pendant une dizaine de jours… mille mercis Maurice… je te déposerai bien un cadeau dans ta boîte aux lettres ou un cake aux olives sur ton paillasson… mais à présent il en a attribué un – d’vait en avoir marre que je squatte en permanence... Me voilà donc soumise à l’impitoyable monde kafkaïen de Noos que je soupçonne d’être une entreprise dirigée et animée par des aliens suceurs de sang dont le but est de créer la confusion mentale maximum chez leurs victimes. Afin de dominer le monde. Franchement des gens qui susurrent « bienvenue chez Noos » en boucle sur un répondeur sans qu’on puisse jamais, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, tomber sur un être humain, une adresse email valide ou un numéro de fax qui fonctionne, ça tient du complot international.
Tout ça pour dire que mine de rien ça manque vachement de ne pas pouvoir écouter la radio en streaming, mâter la météo du lendemain à 3 heures du mat’, chercher une bibliographie, une recette, consulter les flux RSS, visiter les « nouveaux amis myspace » et recevoir ses emails dans son lit. Ça fait aussi des vacances en fait…
Ceci – écrit samedi à 18h30 – sera donc posté avec un effet retard, du taf, via clef USB.
(Ou La Quatrième dimension du blog…)

lundi, janvier 15, 2007

Addenda



... & j'ai enfin retrouvé le sèche-cheveux - 6 (qui pouvait s’en douter ?)...

dimanche, janvier 14, 2007

Deux ou trois choses que je sais d'elle (plutôt cinq)

En rangs, deux par deux...

… 1- Je n'aime les huîtres que depuis deux ans au prix de gros efforts (récompensés).
2- Je m’appelle Anne-Laure (Louise Marie) – mais je l’avais déjà dit.
3- Je vis de gros problèmes d’inscriptions dans le réel sous le masque d’activités débordantes et de rangements aussi pulsionnels que vains – classique & jamais cru – ouais, ouais, ouais.
4- Lorsque j’avais 5 ans, je voulais me marier avec un garçon nommé Marc, une espèce de blondinet à mèche et peau mate qui en avait 17 à l’époque, portait des jeans neige et des Adidas blanches Stan Smith à scratch. Je travaillais mes futures qualités de femme au foyer en regardant Ma Sorcière bien-aimée. J’étais en concurrence avec une petite fille de 6 ans, nommée Catherine, d'un physique très différent, plus grande, plus ronde, plus châtain, aux lèvres charnues. J’avais donc organisé un strict partage des tâches (il en reste peu de traces tout comme de blondinets à mèche).
5- J’aime faire les choses pour les gens que j’aime (polysémique), pas pour ma pomme (résidu méditerranéen ?) – cela ne concerne évidemment pas les objets esthétiques (et c’est sans doute, aussi, une forme perverse de narcissisme)…

(+ quelques redites & compléments - parfois obsolètes - dans coming-in).

samedi, décembre 02, 2006

Ne cherchez pas mes brouillons, ils sont tous imprimés

… en amont de cette table-ronde à la BNF, je m’étais penchée sur cette question épineuse de l’intime – comme le souligne très bien Patrick Rebollar dans son intervention en parlant d’ « effets d’intime » à défaut de traquer de l’intime pur jus – dans rougelarsenrose qui, justement, déjoue sans cesse cette question par une ouverture permanente vers des matériaux extérieurs à la débauche de je et de moi…

Dans la mesure où, comme on l'a compris, ceux qui n’en auront pas été gavés sont un peu restés sur leur faim jeudi dernier, voici – après quelques hésitations – le brouillon de mes réflexions. La cause génératrice n’en est que le prétexte, finalement. Je me suis dit que ces quelques notes descriptives et désorganisées pourraient fonctionner comme une sorte de plan (évidemment lacunaire et déjà obsolète…) au sein de l’organisation temporelle du blog, un miroir de son activité.

La lassitude du moi, l’absence de partage, de lecture, de retour m’avait toujours fait abandonner mes projets de journaux au bout de quelques semaines ou quelques mois… Mais la méfiance envers la surabondance narcissique cache justement un désir égotiste de cerner et exposer ce moi – dans ses diverses facettes. Cette résolution-ci se poursuit donc depuis presque 2 ans à présent, justement grâce à la diffusion de l’outil (et la pression qu’elle engendre).

L’écriture de mes quelques brèves tentatives de journal diffère beaucoup de l’écriture de mon blog. Elle est moins écrite, plus épanchée – plus désagréable à relire, avec du recul (d’ailleurs je crois que la plupart des tentatives ont fini à la corbeille). C’est un instantané clinique ayant fonction cathartique.

En revanche, ROUGELARSENROSE se veut un objet plus complexe, développant plusieurs axes :

a- les notes de lecture : un journal littéraire
b- l’intime : forcément , inévitablement…
c- une écriture en parallèle de l’écriture (complémentaire ? pivot ?)
d- un horizon musical
e- les liens hypertextes (les voyages transversaux)
f- les possibilités multimédias

a- les notes de lecture : un journal littéraire :

ROUGELARSENROSE est, avant tout, un journal de lectures. Un lieu d’exposition de textes lus, soit par le biais de citations plus ou moins longues, soit par celui de textes de commentaire sur ces ouvrages – souvent, le commentaire succède aux citations selon le rythme même de la découverte du livre.
Je ne me dis pas, professionnellement, « critique littéraire » (ça m’est arrivé lors de quelques moments d’abois Assedics… j’avoue… ça ne les a d’ailleurs guère résolus…), même s’il m’arrive d’écrire dans certaines revues critiques. Donner à lire sur mon blog gratuitement, sans enjeu de pouvoir, des textes sur des textes me semble constituer l’acte le plus « intime » de ce blog… : une lecture, en temps réel, d’une impression de lecture. Un portrait diffracté de mes goûts et découvertes littéraires.
Mais surtout, les livres dont je parle forment une constellation signifiante dans le sens de la défense d’une littérature exigeante, se posant des questions, en posant au lecteur, déstabilisant, dérangeant, comme le « LARSEN » du titre du blog : un bruit, un souffle, une vibration, un cri dans le flot des mélodies sirupeuses. Une littérature polémique et non consensuelle. ROUGELARSENROSE se voudrait un « vaisseau » de partage d’informations et de déstabilisation formelle.
On peut donc dire que ce blog fait partie intégrante de mes autres œuvres écrites, construisant un monde, un horizon formel.

Un « art bloggeur » (comme on dit « art poétique ») développé, par exemple, dans ce post du 30 décembre 2005.

En guise de carte de la constellation, voici un relevé (évidemment déjà obsolète dès sa publication…) des textes « critiques » publiés sur le blog :

Sur Anne-Marie Albiach : sur Figuration de l’image (27/04/05), un extrait d’Anawratha (08/03/06), un autre extrait d’Anawratha (30/11/06)
Glitter Lester, sur les livres de Lester Bangs (20/05/05) et sur Lester Bangs en général (18/02/06)…
Sur Georges Hassoméris (01/06/05)
Extrait de Chroniques des quais de David Wojnarowicz (30/07/05)
Sur Volume de Orion Scohy (26/07/05)
Sur Yapou bétail humain volume 1 de Shozo Numa (20/09/05) et sur le Prix Sade attribué à ce livre (18/11/06)
Sur Charles Pennequin (05/09/05)
Sur le Journal de mes sons de Pierre Henry (16/10/05)
Sur Star Trek, la série originale – Hé ouais (16/11/05) et sur les séries télé en général (08/04/06)
Sur R. de Céline Minard (02/11/05) puis sur La Manadologie, du même auteur, ici (découverte, 01/04/06) et là (commentaire, 19/04/06), puis annonce de son livre Le dernier monde
Citations du Manifeste contra-sexuel de Beatriz Preciado (08/12/05)
Sur Éric Meunié, citation d’Auto mobile fiction (09/12/05), texte sur le même livre (22/12/05), citation de Poésie complète d’Éric Meunié,et citations croisées avec Comment faire disparaître la terre ? d’Emmanuel Pireyre (31/12/05)
Citation de L’Éternel retour de Michel Surya (10/12/05) puis commentaire (06/12/06)
Sur le travail de bande-dessinée réalisé par Jean-Jacques Rabu avec son personnage Fat Punky – scénarios Emmanuel Rabu (07/01/06)
Sur Gilles Barbier, plasticien (12/01/06).
Sur Oswaldo Gonzalez, photographe (17/01/06)
Sur Kathy Acker : extrait de La vie enfantine de la tarentule noire par la tarentule noire (19/01/06), extraits de Grandes espérances (16/07/06), sur Grandes espérances (25/08/06)
Sur un dessin de Béatrice Cussol (25/01/06)
Citation d’un texte de Daniel Foucard paru dans la revue Inculte 8 (26/01/06)
Citation de Millénaire mode d’emploi de J.G. Ballard (08/02/06) puis sur le même livre (26/03/06)
Citations de Mobiles de Vannina Maestri (10/02/06)
Citations de Christophe (le chanteur), 25/02/06
Citations d’Hélène Bessette : Ida ou le délire le 05/03/06,, Garance rose le 16/03/06, maternA le 10/06/06, Suite Suisse, le 26/11/06
Sur « Page 48 », un blog de Pierre Ménard & citation de la p. 48 de Roses & Poireau de Arno Schmidt, (12/03/06) puis sur Goethe et un de ses admirateurs de Arno Schmidt (01/05/06)
Sur L’argent, l’urgence de Louise Desbrusses (14/03/06)
Sur le site Coming-in créé par Stéphane Bérard (25/03/06)
Sur À vif de Jean-Paul Curnier (25/04/06)
Citations de Cavale de Nathalie Quintane (09/05/06) et commentaire (21/05/06)
Sur Henry Darger (26/05/06)
Sur Clément Rosset (16/06/06)
Sur et citations de Bardadrac de Gérard Genette (20/06/06)
Sur l’audioblog de Emmanuel Rabu & Sylvain Courtoux, confusion is text (17/09/06)
Sur Billy The Kid de Luc Moullet (21/09/06)
Poésie cœur de cible : lettre-vidéo à Julien Blaine (06/10/06)
Sur King Kong théorie de Virginie Despentes (11/10/06)
Sur Joël Hubaut, Re-mix épidémik Esthétique de la dispersion (29/10/06)
Extrait du Journal de Kurt Cobain (01/11/06)
Sur Matachine de Bruno Lemoine (01/11/06)
Sur l’opéra de Sylvain Courtoux : Vie et mort d’un poète de merde (03/11/06)
Sur la revue franco-allemande La Mer Gelée (04/11/06)
Ali G, vidéos, notamment avec Noam Chomsky (05/11/06)
Extraits de Attaques sur le chemin, le soir, dans la neige d’Alban Lefranc (12/11/06)
Sur C’est mon vocabulaire qui m’a fait ça (traduction Éric Suchère, préface Nathalie Quintane) de Jack Spicer (20/11/06)

b- l’intime :


La subjectivité, l’intime n’apparaissent évidemment pas seulement à travers le prisme des notes critiques. Le blog est l’occasion d’un jeu de cache-cache avec les lecteurs à travers la dissémination d’informations personnelles et factuelles, la présence des photos et autoportraits ainsi que quelques private jokes se tentant polysémiques – ne recelant pas un simple intérêt to the happy few, du moins je l’espère (exemple le titre de post « love your enemiEs » le 4 septembre 2005 – avec le « e » majuscule de sa destinataire – qui parle en fait de la musique de Daniel Johnston ou encore on se calme et on boit frais le 15 septembre 2005, commentant le terme « poétesse » – suite à cette dénomination qui m’avait été donné dans un article de Libé – ou encore « message personnel » le 22 novembre 2005, à la fois chanson de Françoise Hardy… et message personnel…)

« Même si c’est vrai c’est faux » écrit Henri Michaux dans Plume.

L’intime est subrepticement dévoilé, avant d’être caché derrière autre chose, afin que l’on se demande sans cesse ce qui est vraiment de l’ordre de l’intime et ce qui ne l’est pas… comme ici.

Ce post est un parfait exemple de la prétérition à l’œuvre dans le blog : dire sans dire, l’effacement qui révèle, le masque transparent… L’air de rien, il dénonce nombre de mes pseudos utilisés par le passé (et dont on peut donc ainsi retrouver les productions) ainsi que mon véritable état-civil – avec tous ses prénoms de baptême.

On trouve aussi, souvent des textes frontières entre note critique et “autofiction”.

ROUGELARSENROSE recompose ainsi un journal à travers :
- le rappel des origines et des généalogies ;
- l’écriture d’états d’âmes, voire de coups de gueule ;
- la localisation géographique (les voyages, les lectures en province, etc.) ;
- la retranscription d’événements personnels (soirée, concerts, week end…) ;
- les reliefs quotidiens ;
- les posts qui s’excusent de ne pas nourrir le blog plus fréquemment en en donnant les raisons (professionnelles ou estivales) ;
- le sous-titre du blog, “versatile” = changeant, instable, susceptible d’évoluer, soumis aux fluctuations de la vie.

Outre la dissemination labyrinthique de ces informations personnelles, l’intime reside dans les photos exposées, plus particulièrement à travers la pratique de l’autoportrait.

c- une écriture en parallèle de l’écriture

ROUGELARSENROSE se développe pendant l’écriture de livres.
Le blog fait donc écho des nouvelles de publication et reflète parfois l’univers des livres, donne la circonstance de trouvailles de citations, par exemple, sans pour autant dévoiler le work in progress – jamais d’extraits destinés à être publiés, en cours d’écriture.

Par la suite, j’ai préféré séparer la fonction que l’on pourrait nommer « de communication » autour de mes propres livres de l’écriture du blog en créant deux autres interfaces, toujours blogs :

Le très explicite NARCISSOSHOW :
qui fournit ma biobibliographie ainsi que les articles de presse des articles consacrés à mes livres publiés.
Un titre cash pour un contenu qui l’est tout autant : l’exposé du je littéraire, médiatisé. Rien de très neuf, néanmoins, dans le domaine des sites personnels d’auteurs. C’est la face « pratique » du système.

Et le blog FONCTION ELVIS, créé comme une espèce de carnet d’écriture (comme on dit carnet de tournage) et de publication du livre. En retraçant certains déclics d’écritures, références, en exposant des variantes, des articles, des liens vers des émissions de radio, en montant des images iconiques, etc.

d- un horizon musical :

L’univers esthétique développé dans ROUGELARSENROSE ne s’arrête pas à la littérature mais évoque aussi la bande dessinée, les séries télé, la musique…

Ainsi la citation d’une chanson du groupe Stéréo Total, en écho et clin d’œil à un post précédent du même mois : « Nous ne sommes pas tous des romantiques allemands » ; ou encore diverses annonces d’actualités, de sorties, de concerts, etc.

Néanmoins, le blog tel que je le développe dans ROUGELARSENROSE m’a semblé limité pour faire découvrir des musiques que j’aime, tout simplement à cause d’une restriction technique : la possibilité de faire entendre des musique, en général non libre de droits.
C’est pourquoi, en ce domaine, je me suis tournée vers myspace musique, explicitement consacré aux échanges musicaux, avec l’accord des artistes.

e- les liens hypertextes (les voyages transversaux) :

ROUGELARSENROSE tente de s’inscrire dans une circulation permanente et offre donc de multiples possibilités de fuite de l’interface, à travers :

- les liens indiqués en permanence à droite du blog ; il y en a peu, néanmoins, car leur accumulation me semblait peu claire, j’ai donc créé :
- un répertoire de liens, classés par thématiques, sur delicio.us, permettant de découvrir des sites dans les domaines ou dénominations indiquées.
- enfin, souvent, les articles comportent des liens hypertextes particuliers. Comme exemple superlatif le post Pendant ce temps : chaque mot de la phrase : « Balade du dimanche » comporte un lien hypertexte.

f- les possibilités multimédias :

La possibilité de montrer des vidéos est expérimentée de manière assez acrobatique (je n’avais trouvé aucune solution automatisée, à l’époque, sur Mac) le dimanche 28 août 2005.

Cette vidéo-là montre un fragment d’espace personnel, une sorte de mémento mori un peu absurde sur fond de radio – un instantanné, donc.
De plus, il n’est pas anodin que dans ce blog pour la majorité consacré à un discours sur l’écriture, la littérature, ce soit cette petite vidéo de très basse résolution qui soit considéré comme un “moment poétique”.

Par la suite, les vidéos seront postées de façon beaucoup plus simple et spontanée depuis dailymotion ou youtube.

ROUGELARSENROSE, comme son titre, constitue une tentative de rencontre d’objectif et de subjectif.
L’objectif du LARSEN, qui surgit quand on ne l’attend pas pour troubler la mélodie.
Le subjectif du choix des couleurs, ROUGE et ROSE, des couleurs incarnées, girlies, brandies.

2- Le déplacement de l’intime ? Vers…

L’écriture !

… le même doigt qui montre la lune… ROUGELARSENROSE expose des extraits de textes autonomes, écrits en parallèle des livres. Des instantanés d’écriture.


3 - Autres détournements d’outils : la revue AMBITION, le blog UNDERGROUNDZERO


- AMBITION : une revue-blog :

Tout d’abord le titre : tout comme NARCISSOSHOW, AMBITION se voulait un titre ironique, en rapport à la prolifération d’interfaces consacrées à la diffusion, tous azimuts, d’écritures sur le web. AMBITION dit ce qu’elle dit en le disant : on veut écrire, on veut être lu et on le montre.
On ne m’a dit qu’après qu’il s’agissant aussi du titre d’une émission de Bernard Tapie dans les années 80… J’étais sans doute trop jeune pour m’en souvenir et/ou cette émission était diffusée sur l’une des chaînes qui n’était pas diffusée en Corse à cette époque-là. Bref, à chacun ses références.
AMBITION montre des travaux sur tous supports, des espèces de face B pour les artistes qui y sont invités : en général, les écrivains y montrent des vidéos, les vidéastes des textes, etc. Le dispositif d’AMBITION comprend également une interface BIOBIBLIOGRAPHIE afin d’avoir accès aux autres œuvres des artistes, ainsi qu’une rubrique LIENS IDEAUX - comme on dit « bibliothèque idéale » - chaque invité donnant une liste de sites à visiter.

Il n’est pas anodin que nombre de travaux montrés se rapportent à l’intime. Ou, tout du moins, miment un jeu autofictionnel. Par exemple, dans une certains mesure, la vidéo de Céline Minard ou le texte de Raymond Federman et celui de Lucille Calmel.

La parution de la revue est aléatoire, au rythme des friches temporelles pouvant subsister deci-delà…

- UNDERGROUNDZERO :
Ce blog détourné – à nouveau – collectait des écrits prélevés dans le métro, par-dessus l’épaule des voyageurs. Une espèce de journal objectif puisqu’il retraçait très précisément (avec mention d’heures et de stations de métro) tous mes déplacements. L’expérience s’est déroulée pendant un temps donnée, la contrainte étant difficile à tenir sur plusieurs mois sans devenir complètement obsessionnelle…

jeudi, novembre 30, 2006

Spéculaire



First one, je suppose… – là où on ne l’attend pas… Ah ! Ah ! Ah !
car brève évocation de tout à l’heure – une fois n’est pas.

Remarque n°1 : faudrait vraiment que ces migraines se calment, ça devient lassant à la fin.
Remarque n°2 : c’est bien quand les gens invités (non bloggueurs, en l’occurrence) connaissent ce dont ils parlent… (antiphrase)
Remarque n°3 : c’est encore mieux de papoter avec les autres – ceux qui vivent, écrivent, photographie, blogguent, etc. ce dont ils parlent…

lundi, novembre 27, 2006

Pourquoi tant de blogs ?



Pour ceux que ça intéresse, une journée d'étude jeudi 30 novembre à la BNF (entrée libre) avec :

9h30 : Comment l'intimité est venue au journal
Par Philippe Lejeune, co-fondateur de l'Association pour l'autobiographie

10h15 : Tenir un journal intime (1830-1980)
Par Françoise Simonet-Tenant, maître de conférences à l'Université Paris XIII

11h15 : Editer des écrivains morts

Par Claire Paulhan, éditrice spécialisée dans la littérature autobiographique et l'histoire littéraire du XXe siècle, IMEC (Institut Mémoires de l'édition contemporaine) et journaliste au Monde des Livres

11h45 : Diaristes russes francophones (XVIIIe - XIXe siècles)
Par Catherine Violet, chargée de recherche à l'Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS-ENS)

12h15 : L'injonction intimiste
Par Philippe Artière, chercheur en histoire, CNRS/IIAC (Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain) - EHESS

14h30 : L'explosion du phénomène des blogs « intimes »
Du cahier à l'autopublication en ligne : métamorphoses du journal personnel
Par Oriane Deseilligny, docteur en sciences de l'information et de la communication, pôle des Métiers du livre de Saint-Cloud, Université Paris X

Effets d'intime dans l'écriture réticulaire
Par Patrick Rebollar, maître de conférences, Université Nanzan (Nagoya, Japon)

15h30 : Du cahier à l'écran : qu'est-ce que ça change ?
Table ronde animée par Antoine Perraud, journaliste
Avec Philippe De Jonckheere, auteur du site désordre ;
Sylvie Gillet, éditrice, éditions Calmann-Lévy ;
Laure Limongi, écrivain, directrice de collection, auteur du blog rougelarsenrose ; Richard Figuier, éditeur en sciences humaines et sociales et Philippe Lejeune, Association pour l'autobiographie.

mardi, février 21, 2006

a/u/t/o/biographique



née le 21 février 1976 à Bastia (Haute Corse)...