mardi, septembre 26, 2006

Et on se demande pourquoi on quitte un pays



Hier, on pouvait lire dans Libé : « Ému par le film (Indigènes), sur les écrans mercredi, Jacques Chirac s'apprête à revaloriser les pensions des anciens combattants étrangers, gelées depuis 1959. »

Comme on n’est pas un premier avril, on se doute bien que ce n’est pas une blague.
Alors il n’y a plus, la stupéfaction passée, qu’à être très en colère. « Ému par le film, Jacques Chirac s'apprête à revaloriser les pensions des anciens combattants étrangers, gelées depuis 1959. » « Ému par le film. » Joués par Jamel Debbouze et Rachid Bouchareb, les « anciens combattants coloniaux », comme on les appelle, deviennent dignes d’être aidés. Par le Président de la République Française (« ému par le film », donc). C’est quoi ça ? Le délire d’un conseiller en comm’ qui a fait un stage aux States et qui devrait y aller mollo sur la cocaïne ? Ou alors ça y est : on est passé de l’autre côté, on est vraiment dans un film ? dans une matrice ?...

3 commentaires:

Boisnard Philippe a dit…

Hello
Bien ce que tu dis, mais étrange, j'ai posté ce w-e une lettre de Fabrice Bothereau qui a le même titre ??? Est-ce un hasard ? Un hasard objectif ? Un hasard organisé ?

au plaisir d'en savoir plus.

Par ailleurs lémission d'Hélèbe Bessette étaitr vraiment remarquable.

rougelarsenrose a dit…

... à chacun d'imaginer un lien possible... en tout cas, la lettre de Fabrice Bothereau soulève un problème culturel de fond dont on a sans doute hélas pas fini d'entendre parler - le mépris d'un pays pour ses artistes, la loi du marché, l'institutionnalisation rassie des intellectuels, le débordement générique (où classer ?) ou numérique (trop de « productions ») des critiques, etc.

philippe boisnard a dit…

c'est évident, et dans ta lettre [sonnée] ou [sonore] (rayer la mention inutile) tu donnes un indice aussi de cela : ne pas craindre le retour des néo-post-lyriconiriques, car il y aura toujours infiniment plus devant tel feuilleton que devant tel poème des lyriques. Et conséquemment plus de joueurs sur wow que de spectateurs ou observateurs face à une perfe numérique. Indices, mais indices qui enveloppe aussi en lui la répétition historique de l'histoire de la poésie. Ne pas s'attendre aujourd'hui à ce qui n'a pas eu lieu hier. Donc, déplacer encore la question de critiques, aussi des éditeurs, aussi des diffuseurs : leur scène, leur intrigue, nous le savons, toi de l'intérieur, moi de l'extérieur, n'est pas celle pour un grand nombre [toi] [moi] [eux] [nous] [vous] [la main invisible] (rayer la mention inutile) de l'écriture : l'intrigue est davantage inscrite par ailleurs, dans des circonvolutions plus speedantes : le marché, les rivalités, les comparaisons, les superflations d'ego et les meurtrissures d'ego, les accélérations épisotiques, les jeux de jambes et les courbes de reins, les verres à boire sans se repêtre de celui avec lequel on les boit... L'enjeu d'aventure étant de plus en plus ailleurs, en concomitance avec l'accélération du monde, en relation avec l'accélération des communications, le temps du livre, du critique, du lecteur [un jour on m'a dit que mon texte n'était pas de cette époque, pas assez aéré, qu'on avait pas le temmps de lire cela], devient de plus en plus insupportable : ce n'est pas le livre qui ets visé, il n'est que médiation pour beaucoup à autre chose. Mais ne l'était-il pas déjà chez beaucoup ? Chez certains ? chez quelques uns ? chez la plupart ? chez chez chez [toi] [moi] [eux] [nous] [vous] [la main invisible] (rayer la mention inutile)....