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lundi, août 31, 2009

Rouge-déclic

Pour Rougelarsenrose, il est tout naturel de parler du tout premier numéro de la revue Rouge-déclic, et la parenté ne semble pas être seulement onomastique…

Annonçant 7 numéros – jusqu’en 2013, donc – Rouge-déclic a bien compris que la contrainte était porteuse de liberté et entend explorer ses enthousiasmes sans affadir l’aventure.

Citant notamment dans son manifeste numérique : Golden Gate de Vikram Seth, Nathalie Quintane, Didier da Silva, Jean Échenoz, Olivier Cadiot, Céline Minard, Mathias Énard et des « points de suspension non indispensables » mais que l’on se prend à imaginer… le numéro 0 qui sortira en octobre 2009 donnera à lire entre autres à lire des textes de : Lise Beninca, Éric Chevillard, Frédéric Ciriez, Ludovic Degroote, Alban Lefranc, Nina Yargekov. À noter aussi une très intéressante rubrique « des variations littéraires (le futur est derrière nous) » accueillant, dans ce numéro, Hélène Bessette et Joseph Delteil.

Je n’ai pas encore la revue entre les mains mais à peine reçu sa présentation et sa couverture, je n’ai pas pu résister à l’envie de vous inciter à la guetter dans votre librairie favorite ou à vous y abonner – ce qui n’est guère dispendieux – car cela s’annonce assez culte…

mardi, février 17, 2009

Fora è dentru

… Je faisais un clin d’œil au nom de cette revue dans un précédent billet : la revue Fora ! la Corse vers le monde, 2 numéros par an.

Une bien belle initiative, lisez plutôt :

« La revue Fora ! est une revue transculturelle.

À chaque numéro, elle met en face de la culture corse une autre culture du monde, avec laquelle elle partage des traits communs : qu’il s’agisse de l’insularité, de la latinité, de l’appartenance à la Méditerranée ou du pastoralisme, c’est le même universalisme anthropologique qui est en jeu.

Sans abdiquer leur affection, beaucoup de Corses vivent ailleurs que sur l’île, tandis que sur place une nouvelle corsitude s’élabore autour de nouveaux citoyens dotés d’une culture différente. La complexité de cette identité et la certitude que la découverte de l’autre enrichit toujours sont les piliers de notre réflexion. »

Voilà la belle ambition de Fora ! qui se décline déjà autour de trois pays : « la Corse au miroir du Japon », « Corse et Maghreb, côte à côte », « Corse et Mexique : à latins, latins et demi », « Corses et Juifs : peuples et diasporas ? » L’été prochain est prévu un numéro : Corse/États-Unis.

Je précise que, outre le plaisir de lire de bons textes de toutes disciplines (philosophie, sociologie, histoire, ethnographie, littérature, art…), le projet Fora ! me semble d’utilité publique, aussi bien pour insulaires que diasporiques, étrangers et continentaux…

Son nom a tout de suite fait tilt en moi. Je trouvais très intelligent et osé de reprendre ce que ma génération, du temps de son enfance et de son adolescence, avait vu tagué sur les murs, souvent avec effroi : « I Francesi Fora ! », par exemple. Ce qu’on trouvait d’autant plus ridicule… ben, qu’on était, de fait, français... et puis que souvent on était des « demi-corses », ou corse mais pas « corse », ou qu’on avait un super pote qui s’appelait Mohamed Bensalah mais qui parlait mieux corse que nous…

Et puis, je tombe sur cet édito de la revue, qui résume tout et trace bien le chemin parcouru et la voie qui se dessine :

« Encré sur les murets, ce cri muet a souvent invité à chasser. C’est dehors, fora !, qu’il fallait les jeter, la drogue, l’Arabe, les Français – c’était selon, l’afflux, les cargaisons…
Tout cela aliénait, nous mettait hors de nous, fâchait, il fallait donc s’en dépêtrer, pour mieux se retrouver. L’entre-soi l’exigeait, même bêtement, dans le feu, la larme, le sang. Mais trois fois ohi- mé (hélas), c’était bien s’égarer... Dans cet exclusivisme, la Corse a trop donné.

Au nom du même espoir sincère, nous sommes sûrs au contraire que c’est ailleurs que la culture corse doit regarder, pour mieux voir qui elle est, comparer, admirer, échanger, partager, au besoin même un peu copier ou disons s’inspirer !

C’est donc nous-mêmes qu’aujourd’hui nous voulons envoyer promener. Dehors, ouste, le Corse, du balai ! Va voir ailleurs si tu y es ! Allons toucher, sentir, voir, goûter… et piger… car gare, qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas de tourisme dont il s agira là. L’enjeu n’est pas de seulement balader, mais de cerner au mieux notre propre identité.

D’aucuns objecteront qu’il y a beau temps que les Corses arpentent le monde, et apprennent à le rencontrer ; mais jusqu’alors ils y étaient souvent forcés, contraints par la nécessité - exode rural : on embarquait, Marseille, Toulon, Paris, évidemment les colonies, pour travailler, longtemps, presque une vie. Aujourd’hui, c’est heureux, la barbara fortuna a cessé d’attrister, et le départ n’est plus l’exil. On peut travailler en Corse, qu’on y soit né ou plus tard arrivé - et un premier rapport à l’autre déjà s’établit dans cette communauté. L’ailleurs ainsi peut mieux s’élire, au gré d’affinités.

Notre terre a des doubles qu’on ne doit plus négliger. Nos âmes elles-mêmes souvent sont troubles et métissées. Il y a chez les autres quelque chose de chez nous, le même sens de la vie que l’île a engendré, le même berger, le même pain.
Il y a aussi en notre sein une part d’autre, qu’aucun mépris ne doit blesser ; les corsitudes hybrides sont de toute beauté. Apprenons donc à faire valser leur grande complexité : Corse-Français, Corse-Sarde, Corse-Algérien ou Japonais, dis-nous mieux qui tu es !

La revue Fora ! désire servir cette Corse polyphonique qui sache partout s’identifier et mieux répandre son écho. C’est là, nous le croyons, l’enjeu de notre génération.
Le Riacquistu nous a permis hier de constituer un patrimoine et d’éveiller notre conscience identitaire ; aujourd’hui certes ce combat ne cesse pas, pour apaisé qu’il soit mais une nouvelle tâche incombe désormais : rendre dynamique cette culture et l’inscrire dans le jeu d’une mondialisation choisie, culturelle plus que touristique.
Au nom de libertà, nos aînés exigeaient le droit de lutter pour notre culture, nous, héritiers de cet élan, nous nous proposons d’explorer les possibles de notre identité, ici, ailleurs, fora ! »

mercredi, janvier 21, 2009

Le retour des tropes



Myopies, la très bonne revue en ligne de Guillaume Fayard.

mercredi, octobre 08, 2008

« Souscrivez à DADA, le seul emprunt qui ne rapporte rien »

Grâce à Berlol, je découvre la mise en ligne de la revue LITTÉRATURE (nom censé être souligné mais je ne trouve pas l'outil html approprié...) par Sophie Behar. Une mine. Quelques jours avant le Salon des Revues – auquel, hélas, je n’assisterai pas, lisant en fête ailleurs, « Les débuts de LITTÉRATURE » par Philippe Soupault. LITTÉRATURE 1, mars 1919 :

« Après la disparition de la revue de Pierre Reverdy, Nord-Sud, André Breton et moi, Philippe Soupault, nous décidâmes, après de longues discussions, de publier une revue, plus éclectique que Nord-Sud. André Breton et moi-même subissions encore les influences de quelques-uns de nos aînés. Nous étions bien naïfs. “ Aux innocents les mains pleines. ” Quand nous hésitions encore, nous fîmes connaissance d'une jeune homme qui désirait devenir un écrivain et qui semblait avoir quelques moyens, Henry Cliquennois. Il nous proposa d'éditer une revue dont il serait le directeur et nous les rédacteurs en chef. C'était le mariage de la carpe et du lapin. C'était aussi mal connaître André Breton. Pourtant les rencontres avec Cliquennois continuaient. Il s'agissait d'abord de trouver un titre pour cette revue. Nous avons beaucoup cherché. Nous avons pensé d'abord à La Revue du monde nouveau. Naïveté ! Il venait de paraître une revue intitulée La Revue du nouveau monde. Nous avons renoncé à ce titre ambitieux. Nous avons alors consulté Pierre Reverdy qui nous proposa le titre : Carte Blanche... C'était dans le style de Reverdy mais nous parut trop singulier. (Ce titre fut repris et copié (une fois de plus) par Cocteau qui s'en empara pour ses chroniques du journal Paris-Midi.) André Breton eut alors l'idée de demander conseil à Paul Valéry. Celui-ci nous reçut et parut assez content de nous proposer ironiquement et en souriant de choisir le mot : Littérature, “ souligné ! ” nous dit-il, dans le sens où Verlaine dans un art poétique avait précisé : “ Et tout le reste est littérature ”. “ Tout un programme ” nous fit remarquer Paul Valéry. C'est sans enthousiasme que nous choisîmes ce titre en nous souvenant que c'était l'auteur de la Soirée avec M. Teste qui nous l'avait proposé. Un titre c'était une promesse. Mais après l'avoir adopté, Henry Cliquennois se montra de plus en plus réticent.
Cependant, nous avions établi une liste des écrivains qui pouvaient être sollicités. Liste hétéroclite. C'était une liste qui aurait pu être celle de La Nouvelle Revue française qui n'avait pas encore annoncé sa résurrection. Henry Cliquennois était de plus en plus inquiet des responsabilités qu'il avait pu croire assumer. Il craignait l'autoritarisme de Breton. Il nous proposa un prospectus annonçant la parution de la revue Littérature dont la direction et la rédaction étaient situées 1, rue Clovis à son domicile. Mais après une discussion fort animée Henry Cliquennois préféra se retirer. Il en avertit André Breton en lui renvoyant les prospectus qui, je crois, furent corrigés d'un commun accord. Je pense que les corrections furent écrites par Cliquennois qui n'était pas fâché de se débarrasser de cette lourde responsabilité. “ Je vous comprends ” lui dit André Breton sans méchanceté. C'est ce dernier qui habitait à l'Hôtel des Grands Hommes, 9, place du Panthéon qui accepta de recevoir les abonnements.
Mais il fallait faire paraître la revue. Breton dont les parents avaient appris qu'il avait renoncé à ses études de médecine et qui lui avaient “ coupé les vivres ” ne pouvait en financer la publication. Nous étions “ engagés ”. Je venais d'avoir vingt et un ans - et je venais de disposer, après ma majorité, d'un mince héritage. Je proposais à mon ami qui voulait, malgré les difficultés matérielles, publier notre revue, de nous informer des dépenses qu'en représentait l'impression. Nous avions déjà obtenu la collaboration des écrivains qu'à cette époque nous admirions et qui ne pouvaient pas encore publier (c'était en 1919) leurs poèmes. Drôle d'époque. Époque incertaine et équivoque. Breton et moi avions remarqué rue de Rennes une imprimerie (c'était dans le quartier que nous connaissions le mieux), l'imprimerie de la Cour d'Appel (drôle de nom). Nous demandâmes un devis. Et le directeur, méfiant (comme on le comprend) nous demanda une avance. Ce que je lui accordais. Ce n'était pas encore l'inflation. Nous établîmes une maquette du premier numéro. Mais nous savions mal calculer. L'imprimeur nous signala que nous nous étions trompés. Une page de trop. Il fallait supprimer un poème. Ce fut mon poème qui fut “ sacrifié ”. Ce qui explique que mon nom ne figure pas au sommaire du premier numéro de Littérature.
Quand nous avions décidé, André Breton et moi de publier cette revue, André Breton proposa que Louis Aragon qui était à cette époque son meilleur ami, qui était encore mobilisé et résidait en Allemagne, soit un des trois directeurs (on nous appelait ironiquement les trois mousquetaires). J'acceptais avec joie et Louis Aragon aussi. La revue parut à la date prévue. Elle eut plus de succès que nous l'avions espéré. Mais il fallait la déposer chez les libraires. Ce que nous fîmes. »

Philippe SOUPAULT

vendredi, septembre 21, 2007

Action Bessette & co

Un inédit d'Hélène Bessette dans le dernier numéro de la revue Action Poétique.




Dans toutes les bonnes libraires ou bien abonnement : Action Poétique 36 rue Raspail 94200 Ivry-sur-Seine, renseignements : actionpoetique@orange.fr

mardi, février 20, 2007

Gadgtrad



Réjouissant dernier numéro de la revue IF « traduction », rédac’ chef Hubert Colas, avec génial logo made in Stéphane Bérard dans le genre ready-crade qu’on adore – mais j’ai pas trouvé le joujou sous blister, msieur… – avec, notamment (mais le sommaire est à éplucher consciencieusement) un texte d’Orion Scohy – on avait déjà parlé de son Volume par ici.

En voici un extrait – qui ne traduit nullement le dispositif mis en œuvre – zavez qu’à consulter la revue, comme ça vous lirez aussi Manuel Joseph (traduit par Emmelene Landon), Thomas Braichet & Sophie Nivet, Stéphane Bérard, etc.

« “ Djizeus (alias Réçousse en déçà des Pyrénées) avait dit qu’il pardonnerait à tous, y compris aux renégats qui l’avaient vendu à l’ennemi ou qui lui avaient jeté des cailloux pointus et des chewing-gums usagés au moment qu’il était sur la croix. Parce qu’à ceux-là, qu’il avait annoncé, le Saint-esprit saurait bien quoi leur faire savoir, dans sa langue qui les englobait toutes (les langues). Et alors ils comprendraient. “ Ah bon, c’est comme ça ? ” que je me suis dit. Eh ben, pour la peine, j’ai repris du cassoulet trois fois et puis je me suis enfoncé deux doigts dans la chatte, bien profond. Pourquoi que j’aurais pas le droit, d’abord ? Non mais. ”

Évangile selon Cindy de Carcasonne, 8, 11-19.

(…)


“ K. fut accusé de plagiat. On lui fit un procès. “ C’est une trahison, clama-t-il pour sa défense, mais personne ne semblait l’entendre. On me traduit en justice quand on devrait me traduire en trente-huit langues !”

Franz Kafka, Lettre aux pairs


“ Alors Djizeus s’adressa à la tablée : “ Ok les gars ! Qui reveut du rouge ? C’est ma tournée ! Et après, bande de traîtres, on ira faire un tour à Babel ! ”

Évangile selon Elvis, 24, 1-3


“ Le traître cherche à traduire sa propre langue, dans sa propre langue.
“ Trahison : Action de celui qui trahit. ” “ Traîtrise : Action de trahir. ” (Dixit Le Petit Larousse). Les synonymes parfaits n’existent pas. ”

Anonyme (Gilles Deleuze ? Vladimir Nabokov ?) »

…

On rêve aussi des « sponsoring » de Thomas Mailander dont le visage est détouré/collé derrière des chèques à très nombreux zéros… Si seulement je pouvais envoyer des portraits comme ça à mon banquier…

samedi, novembre 04, 2006

gelée / eingefrorene

Rien à avoir – ou presque – avec le manque de chauffage pendant 24 heures (et la conscience subite de mes infimes chances de survie en milieu polaire – synonyme d’hostile, pour moi). Gelée, c’est la mer (on l'évoquait déjà il y a quelques mois), revue bilingue français/allemand « création & critique » dont le numéro trois est sorti au printemps dernier dans un magnifique format A4 jaune de Naples – et dont on trouve des extraits sur le site de la revue.



Textes français et allemand en miroir, dessins d’Arnika Müll (ci-dessus), dossier consacré à l’enfermement… on y découvre de nouvelles écritures, des amorces d’espaces narratifs, des enclaves de pensée…

jeudi, juillet 13, 2006

Entre 28 et 32°



Rougelarsenrose a beau être en vacances – enfin tenter – ça n’empêche pas les balades climatisées, voici donc pour vous :

Un répertoire séventies (dont les couleurs rappellent avec une douce nostalgie les grenouillères de la même époque), zizou&co again dans une fiction de la coupe de monde plus que visionnaire par la revue Inculte, un blog de libraires, une revue rafraîchissante, l’alamblog avec que des trouvailles à l’intérieur, les émotions de reryrery – et les aventures de ses animaux de compagnie…

Deux girls dansantes en image, spéciale dedicace à Barbara Vidal.

jeudi, avril 06, 2006

Juste une info comme ça...

... Les Lettres Françaises - dont on ne saurait trop conseiller la lecture - sortent à présent le premier samedi de chaque mois, toujours avec le numéro de l'Huma correspondant...

jeudi, février 16, 2006

Les Cahiers Noirs



#2 L’Enfant de l’Amour

avec

Adèle de Baissac
Vincent Noiray & Jana Burkhardt
Éric Lombard
Jérôme Laperruque
Antoine Marquis

une élégantissime revue de Guillaume Navaud

se trouve à French Touche (1 rue Jacquemont, XVIIe) & Un regard moderne (10 rue Gît le Cœur, VIe) où l’on peut également voir une expo des dessins d’Antoine Marquis...

jeudi, février 09, 2006

Débuts d'AMBITION



Mise en ligne d'AMBITION, une revue de création textes, images, son...


Avec un espace BIOBIBLIOGRAPHIE (informations, rebonds de blogs en sites persos...)


& un annuaire de LIENS donnés par chaque artiste pour poursuivre la circulation...


Le tout à parution aléatoire.