Et on se demande pourquoi on quitte un pays

Hier, on pouvait lire dans Libé : « Ému par le film (Indigènes), sur les écrans mercredi, Jacques Chirac s'apprête à revaloriser les pensions des anciens combattants étrangers, gelées depuis 1959. »
Comme on n’est pas un premier avril, on se doute bien que ce n’est pas une blague.
Alors il n’y a plus, la stupéfaction passée, qu’à être très en colère. « Ému par le film, Jacques Chirac s'apprête à revaloriser les pensions des anciens combattants étrangers, gelées depuis 1959. » « Ému par le film. » Joués par Jamel Debbouze et Rachid Bouchareb, les « anciens combattants coloniaux », comme on les appelle, deviennent dignes d’être aidés. Par le Président de la République Française (« ému par le film », donc). C’est quoi ça ? Le délire d’un conseiller en comm’ qui a fait un stage aux States et qui devrait y aller mollo sur la cocaïne ? Ou alors ça y est : on est passé de l’autre côté, on est vraiment dans un film ? dans une matrice ?...