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lundi, septembre 28, 2009

Profondeur de chant

Difficile de faire le point, en ce moment. Et cela fait quelques jours que je danse d’un pied sur l’autre : ceci n’est pas un blog – pas vraiment –, serrons donc les pesanteurs nichées bien au creux pulsatile de la machine qui s’emballe et qui pèse ; mais tout de même, comment ne pas laisser transparaître ce magma-là et simplement faire le gué, sourire aux lèvres, diffuser les infos, préparer du marbre, publier les enthousiasmes… Disons que c’est fait, voilà, ça transparaît, ça a transparu pour mémoire et surtout pour les amis chers auxquels je pense bien plus intensément que ces quelques lignes ne sauraient le révéler. Et poursuivons le quotidien et ses vestiges en restant nous-même c’est-à-dire je, pudique, sans pourquoi ni cœur de cible.

Vendredi 2 octobre, nous serons à Marseille pour causer d’Écrivains en séries avec Bastien Gallet, Joseph Mouton et Léo Scheer, dans le cadre de la Semaine de la pop philosophie. Rendez-vous vendredi à 19 heures au Pôle Média Belle de Mai, 37 rue Guibal dans le troisième arrondissement. Vous pouvez consulter le programme de la manifestation ici. J’espère que c’est encore la saison des violets.

Du 6 au 11 octobre, tous à Nantes pour le festival Midi Minuit Poésie – je garde un excellent souvenir de celui de l’année passée – qui accueille notamment un duo Bastien Gallet/Rodolphe Burger vendredi 9 octobre à 21 h, quartier Decré, ainsi qu’Emmanuel Tugny samedi 10 octobre au Pannonica – je ne sais pas encore à quelle heure mais tous les détails apparaîtront bientôt ici. La Maison de la Poésie précise déjà que certaines soirées sont sur inscription. Évidemment, puisque vous serez à Nantes, profitez-en pour faire des emplettes à l’incontournable librairie Vent d’Ouest, en plus, ya un excellent fromager à deux pas, je me souviens avoir lu le dernier Tanguy Viel en dégustant de la mozzarella fumée, c’était franchement pas dégueulasse.

Et puis j’imagine que vous l’avez remarqué, Les Mardis littéraires de Pascale Casanova sont devenus L’Atelier littéraire, toujours de Pascale Casanova, bien sûr, toujours sur France Culture mais le dimanche à 17 heures. D’ailleurs, le 20 septembre, vous y avez sans doute entendu parler de Raymond Federman. Dimanche 4 octobre, Frédéric Junqua y causera de Kart.

mercredi, mars 11, 2009

Libération.fr des écrivains


... par la Laureli team, c'est par ici !
(+ Claire Guezengar, à lire dans la version papier demain.)


Réunion de rédaction, photo Bruno Charroy.


Daniel Foucard et Marie Piquemal (du service web).

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Bastien Gallet




La manif du 11 mars «de la maternelle à l’enseignement supérieur et à la recherche, pour la défense du service public».



Daniel Foucard, Arno Bertina et Bastien Gallet devant le match Lyon/Barcelone.

4 photos précédentes : Laure Limongi

lundi, novembre 10, 2008

Noëlle Renaude lit Mademoiselle de Biche

… et fait part de sa lecture dans une lettre adressée à Emmanuel Tugny. Coïncidence, elle y évoque également le terrible silence critique que j’évoquais hier.

J’ai trouvé cette lettre si juste et belle que j’ai souhaité la faire partager. Noëlle a gentiment accepté que je la reproduise ici (et là aussi), je l’en remercie vivement :


« J’ai lu avec joie Mademoiselle de Biche, à la fois ravie par “l’invraisemblable récit” et épatée par le savant de la chose, son désordre et son empilement des références, sa jubilante construction à vue. J’y ai vu des traces, encore, de cette théâtralité ancienne, visiblement abandonnée mais qui nourrit, c’est clair, le débridé corseté des paroles.
J’ai été heureuse d’entrer dans votre écriture, car il faut y entrer, et après y vivre, se laisser faire par elle, s’y cabrer et s’y fourrer.
(…)
Je pense que la critique se trouve avec Mademoiselle de Biche devant une énigme du genre “genre” : à quel genre ce type d’ouvrage peut-il bien appartenir ? Il n’est pas correct. La fiction s’invente par à-coups. La langue échappe au sens et l’inverse. Il y a des ogres et plein de métaphysique. Ça commente en même temps que ça fabule. Il faut y entrer et se laisser faire, je le redis parce que c’est vrai, et que ça peut constituer un obstacle pour le critique pressé, rêveur, paresseux, ennuyé Qu’il faut aussi se débarrasser de tout ce qu’on croit y voir, y déceler, y retrouver, il faut s’empêcher de se dire ah tiens Musset, ah tiens on dirait Delteil, ah mais non et puis zut (je ne vous l’ai pas dit mais la fin est magique, le sol qui colle au talon et tout le fout le camp jusqu’à la page blanche…) J’ai aussi beaucoup d’amis écrivains qui publient ici ou là chez des grands, des petits éditeurs et qui souffrent eux aussi du même manque de regard. C’est une maladie d’époque. J’ai appris à faire avec. Et à ne plus lire les critiques. Mais les livres. Seulement les livres. »

mercredi, septembre 24, 2008

Trop peu, trop peu de temps

Ou trop de choses comprimées dans les laps, peut-être. Bref, vous l’aurez remarqué, je ne suis guère loquace, non par goût du silence, mais par obligation – les vases communicants one more time. Ça se passe bien et mieux encore pour Bastard Battle de Céline Minard. Du coup, ben je travaille beaucoup, et sur son livre, et sur Mademoiselle de Biche d’Emmanuel Tugny (dont vous pouvez entendre quelques extraits lus par Yann Linaar ici) et Rouge à lèvres sur le plongeoir d’une piscine municipale de Tarik Noui que je viens de recevoir de l’imprimerie aujourd’hui et qui est fort joli. Le temps ne suspendant pas son vol, je travaille en ce moment aussi (côté éditorial cette fois, et pas encore comm’ mais ça ne saurait tarder) sur Treize mille jours moins un de Didier da Silva, le prochain joyau – un vrai, un pur, un dur. Et sur le collectif Écrivains en séries : un guide des séries télé 1948 -2008 par une soixantaine d’écrivains, artistes, musiciens… sans parler de la magnifique couverture made in Danny Steve. On se doutait bien qu’on avait été ambitieux avec Emmanuel Rabu, initiateur et directeur du projet, mais là, on va quand même y passer un peu de temps – corrections, coordination, maquette, notes, index… Nous sommes plus qu’enthousiastes du résultat qu’on commence à entrapercevoir. Sortie après la digestion de la bûche crème au beurre et avant mon anniversaire dramatique puisque c’est le fameux âge du Christ – je m’excuse auprès de mon frère de n’avoir pas compati à cet événement lorsqu’il l’a subi, ah la jeunesse insouciante. Bref, I’ll be back soon !

lundi, juin 09, 2008

« Qui copie le hibou et où ? »

« Tenez, René, choisissez, lisez.
Lisez un des ces gentils poèmes que vous avez lus, l’autre soir, à l’occasion du forum annuel que nous organisons depuis le Ministère pour signifier le retour en force, aujourd’hui que nous cherchons du sens – C’est si vrai, opina Douce –, aujourd’hui que nous cherchons un sens contemporain à la modernité, pour signifier le retour en force de la poésie, ou plus exactement du poétique, partout, du poétique partout, du poétique sous le sabot d’un cheval, du lyrisme de toute chose dont parlent si bien nos Allemands : un coucher de soleil, ma femme au bord des lèvres, une petite fleur, tout.
René est le client idéal de ce genre de manifestation : d’abord, il est un grand poète – si, René, ne soyez pas médiocrement poète –, vous êtes et resterez un grand modeste, vous avez d’ores et déjà marqué le temps de votre empreinte un peu céleste, permettez-moi de le dire après Fatime Sharopi, vous êtes une voix dans le siècle. D’abord, donc, vous êtes un grand poète, et puis vous êtes un poète dans l’ordre public, vous avez le souci d’âtre platoniquement utile à la cité et, en son sein, comme l’ajoutait Fatime Sharopi l’autre soir, à la poésie toute entière, qui, j’y insiste, vous doit d’être aujourd’hui placée sous les feux de la rampe, dans l’ombre des projecteurs, sous les sunlights, comme dirait ma chère Biche, qui est d’une génération à qui cela ne fait pas peur d’employer un lexique un peu mécanique – tu me pardonnes mon chéri ?
Et puis, vous êtes le bon cheval parce que vous savez lire.
Vous lisez si joliment, lisez.

J’ouvre au hasard, voilà – je ne lis pas le poème dans son intégralité, il est très long, j’indique qu’il s’agit d’un épithalame composé à l’occasion du mariage de ma petite sœur Pia. Voilà – « le monstre, il nous fait languir ! », « pas plus longtemps, en tout cas, Madame » –, voilà :

Pour Pia

À l’envers
À l’endroit
À l’envers
À l’endroit

À l’envers à l’endroit

À l’envers
À l’endroit
À l’envers
À l’endroit

À l’envers à l’endroit

Je n’ai guère
À l’envers
J’ai que toi
À l’endroit

À l’envers à l’endroit

Je te perds
À l’envers
Et pourquoi
À l’endroit
À l’envers à l’endroit

Pourquoi faire
À l’envers
Qui veut quoi ?
À l’endroit

À l’envers à l’endroit

Oui, bon ! interrompit Agrippa que ça crispait quand même un peu.
Oui, bon, mais il doit y avoir un moyen d’écrire pour tout le monde, de ne pas systématiquement exclure par la parole qu’on prend partout comme on veut. Je ne dis pas que ce ne soit pas beau, j’ai pas les moyens, pardon, de juger, mais je trouve que ça manque terriblement de cœur, tout ça, je trouve que ça ne concerne pas, voilà, que ça ne concerne pas. Ce n’est pas écrit pour les gens, c’est fait pour les tenir à distance. S’il y a une beauté, au monde, c’est pour que chacun en profite. Regardez, par exemple, Dato Fraucino, il a dit des choses d’une grande, d’une irréfragable importance, et il a dit tout ça tout bonnement, tout simplement (et vous n’êtes pas Dato Fraucino). Ce qui me gêne là-dedans, René, voyez-vous, c’est que ça contribue à ce que la poésie se ferme sur elle-même, alors qu’elle appartient à tout le monde, vous, moi, tous, notre amie, dans le fond, avec sa fleur et ses grosses miches, tous, je vous dis.
Agrippa est en colère.
Agrippa – laissez, Léonce, non, j’insiste, cela ne peut pas rester sans réponse –, Agrippa, vous venez d’entendre quelque chose qui ne peut pas se mettre, comme vous le suggérez un peu rapidement, à la portée d’un public qu’il veut ignorer dans sa conception même. Notre ami invente un monde. Je puis comprendre que cela ne vous agrée pas. Je puis comprendre que l’habitude de fréquentation de celui où nous vivons qui est la vôtre vous conduise à contester l’existence d’autres possibles. Mais sachez que l’objet, que l’objectif, que le machin, en bref, que ce que la poésie se propose, c’est de tendre le doigt, lentement, et en dépit de préventions dont vous êtes l’incarnation un peu grotesque, pardon mais un peu grotesque tout de même, de tendre le doigt vers un ailleurs, vers un bel horizon par lequel le public est happé.
La poésie ne se subordonne pas à l’ordre du commun, sa dignité est dans la définition de nouveaux ordres, ne vous déplaise, merde alors.
N’empêche que je me sens exclu par ces choses-là, et que je n’ai pas envie de faire le chemin dont vous parlez pour trouver ça au bout.
Si vous me permettez de défendre ma cause moi-même, Léonce, je voudrais dire que, loin de vous exclure, cher Agrippa, j’ai voulu par ce poème rendre quelque chose de ce que nous partageons, d’une sorte de bien commun qui nous réunit, tous les deux. Vous avez aussi, certainement, une sœur, un frère, des proches. Vous faites incontestablement la différence entre votre envers et votre endroit. Le reste est question de poésie, de rime, de truc et de tout, mais le point est là : nous nous ressemblons et ce poème est une ode à la ressemblance de tout qui est notre lot, comme est notre lot la poésie, qui vient napper tout ça d’un coup pour que ce soit joli comme tout ce qui nous entoure et se rassemble pour faire un lot.
Vous voyez bien, Agrippa, qu’on ne vous en veut pas.
Vous voyez qu’il est prêt à vous concéder qu’en dépit de la grande vulgarité dont exsude toute votre personne, manières, conceptions, tout, vous êtes un diable d’homme quand il s’agit d’éristique. Vous êtes une force qui va.

Kind of a man

Une espèce d’homme.
Vous voyez bien que, dès qu’il s’agit de poésie, les débats s’enveniment : chacun a son idée de la poésie.
L’on sent bien qu’elle reste un ferment fort de vie en groupe.
Vous voyez bien, Agrippa, que ce n’est pas contre vous.
Vous voyez bien.
J’ai peut-être été un peu loin, mais l’intention y était.
Tout juste me reprocherais-je la forme, qui tendait à laisser penser qu’il y aurait peut-être, sur la question qui nous occupe, moyen de m’amadouer. Ce serait mal me connaître.
Agrippa se leva d’un bond et saisit René à la gorge.
Navré, René, dit Léonce, vous étiez la victime, ce soir. Une autre fois, vous aurez plus de chance. À présent, que voulez-vous, il faut passer. »

Extrait de Mademoiselle de Biche de Emmanuel Tugny, Laureli/Léo Scheer, à paraître en septembre 2008.

vendredi, mai 23, 2008

Famille Supplice

Ouh comme le temps file. Et à 14 heures, départ pour Chaumont pour une lecture à l’Autoharp de mon prochain livre… Un œil sur le texte, un œil sur l’instrument, ça va être sportif. Mais ce lâcheur d’Olivier Quintyn alias OriO – qui devait m’accompagner, au départ – était pris par un colloque ou je ne sais quelle occupation universitaire. Donc, je vais lire et jouer en même temps (non, je ne lancerai pas une boucle depuis mon ordinateur, analogique power !) en me demandant ce qui prendra le pas : le rythme de la lecture ou celui de la musique… Je suis tellement fatiguée que je n’arrive pas encore à avoir le trac ! J’ai enfin fini la maquette et les corrections de Bastard Battle de Céline Minard. La couverture est bouclée aussi. Il ne reste que quelques détails à vérifier avec Céline. Je commence donc la maquette de Mademoiselle de Biche d’Emmanuel Tugny après l’énorme travail de saisie (la disquette ayant été perdue, il y fallu saisir à nouveau les quelques 300 pages…) et de relecture des extraordinaires stagiaires que nous avons la chance de recevoir aux Éditions Léo Scheer. Un merci tout particulier à la parfaite, en tous points, Laura Musseau et à Arnaud Bongrand qui va faire un sacré correcteur, m’est avis. J’ai trouvé la couverture du prochain livre de Tarik Noui, aussi, qui sortira en octobre, Rouge à lèvres sur le plongeoir d’une piscine municipale. J’attends que Tarik, actuellement en résidence à New York, m’envoie la dernière version du texte avant de commencer à travailler dessus – mais le livre est prévu pour octobre donc rien ne presse vraiment, encore. Au milieu de tout cela, évidemment, manuscrits, communication, réponses presse, etc. Je ne publierai pas le prochain texte de Christophe Hanna, pardon, La Rédaction, que j'avais envie de publier, Valérie, mais c'est pour la meilleure raison du monde, il reste à la maison. Cela ne m'empêchera pas, bien au contraire, de faire une publicité maximale pour cet importantissime livre à sa sortie. Et depuis le temps qu'on se connaît avec cette crapule théorique (à l'époque, je m'appelais encore Anne-Laure et je prononçais deux ou trois mots par heure...), on finira bien par faire quelque chose ensemble. Dans cette trombe, tous les matins et tous les soirs, je traverse en bus le cimetière Montmartre et je passe devant le tombeau de la « Famille Supplice », qui me saute toujours au visage. Je ne sais pas pourquoi quel que soit mon état de concentration ou de distraction, cette « Famille Supplice » s’invite toujours à l’aurore et au crépuscule. C’est peu ma « centrale nucléraire » à moi. Si je n’avais pas la flemme de trimballer mon appareil photo (absolument non compact) quotidiennement dans mon sac à main, je photographierais ce tombeau, deux fois par jour, et il serait flou, ensoleillé, gris, mouillé, derrière la brume, encore ensoleillé, toujours flou, à demi caché par une voiture, entourant une silhouette avec poussette, penché par la vitesse du véhicule… toujours, éternellement, « Famille Supplice ». Mais que ferais-je ensuite, de ces photos de famille ?

mardi, mars 11, 2008

À quelques jours du Salon du Livre



Le Prix littéraire par Jean Poiret & Michel Serrault.
Merci, m'sieur Tugny, pour le lien !

mardi, février 19, 2008

RALBUM #1

... mais c'était pour la bonne cause ! L'enregistrement du RALBUM ROUGE au studio Cocoon, près de Rennes, un projet créé par Emmanuel Tugny & Olivier Mellano en réaction à la donne sociale et politique contemporaine. Un album énervé, qui voit rouge, l'écrit, le compose et le chante, frontalement. Le hasard - mais il n'en existe jamais vraiment - a voulu que ce projet soit diffusé (il sortira le 5 mai) au moment de l'anniversaire de mai 68 que le gouvernement a tendance à vouloir évacuer comme l'un de ces détails de l'Histoire.

Nous espérons que ce Ralbum 2008, s'il ne lancera pas de pavés physiquement graniteux, constituera une série de tracts à penser et à écouter. C'est ainsi qu'il a été conçu.

Il réunit :
- les musiciens (outre Olivier Mellano - composition, voix, guitare, claviers, programmation - & Emmanuel Tugny - composition, voix, guitare) :

Nicolas Courret à la batterie. Il joue notamment dans les groupes Bed, FL et Headphone.

Thomas Poli enregistre, joue du clavier et s’occupe de la programmation numérique. Il joue notamment avec Montgomery et Mobiil.

David Euverte aux claviers. Il joue notamment avec Dominique A, X mas X.

Benoît Burello : voix, guitare, basse ; créateur, chanteur et instrumentiste du groupe Bed.

Ainsi que les amis qui sont passés au studio, notamment les Montgomery.

- les écrivains :

Arm : auteur et chanteur du groupe psykick-lyrikah.

Stéphane Bérard est artiste et écrivain. A notamment publié Le problème martien (Al Dante, 2002), L’Enfer, de Dante Alighieri nouvelle traduction, chants I à X, (Al Dante, 2006). Musicien, il a sorti trois disques dont Progressistes, avec Nathalie Quintane.

François Bon, auteur d’une trentaine de livres, dernier paru : Bob Dylan, une biographie (Albin Michel, 2007). Il est également éditeur de la collection Déplacements, au Seuil, et l’un des pionniers de la littérature sur Internet cf. Le Tiers Livre.

Éric Chevillard, auteur d’une vingtaine de livres parus pour l’essentiel aux Editions de Minuit, parmi lesquels Mourir m’enrhume, Palafox, La Nébuleuse du crabe, Du hérisson, Oreille rouge, Démolir Nisard et Sans l’orang-outan. Nisard est aussi quotidiennement démoli sur son blog, L’Autofictif.

Claire Guézengar a publié Ouestern (Laureli/Léo Scheer, 2007). Elle travaille régulièrement comme critique d’art et commissaire d’expositions. Elle est chroniqueuse à l’émission Minuit/10 (France culture).

Laure Limongi : bon ben ça c'est ouam, on va pas faire les présentations.

Yann Linaar est auteur, compositeur et interprète. Parmi ses disques publiés : Nus dans l’herbe (Ailleurs Diffusion, 1998), Les filles naissent dans les choux... (Les doigts dans la prise, 2000), L’Ami Corto (Rapport d’Étape Son, 2002). Il fait partie du groupe Molypop.

Jérôme Mauche, dernier livre paru : La Loi des rendements décroissants (Déplacements/Le Seuil, 2007). Il est également commisaire d’exposition et organise fréquemment des cycles de lectures.

Éric Meunié a publié une dizaine de livres, derniers parus : Automobile fiction (POL, 2006), Poésie Complète (Exils, 2006).

Nathalie Quintane a publié une quinzaine de livres. Derniers parus : Cavale (POL, 2006), Grand ensemble (concernant une ancienne colonie) (POL, 2008).

Nathalie Talec est artiste plasticienne, performeuse, auteur de chansons. Exposition monographique, Solo intégral, au Mac Val, Vitry sur Seine, Printemps 2008, accompagnée d’un catalogue.

David Wahl a publié Le Chant du Narcisse (Archimbaud).

>>>>> Quant aux suscitateurs à la fois écrivains et musiciens du RALBUM, je rappelle :

Olivier Mellano, guitariste, auteur compositeur et interprète, travaille avec Dominique A, Miossec, Yann Tiersen, Bed, Laetitia Shériff, Sloy, Polar, Psykick Lyrikah. Il écrit et compose au sein de son groupe, Mobiil, ainsi que pour la danse et le théâtre. Il a sorti, chez Naïve Classique, son premier album de pièces instrumentales : La Chair des Anges. En avril sort son premier livre chez MF Éditions : La Funghimiracolette.

Emmanuel Tugny est écrivain et musicien. Il vit et travaille au Brésil.Tour à tour professeur (agrégé et Docteur en littérature), diplomate, inspecteur des enseignements artistiques, il a publié plusieurs livres. Dernier paru : Corbière le crevant (Laureli/Léo Scheer, 2007). Il a traduit PanAmérica de José Agrippino de Paula (Laureli/Léo Scheer, 2008). Il est également parolier de chansons et librettiste pour divers artistes (Dani, John Greaves, Michal,etc.) et auteur-compositeur-interprète. Il fonde avec quelques amis le groupe Molypop en 2006 dont le premier album sort en avril chez Trackmusic : sous la barque (quand on creuse).

Voici quelques photos de studio, pas représentatives de l'ensemble des participants. D'autres photos et vidéos et extraits de chanson sur la page myspace du RALBUM.



Olivier Mellano & Thomas Poli


Benoît Burello, Olivier Mellano & Thomas Poli


Olivier Mellano & Thomas Poli


Benoît Burello


Benoît Burello & Emmanuel Tugny


Laure Limongi, Olivier Mellano, Benoît Burello, Emmanuel Tugny & Thomas Poli (de dos)


Nicolas Courret


Olivier Mellano, Emmanuel Tugny & Thomas Poli

samedi, février 02, 2008

les bonnes nouvelles de la fin de semaine

... Libé Civil & LibéLabo (tout aussi Civil), une dépêche AFP sur PanAmérica & un article de Fluctuat.net sur Civil, toujours, Madman Bovary de monsieur Claro sur mon bureau... et en plus la chaudière fonctionne à nouveau et j'ai acheté du surimi...

mardi, janvier 29, 2008

Laureli's manner

Enregistrement du générique Laureli's Manner, créé par Emmanuel Tugny pour les prochaines vidéos Laureli.

Alfredo Aquino : Voix
Emmanuel Tugny : guitare, basse, chœurs
Laure Limongi : chœurs
Otavio Moura : programmations rythmiques

Enregistré au studio Musitek, à Porto Alegre, le 25 janvier 2008

Réalisation, montage : Laure Limongi



(Le micro de la caméra sature un peu, les amplis sont trops puissants pour lui !)




Estudio Musitek

vendredi, janvier 25, 2008

Rio Grande do Sul

Reportage sur PanAmérica de José Agrippino de Paula, livre que j'ai évoqué à plusieurs reprises et qui vient de paraître.
Rencontre d'écrivains, d' artistes, de critiques littéraires, de cinéma... évoquant de près (l'œuvre elle-même qu'ils connaissent et analysent devant nous) ou de loin (la période des années 1967-1968, en pleine dictature militaire brésilienne, les prémices du Tropicalisme...)

Voici une sélection des vidéos de nos entretiens mises en ligne. Pour les autres, consulter la page Laurelit dailymotion (la totalité des vidéos devrait y être présente dans une semaine).

Les vidéos sont archivées sur Léo Scheer. TV.


Juremir Machado da Silva est né en 1962 à Santana do Livramento. Il est écrivain, journaliste et historien brésilien, docteur en sociologie diplomé de l'université de Paris V (René Descartes).
Après avoir été chroniqueur indépendant et correspondant du journal Zero hora à Paris de 1993 à 1995, il est aujourd'hui professeur de journalisme et coordinateur du programme de post-diplomes de communication. Il écrit régulièrement pour le Correio do Povo de Porto Alegre.
Il a publié une vingtaine de livres.
Il me parle, en cette après-midi venteuse, de PanAmérica de José Agrippino de Paula ainsi que de la situation actuelle du roman brésilien.



Luis-Augusto Fisher, professeur de littérature brésilienne à l'université, écrivain (auteur de chroniques, d'essais et de contes), critique littéraire vivant à Porto Alegre, nous parle de PanAmérica de José Agrippino de Paula.

Présentation de Luis-Augusto Fisher (en portugais) ; son blog sur le site Saraueletrico (en portugais).



Sergius Gonzaga est professeur de littérature à l'université fédérale du Rio Grande do Sul et secrétaire municipal à la culture de la mairie de Porto Alegre.



Luis-Fernando Verissimo est l'un des plus grands auteurs brésiliens contemporains, né en 1936 à Porto Alegre. Ecrivain, journaliste, musicien de jazz, ses oeuvres recèlent une ironie empreinte d’humour qui tout à la fois critique le réel et le reconstruit.

Voir son site & le dossier bibliographique que la librairie Compagnie lui a consacré.

samedi, décembre 15, 2007

Météos, horoscopes

... j'envie le paysage qu'Emmanuelle voit de la fenêtre de son bureau, même si frileuse comme je le suis, ce genre de températures serait sans doute difficile à supporter. Plus que la foule parisienne ? La prégnance de la violence sociale ? Dans la neige d'Emmanuelle, paradoxalement, c'est ma mer que je vois. Mon paysage, hors déambulations muséales, hors ghettos de gothas, me manque souvent. Même si bien sûr, je ne peux qu'y accoster, en repartir, tout m'y brûle, à long terme. Violence pour violence, tout consume.



À côté des techniques pour ne pas prendre 4 kilos pendant les fêtes côtoyant sans complexe des recettes de fois gras au chocolat à 6000 calories et autant de « tenues de réveillon » (quel concept atroce) plus bling-bling les unes que les autres, déjà les horoscopes 2008 dans les féminins que je feuillette, hum, pour raisons professionnelles – si, si ! La preuve, la couverture de Corbière le crevant d'Emmanuel Tugny, page 92 de Marie-Claire dans l'article sur « la Hype » – si, si (2) ! En résumé, amis Poissons (j'en connais beaucoup, et même du 21 février), ça va tanguer mais sans chavirer, apparemment – m'enfin de toute façon on sait nager.

' a y est, les deux livres laureli de janvier sont à l'imprimerie. CIVIL de Daniel Foucard sort le 4 janvier, PanAmérica de José Agrippino de Paula le 18. Deux monuments dont je suis outrageusement fière.

lundi, décembre 10, 2007

« Ceci n’est pas une pipe » - sur PanAmérica de José Agrippino de Paula



Œuvre phare de la littérature brésilienne publiée pour la première fois en 1967, somme psychédélique tissée d’images qui font penser à Roy Lichenstein ou Andy Warhol, PanAmérica est un geste total qui doit autant au pop-art qu’à la Beat Generation. Une épopée ironique hors de tout réalisme entraînant le lecteur dans un merveilleux à la fois emprunt de science-fiction et de culture brésilienne, dans un syncrétisme post « anthropophage »1 qui inspirera le mouvement du « tropicalisme »2 . Écrit pendant la dictature et en réaction à l’idéologie nord-américaine dominante, c’est un récit qui met en question les rouages de la société, usant des mêmes ressorts qu’un Swift dans Les Voyages de Gulliver : des ruptures d’échelles permanentes entre hommes et géants, des combats sans rimes ni raisons, une surenchère d’imagination permanente. Plus encore, le gigantisme fluctuant des figures mythologiques désarticulées doit aux métamorphoses de Pantagruel de Rabelais, l’humour « gigantal » présent dans ces deux œuvres en étant un nouveau trait commun.

Comme l’indique son titre, PanAmérica est un mélange alchimique des Amérique, du Nord et du Sud. Rien ni personne n’y est épargné, pas même la logique du récit. Dans ce labyrinthe narratif, l’auteur remythologise avec une fantaisie débridée – à la fois triviale et onirique dans ses enchaînements délirants – les figures hollywoodiennes – Marilyn Monroe en étant la figure récurrente, le moteur – pour créer un monde merveilleux, absurde et chaotique. Une féerie obscène et effrénée qui prend sa source dans la critique de la réalité.

Le fantastique singulier de PanAmérica est marqué par les multiples dimensions du travail de José Agrippino de Paula (1937-2007). Celui-ci a en effet été à la fois auteur de romans, de nouvelles, de poèmes, de pièces de théâtre, scénariste de spectacles de musique et de danse mais aussi réalisateur de films – notamment Hitler 3º Mundo (1968), considéré par la critique comme un chef-d’œuvre du cinéma underground brésilien. Ses textes, composés comme on monte les rushes d’un film, doivent beaucoup à sa volonté de faire s’entrecroiser les arts. Par ailleurs, chacun de ses livres publié au Brésil est illustré par un artiste plasticien : Antonio Dias, Renata Bueno et Tadeu Burgos, José Roberto Aguilar, Antonio Peticov. Caetano Veloso a également préfacé une édition de PanAmérica et mis en musique un extrait de ses textes, avec Gilberto Gil. Depuis le milieu des années 70, José Agrippino de Paula s’était retiré dans la petite ville d’Embu das Artes, dans la périphérie de São Paulo, refuge de nombreux artistes et artisans. Écrivant toujours, et beaucoup, il y vivait isolé, sans aucun moyen de communication, acceptant néanmoins de recevoir ses amis, ses admirateurs, ainsi que les étudiants et journalistes qui étudiaient son œuvre. Peut-être les utopies exubérantes que son imagination avait créées lui semblaient-elles moins insensées que le spectacle du monde.

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1-Les concepts « anthropophages » furent édictées en 1932 par Oswald de Andrade et Tarsila do Amaral, deux poètes inspirés par les dadaïstes et les surréalistes faisant feu de tout bois, tradition comme modernisme.
2-Le « tropicalisme » est un mouvement culturel brésilien qui apparaît à la fin des années 60. Il s’illustre principalement à travers la musique à travers les figures de Caetano Veloso et Gilberto Gil mais aussi dans les arts visuels, le cinéma, le théâtre ou la littérature. Il cherche à établir un mélange d’avant-garde et de culture de masse, dans un contexte politique qui est celui d’une dictature militaire violente et répressive.

PanAmérica : à paraître le 18 janvier 2008 (traduction Emmanuel Tugny) chez Laureli/Léo Scheer.
Au brésil, José Agrippino de Paula est édité par Editora Papagaio.

vendredi, novembre 30, 2007

PanAmérica, incipit

Je survolais dans mon hélicoptère les camions qui répandaient du sable à l’orée de l’immense mer de gélatine verte. Comme je survolais la plage que l’on était en train de construire, l’hélicoptère passa au-dessus du camion-citerne. Là, un Noir testait un lance-flammes. Je donnai un ordre au pilote de l’hélico en désignant le camion et bientôt l’appareil manœuvra au-dessus du camion et vint se poser quelques mètres devant lui. Je sautai de l’hélico et criai à l’énorme Noir qui vérifiait le fonctionnement du lance-flammes : « Hé, toi ! ». Je lui demandai ce que donnait le lance-flammes pour les colonnes de feu. Il me demanda de m’éloigner de quelques mètres, alluma le lance-flammes, le dirigeant vers le ciel. Un jet de feu gicla du lance-flammes vers le haut ; l’énorme Noir faisait des signes à l’homme qui contrôlait l’essence près du camion-citerne. Je criai au Noir que c’était parfait, que c’était très exactement ce que je souhaitais. Le Noir s’en fut contrôler la sortie d’essence et l’énorme nuage de feu qui se dressait au-dessus diminua jusqu’à s’éteindre. Je demandai au Noir s’il savait où il allait se mettre à couvert, avec son lance-flammes. Le Noir répondit que l’ingénieur avait déjà construit une petite élévation dans la mer de gélatine verte, que la cachette avait déjà été construite avec beaucoup de soin. « Et Burt ? » Demandai-je. Comme le Noir répondait qu’il n’en savait rien, je vis surgir du fond d’un bâtiment un camion portant Burt Lancaster, deux énormes ailes blanches sur ses épaules. Le camion s’arrêta là et je demandai : « Ça va, Burt ? » « Très mal » répondit Burt du haut du camion, dans ses sous-vêtements blancs et avec ses ailes d’ange par-dessus. Je questionnai Burt qui demeurait immobile sur la carrosserie du camion. Burt ne pouvait pas bouger du fait de l’excès du poids des énormes ailes blanches et se bornait à se tenir debout sur le capot du camion. Il se mit à se plaindre de ce que les fils de nylon qui le retenaient à l’hélico soient trop lâches et le poids des ailes excessif. Il allait geignant, disant qu’il était dangereux de demeurer pendu en haut de la colonne de feu produite par le lance-flammes. Je montrai le Noir à Burt et lui indiquai qu’il était technicien en lance-flammes et qu’il ne courait par conséquent aucun danger de brûlure. Burt me dit que je pouvais travailler en surimpression sur les négatifs du film et que de la sorte tous les problèmes se trouveraient résolus. Je me fâchai contre Burt et lui assénai que tout ce que j’étais en train de faire allait dans le sens du réalisme du film et que le public ne croyait pas aux surimpressions toujours imparfaites et floues. Ma colère s’accrut quand il commença à mentionner les fils de nylon transparents qui devaient le retenir à l’hélico. Enragé, je me mis à hurler contre Burt, disant que j’avais bien l’intention d’utiliser sa doublure pour la scène de la fuite des juifs mais que c’était lui, Burt, qui avait insisté pour jouer lui-même l’ange du Seigneur. Burt continua à argumenter du haut du camion en disant qu’il n’avait jamais utilisé de doublure dans aucune production, pas même pour des scènes dangereuses. Je sautai sur la carrosserie aux côtés de Burt criant au chauffeur, en frappant le capot « Studio F ». Le chauffeur se mit immédiatement en route et le camion prit la direction du studio F. Il décrivit une courbe et se ficha en face du grand bâtiment du studio F. Je sautai du camion et trois techniciens aidèrent Burt à sauter également. En face de l’immense cour du studio F se tenait la foule des figurants assis les uns contre les autres et bavardant. Les trois assistants de direction accoururent et me dirent qu’ils donnaient aux figurants par haut-parleur des indications sur le tournage. Au cœur de la foule, je remarquai Cary Grant, habillé d’une longue tunique, avec son immense barbe de patriarche et sa chevelure blanche. Cary Grant tenait en main un bâton de pasteur et portait une tunique grise grossière qui lui descendait jusqu’aux pieds. Je m’approchai de Cary Grant et lui dit qu’il importait qu’il se pénètre du rôle et je lui demandai si les assistants lui avaient transmis les instructions. Ils répondirent que tout lui avait été scrupuleusement transmis. Cary Grant avait retiré sa longue barbe pour entendre mieux. Je lui demandai d’interpréter la scène de l’ouverture de la mer. Cary Grant leva son bâton de pasteur mais je l’interrompis, lui indiquant qu’il convenait qu’il replace sa barbe. Cary Grant remit sa barbe et fit un impétueux mouvement, levant le bâton vers le ciel. Je lui dis que le geste devait être plus énergique, plus dramatique, plus conforme à celui du patriarche juif. Cary Grant répéta le geste, je lui dis que ça allait et lui demandai s’il avait déjà appris son dialogue avec Dieu. Les assistants répondirent que Yul Brynner et Cary Grant avaient déjà répété le dialogue entre Dieu et Moïse. Je saluai Cary Grant et fis signe au camion, je sautai dessus et dis « Studio H ! » Burt me fit signe, montrant les fils de nylon qui le retenaient à l’hélico, le camion passa devant lui et je lui criai « Je reviens ! » Le camion prit la direction du studio H, bourdonnant entre les deux rues où les figurants étaient dispersés, habillés en soldats juifs et égyptiens. Le camion passa près du char de John Wayne, qui trottinait par les rues. John Wayne portait une cuirasse et une robe de pharaon. Le camion dépassa le char, tourna au coin de la rue et fit halte devant le studio H. Je sautai du camion et entrai dans le studio, salué par les deux concierges. J’entrai dans le studio au très haut toit, éclairé par des projecteurs allumés : dans le fond, une immense toile azur figurant le ciel, les projecteurs allumés, deux grues, trois caméras. Yul Brynner se tenait sur une estrade ceinte d’un nuage blanc. Je lui fis signe, lui indiquant de rester en position. Je demandai à mon assistant d’augmenter un peu la taille du nuage blanc en lâchant un peu plus de gaz : à cause des projecteurs, l’un des angles de l’estrade restait en effet visible. Cette prise devait être réalisée par mon assistant et je donnai mes instructions sur le tournage de la scène où Yul Brynner se tenait sur le nuage. Je hurlai à l’assistant que tout était pour le mieux, qu’il pouvait filmer la scène de Dieu sur le nuage et je quittai le studio, annonçant que j’allais commencer à tourner les scènes de foule. J’entrai dans la cour où mon producteur discutait avec mon assistant. Je donnai une tape amicale dans le dos de mon producteur et me mis à rire. Mon producteur avait quelque appréhension sur le coût de ma superproduction La Bible et je m’efforçai de le convaincre, désignant les décors qui représentaient le palais de Nabuchodonosor. J’expliquai au producteur les prises en plongée sur les jardins du palais, effectuées depuis cinq hélicoptères équipés de caméras à zoom. Comme mon producteur continuait à me dissuader d’utiliser cinq hélicos pour les prises, j’entendis un « Hello ! » dans mon dos et deux mains de femme couvrirent mes yeux. Je me retournai en riant, faisant tourner Marilyn dans mes bras. Je libérai Marilyn et la présentai cordialement à mon producteur, lui précisant que Marilyn allait jouer deux rôles dans la superproduction : celui de Bethsabeh et celui de Sarah. Cela eut le don d’irriter le producteur. Il me renvoya à ma méconnaissance des Saintes Écritures : comment pouvais-je utiliser une jeune fille pour jouer le rôle de Sarah, la femme d’Abraham ? Marilyn se mit sur la pointe des pieds et me donna un baiser sur le front. J’essuyai le rouge à lèvres et demandai à mon producteur de s’occuper du cachet de la foule de figurants qui se massait aux portes du studio. Je dis que je commencerai à tourner à deux heures de l’après-midi la scène où Nabuchodonosor devient fou et se met à manger de l’herbe. Le producteur s’éloigna la tête basse et je lui demandai, l’appelant de loin : « Et John Wayne ? » Le producteur tourna la tête et fit un geste de la main qui entendait signifier qu’il ne savait pas s’il était déjà arrivé.

(...)

PanAmérica, une épopée de José Agrippino de Paula (traduit du brésilien par Emmanuel Tugny).
En librairie le 18 janvier.

mardi, novembre 13, 2007

Tout autour de PanAmérica

... Je prépare la publication de PanAmérica, mi-janvier 2008. Un roman de José Agrippino de Paula traduit du brésilien par Emmanuel Tugny qui me parle, à l'occasion d'une expo à Porto Alegre, d'un artiste que je ne connaissais pas, Nelson Leirner (Galeria Brito Cimino) et dont l'esthétique est en effet très proche de l'univers fou et luxuriant de José Agrippino de Paula que j'ai hâte de vous faire découvrir.
Voici quelques clichés de ces œuvres (peintures-collages ou installations).


Sem título, da série Assim É... Se lhe Parece, 2003, c – print, 120 x 218 cm


A Lot(e), 2006, 248 x 900 x 400 cm (27 módulos), técnica mista, detalhe da instalação


A Lot(e), 2006, 248 x 900 x 400 cm (27 módulos), técnica mista, detalhe da instalação

lundi, octobre 22, 2007

D’un V qui veut dire Verneuil mais aussi Vendôme


portradium & Véronique Levy lisant Daniel Foucard, Galerie Léo Scheer
Photo © Corinne, de Litote en tête


J’ai déjà évoqué brièvement la soirée anniversaire de la collection Laureli à la Galerie Léo Scheer sur le blog des Éditions, Corinne en a parlé aussi et a pris quelques photos. C’était un grand moment de rencontre entre les auteurs et avec leur public venu nombreux malgré les grèves. Une soirée qui manifeste à quel point la création littéraire est sans frontière – loin de l’image de l’auteur qui toussote son livre en mains –, les arts peuvent dialoguer entre eux. La ligne serait celle-là : investir les formes, toutes les formes, faire entrer poésie, musique, théâtre, biographie… dans le roman pour le bruisser de l’intérieur. Tout cela non pas – non plus ? – dans une de provocation à –ismes ou de déconstruction ; une logique déceptive pour le lecteur/récepteur. Mais dans un mouvement qui l’implique avec pour notion clef : la tension, le plaisir – lui aussi polymorphe – du texte.


Olivier Mellano, Laure Limongi & Emmanuel Tugny à Vendôme
Photo © Jean-Claude Bourdais


Samedi, nous lisions avec Emmanuel Tugny & Olivier Mellano, à la guitare, à Vendôme, dans le cadre du Festival Rockomotives que je recommande vivement. Jean-Claude Bourdais – qui avait bravé kilomètres et froid naissant pour venir nous voir – & François Bon en parlent.
Un grand moment de bonheur. J’y ai découvert de formidables musiciens que je ne connaissais pas et entendu en concert certains que je ne connaissais que par leurs disques. Et rencontré un public hip hop, rock... qu’intéressait le rapport aux textes (de livres) lus sur scène, entremêlés, improvisés, liés à la musique d’Olivier.

Parmi le foisonnement talentueux de ce long concert, je citerai une découverte, (shame on me de ne l’avoir entendue avant) Laetitia Shériff, dont je suis immédiatement et inconditionnellement fan. Je vous recommande son premier disque. Le prochain sort dans peu de temps et sera une absolue merveille. Je n’aime pas les comparaisons, mais on pourrait dire que quelques inflexions de sa voix font penser à P.J. Harvey ou Karen Dalton.
J’ai entendu Psykick Lyrikah (= Arm & Olivier Mellano), également, grands textes, présence, émotion.

mercredi, octobre 03, 2007

Parce que le 18 octobre, notez

... à partir de 18h30, c'est la soirée LAURELI, Galerie Léo Scheer, avec :

Claire Guezengar, Ouestern

Béatrice Cussol, Sinon

Tarik Noui, Serviles Servants

Bastien Gallet, Une longue forme complètement rouge

Jérôme Gontier, Continuez

Emmanuel Tugny, Corbière le crevant

Daniel Foucard, Cold

& leurs invités :

Olivier Mellano, qui accompagnera à la guitare Emmanuel Tugny

Véronique Levy qui lira des extraits du prochain livre de Daniel Foucard
& Port Radium qui accompagnera la lecture de Véronique Levy

Présentation : Laure Limongi


Galerie Léo Scheer 14 rue de Verneuil 75007 Paris


.... allez, vous ne pouvez pas rater ça ! (On boira du bon vin.) Il y a tellement d'autres possibilités en dehors des transports en commun...

vendredi, septembre 21, 2007

Action Bessette & co

Un inédit d'Hélène Bessette dans le dernier numéro de la revue Action Poétique.




Dans toutes les bonnes libraires ou bien abonnement : Action Poétique 36 rue Raspail 94200 Ivry-sur-Seine, renseignements : actionpoetique@orange.fr

vendredi, juillet 20, 2007

Zadkine & après



Sur une invitation de Jérôme Mauche, lecture, hier, au Musée Zadkine de Grandes Espérances de Kathy Acker, Mademoiselle de Biche d'Emmanuel Tugny (bientôt chez Laureli) & d'un extrait de Valérie, un livre à paraître de La Rédaction - qui était d'ailleurs là avec ses agents et machines pour capter des traces des réactions du public.

Quel bonheur de lire ces livres !
Je me pose toujours autant de questions concernant la lecture de mes propres textes en public mais je commence à trouver un plaisir gracile, très nu à lire simplement sans me sentir obligée de convoquer systématiquement toute une armada technologique…


Olivier Quintyn, Daniel Foucard, Véronique Levy (et derrière l'appareil Emmanuel Rabu)... spectateurs en goguette ou agents-doubles de La Rédaction ?...

Toujours à Zadkine, lectures le jeudi 2 août (allez, c'est bien Paris, en août !) :
À 13 heures Jacques Roubaud lira ses textes & ceux de Jean Daive.
À 19 heures Emmanuel Rabu lira, notamment, des extraits de +/- (à paraître).