... & célébrons !
Suite du 10 septembre...
Bastard Battle de Céline Minard mention spéciale du jury du PRIX WEPLER-FONDATION LA POSTE !
Re-YEAHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ou plutôt YEEPEE !!! comme dirait Céline.
Suite du 10 septembre...
Bastard Battle de Céline Minard mention spéciale du jury du PRIX WEPLER-FONDATION LA POSTE !
Re-YEAHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ou plutôt YEEPEE !!! comme dirait Céline.
par
Laure Limongi
:
8:00 PM
1 Are you talking to me?
Libellés : bastard battle, céline minard, laureli, prix wepler fondation la poste
Ou trop de choses comprimées dans les laps, peut-être. Bref, vous l’aurez remarqué, je ne suis guère loquace, non par goût du silence, mais par obligation – les vases communicants one more time. Ça se passe bien et mieux encore pour Bastard Battle de Céline Minard. Du coup, ben je travaille beaucoup, et sur son livre, et sur Mademoiselle de Biche d’Emmanuel Tugny (dont vous pouvez entendre quelques extraits lus par Yann Linaar ici) et Rouge à lèvres sur le plongeoir d’une piscine municipale de Tarik Noui que je viens de recevoir de l’imprimerie aujourd’hui et qui est fort joli. Le temps ne suspendant pas son vol, je travaille en ce moment aussi (côté éditorial cette fois, et pas encore comm’ mais ça ne saurait tarder) sur Treize mille jours moins un de Didier da Silva, le prochain joyau – un vrai, un pur, un dur. Et sur le collectif Écrivains en séries : un guide des séries télé 1948 -2008 par une soixantaine d’écrivains, artistes, musiciens… sans parler de la magnifique couverture made in Danny Steve. On se doutait bien qu’on avait été ambitieux avec Emmanuel Rabu, initiateur et directeur du projet, mais là, on va quand même y passer un peu de temps – corrections, coordination, maquette, notes, index… Nous sommes plus qu’enthousiastes du résultat qu’on commence à entrapercevoir. Sortie après la digestion de la bûche crème au beurre et avant mon anniversaire dramatique puisque c’est le fameux âge du Christ – je m’excuse auprès de mon frère de n’avoir pas compati à cet événement lorsqu’il l’a subi, ah la jeunesse insouciante. Bref, I’ll be back soon !
par
Laure Limongi
:
6:03 PM
0
Are you talking to me?
Libellés : céline minard, danny steve, didier da silva, emmanuel rabu, Emmanuel Tugny, laureli, rentrée littéraire, tarik noui, vases communicants
par
Laure Limongi
:
1:00 PM
0
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Libellés : céline minard, prix, wepler
Ou comment naquit Bastard Battle de Céline Minard…
Il était une fois un festival d’art graphique à Chaumont, en Haute-Marne qui invita Fanette Mellier en résidence. Celle-ci, étant à la fois graphiste et typographe, décida d’inviter des écrivains à écrire des textes ayant un rapport, de près ou de loin, avec la ville de Chaumont. Éric Chevillard, Céline Minard, Bibi, Manuel Joseph et Louis Watt-Owen. D’où Bastard Battle : « Haute-Marne, 1437, Denysot-le-clerc raconte l’histoire sanglante qu’il a vécue. La ville de Chaumont est prise d’assaut par le Bastard de Bourbon. Pendant le massacre, un adversaire singulier fait face à ses troupes, semant la terreur. Ce personnage aux techniques de combat inconnues s’avère être une femme originaire d’Asie. À l’issue d’un affrontement de chevaliers, une poignée de combattants venus de tous les horizons reprend courageusement la ville au Bastard et en protège les portes. Car il s’agit à présent de préparer la population à la vengeance du tyran et de l’empêcher d’envahir à nouveau la ville. L’étrange coalition de résistants enseigne ainsi l’arbalète, la lance, mais aussi l’espionnage et le kung-fu… Les habitants de Chaumont sont prêts pour la bataille qui décidera de leur vie… »
Il existera donc deux éditions de ce merveilleux livre sanglant, l’édition luxe et graphique de Fanette Mellier dont vous pouvez voir quelques pages ci-dessous, et l’édition chez Laureli, dont la couverture ci-dessus (image spencer VIII) est tout aussi bastard et battle.
par
Laure Limongi
:
5:16 PM
0
Are you talking to me?
Libellés : bastard battle, céline minard, chaumont, fanette mellier
Dans le cadre de sa résidence à Chaumont, haut lieu du graphisme, Fanette Mellier a invité plusieurs écrivains : Céline Minard, Éric Chevillard, Louis Watt-Owen, Manuel Joseph et moi, à écrire des « livres bizarres ». Il ne s’agit pas de créer une collection dans laquelle se fondraient des textes mais d’imaginer une forme, des caractères, des textures pour chaque texte. La mise en page, la typographie ne sont plus des supports mais font partie intégrante de la création, de l’écriture.
Le premier – sublime ! – livre venant de paraître est celui d’Éric Chevillard : Dans la zone d’activité.



Édition : Pôle Graphisme, Les Silos/Éditions Dissonances
tel 01 43 25 89 05 alain.planchon@wanadoo.fr
À chaque publication, des manifestations (vernissage, lecture, concert…) seront organisées à Chaumont.
De plus amples informations sur le site de Fanette Mellier – auquel j’ai emprunté les illustrations présentes.
N’hésitez pas, également, à me contacter pour en savoir plus – où trouver les livres, quand paraîtront les prochains, la recette de la tarte Langres/pommes de terre, etc.
Vous pouvez, ici, télécharger en PDF les notes d’intention du projet.
>> Ajout du 5 décembre 2007 : je parle du livre d'Éric Chevillard et du projet de Fanette sur Libr-critique, invitée par Philippe Boisnard & Hortense Gauthier :
par
Laure Limongi
:
9:38 PM
0
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Libellés : céline minard, chaumont, éric chevillard, fanette mellier, graphisme, Louis Watt-Owen, manuel joseph
... C’était bien ! Un festival très fréquenté, une organisation parfaite, beaucoup de rencontres et tout autant de lectures en perspective.
Débarquant avec ma guitare sur le dos, je n’ai pas été reconnue, de prime abord, par l’organisation – il semble y avoir une inadéquation écrivain-directeur de collection/guitariste – mais non, je n’ai pas donné dans la performance sauvage, je n’ai pas gagné entre la Place Marcel Pagnol et la Place de l’Hôtel de Ville de quoi rapporter quelques Banons et pots de miel de lavande, c’était juste pour traîner des médiators dans mes poches (frimeuse) et jouer samedi matin à Digne-les-bains par une température de 10° (le deuxième effet mistral) avec Nathalie Quintane & Stéphane Bérard. Un live pour leurs chats.
Vendredi après-midi, belles lectures d’Hélène Bessette par Florence Giorgetti & Michèle Lesbre (qui vient de publier Le Canapé rouge, que j'ai déjà évoqué), avec un public passionné. C’est toujours émouvant. De voir qu’Hélène Bessette trouve enfin son public. Et je ne répéterai jamais quelle chance c’est de participer à cette redécouverte – ce n’est pas Julien Doussinault, travaillant ardemment à sa biographie prochaine, qui me contredira. Céline Minard a lu des extraits du Dernier monde dont j’ai déjà parlé ici et Raymond Federman, des extraits de plusieurs de ses textes. Voilà pour les personnes connues, que j’appréciais déjà, avant de les revoir sur scène. J’ai également découvert avec intérêt une lecture(-performance ?) de son dernier livre par Olivia Rosenthal et Robert Cantarella, je vais donc me ruer sur On n’est pas là pour disparaître que je n’ai pas encore lu ; Emmanuelle Pagano dont j’avais lu et apprécié Les adolescents troglodytes portait des chaussures de marches très enviées (la rolls de la chaussure de marche mais j’en ai déjà oublié la marque… et sa petite pointure 36 l’a protégée des convoitises…), j’aime beaucoup sa voix fluette et son accent, disant son texte ; Lola Lafon & Leva, dont j’adore l’énergie et que j’aime beaucoup tout court sans vraiment la connaître mais c’est ainsi, parfois, on sait – je n’ai pas encore lu son dernier livre, De ça je me console… ah la la, j’en ai des lectures en retard ! (Vite, vite Patrick, un souhait pour m’aider… pas de pluie, s’il te plaît) ; le film de POL, enfin, Sablé-sur-Sarthe, Sarthe, avant de repartir dimanche. J’ai évidemment raté beaucoup de choses, volontairement et involontairement (la faute à la soupe au pistou, au vin du mont ventoux, aux discussions…) Bref, une vraie colonie de vacances avec plein de gens sympathiques – de toute façon, à trente ans, on ne voit plus les gens antipathiques, non ? – des gens sympathiques parmi lesquels je n’ai cité que les écrivains invités mais il y avait aussi Nathalie Quintane (voisine), Sonia Chiambretto (voisine aussi) et son immense sourire qui réchauffe les places même par temps de mistral, des libraires (j’ai notamment enfin rencontré une des libraires du Bleuet de Banon dont on parle tant !), des directeurs de revue, des programmateurs… Vivement l’année prochaine.
par
Laure Limongi
:
2:23 PM
6
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Libellés : céline minard, emmanuelle pagano, festival, livre, manosque, nathalie quintane, olivia rosenthal, sonia chiambretto

« … vous ne savez plus
où donner de la tête
il n’y a plus de place
dans votre agenda
vous évoluez
dans un contexte social
stimulant
vos journées sont pleines
de surprises
vos nombreux talents sont reconnus
de tous
vous vous démarquez
par une grande curiosité
intellectuelle
votre tête est pleine
il n’y a plus de place
on recherche vos conseils
avisés
votre tête évolue
il y a de la promotion
dans l’air
on recherche vos conseils
stimulants
votre tête est pleins
de curiosités
votre pouvoir de séduction fait
des ravages
on ne remarque que vous
il y a une grand curiosité
dans l’air
votre tête fait
des ravages
on vous sollicite
pour vos idées
vous savez
où donner
il y a de la séduction
dans l’air
on ne peut rien
vous refuser
la période est propice
aux alliances
votre agenda va
évoluer
vous allez faire
de la place
on ne peut rien
refuser
à votre tête
vous savez être
très persuasive
espace
ergonomique
teintes
qualité des matières
vos nombreux talents sont reconnus
de tous
tout est étudié
pour le bien-être
des passagers
ils sont nombreux
à rechercher
de la place
dans un contexte social
stimulant
il y a du pouvoir
dans l’air
vous avez de la place
vous ne savez plus
où
mais votre place est reconnue
de tous
on ne voit pas
comment on pourrait
se passer de vous
tout est étudié
dans votre tête
une fois la première engagée
on accélère
puissance
agilité
précision
les promesses sont tenues
on ne vous voit plus
il y a de la puissance
dans l’air
une fois votre tête
engagée
vos idées accélèrent
vous prenez tout le monde
de vitesse
vous prenez la tête
siège conducteur
réglable
au niveau des lombaires
et en hauteur
on ne voit pas
comment on pourrait
passer
devant vous
vous ne savez plus
où donner de la tête
devant tant d’espace… »
Extrait de Canons de Patrick Bouvet, éditions de L’Olivier, tout juste paru.
> Lecture le 27 février, 18 h, pour le vernissage de l'exposition We are The Robots (Chronicart/Le Commisariat/Fresh Théorie) au 16 rue de Verneuil 75007 Paris, avec Céline Minard (Le Dernier monde) et Daniel Foucard (COLD).
(Image ci-dessus de Vanessa Beecroft)
par
Laure Limongi
:
10:32 AM
0
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Libellés : céline minard, daniel foucard, littérature, livre, patrick bouvet

Tout d’abord, un conseil d’ami, pour votre bien – car votre bonheur m’importe chers lecteurs : que tous ceux qui n’ont pas encore lu de livre de Céline Minard se ruent sur R. (aux Éditions Comp’act) et La Manadologie (aux Éditions MF) et n’en fassent qu’une bouchée – enfin, en mâchant un peu, tout de même, ce n’est pas coriace mais dense ! (Comme tout bon aliment.) Je vous assure une claque esthétique que vous n’aurez – dans des conditions normales d’immersion littéraire inféodée à l’actualité des productions – pas connue depuis belle lurette.
On vous pardonnera néanmoins de commencer par Le Dernier monde qu’il n’y aura qu’à cueillir, nonchalamment, après les fêtes, en retirant une moufle, sur les tables de votre librairie favorite parmis les reliefs de la rentrée de janvier – mais gare. Toutes les étapes ayant conduit à cette dernière histoire comptent.
Il n’est donc pas anodin que ce roman-ci débute à brûle pourpoint au milieu d’une phrase et même d’un mot, déboulant dans la description d’un réel énervant fait de compromission et de patience face à de menues – mais nombreuses – irritations. Un réel quotidien que l’on reconnaît, traduit in medias res par la fiction pour incarner les personnages avant d’en dérouler la singularité.
On les saisit au vif de leur aventure, débarquant sans crier gare en plein milieu de la narration tout en captant, du même geste, une étape de l’œuvre de Céline Minard qui en compte et en comptera beaucoup d’autres. Et des illustres. On en tient le pari mordicus. Car elle parvient à un équilibre unique en son genre : allier le dynamisme d’une narration soutenue, drôle, à rebondissements… une histoire qu’on ne lâche pas ! à un travail ciselé de la langue : une œuvre de recréation polyphonique, brassant les idiomes, les niveaux de langues et de discours, les rythmes temporels…
Une histoire captivante à travers une écriture écrite – et pas des réflexes langagiers banalement enfilés comme les perles en toc d’un flot verbal indifférencié –, sans être, pour autant, « de laboratoire », une écriture créant un monde tout en capturant le lecteur aux rets d’un suspens d’une efficacité redoutable.
Ce devrait être l’une des définitions les plus excitantes de la littérature du genre romanesque… une définition restée théorique, ces derniers temps, hélas, si l’on excepte, donc, les livres de Céline Minard et de quelques autres écrivains dont on a parlé et dont on reparlera. Le Dernier monde est, à mon sens, l’un des livres-clefs de ces dernières années, de l’ampleur d’un Arno Schmidt à la française – pour donner dans la comparaison, mutatis mutandis.
Et en plus, vous savez quoi ? Céline Minard est une femme qui n’écrit pas un roman de femme – ce genre de prose qu’Hélène Bessette évoque dans ses entretiens avec Jean Paget, les romans propres sur eux, peignés, souriants ou chignants, aux thématiques consensuelles... Ça ne veut peut-être rien dire pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup : ici pas de couple déliquescent, de trentenaires à cheveux longs qui le valent bien, de bavures autofictionnelles, de crises sentimentales, d’interrogation sur l’amour, de prose parturiente, fluide… et ce en plein cœur de l'une des rentrées littéraires ! Ouf ! Des vacances ! De l’air ! L’univers (la science-fiction) et le héros seraient plutôt masculins… et le résultat, donc, clairement sans identité sexuelle à renifler et apprécier en conséquence selon le premier chiffre de son numéro de sécu. On sort enfin d’une certaine idée du « roman de femmes » – ce livre-ci parmi quelques autres, heureusement – et c’est tant mieux – je dirai même plus : vital.
Un des plaisirs de la lecture de ce livre résidant dans la découverte de son histoire et ses rebondissements à addiction immédiate, ne comptez pas sur moi pour en dévoiler les éléments, ce ne serait pas très gentil… Voici juste l’amorce du Dernier monde, accompagnée de quelques éléments de description du dispositif stylistique mis en œuvre par l’auteur et dont vous ne sortirez pas indemne.
Une équipe de chercheurs travaille dans une station orbitale. Le narrateur, Jaume Roiq Stevens, est l’un d’eux. Le moins maniable, assurément. (Le héros, quoi). Rétif à la hiérarchie, ironique, instable, un peu loufoque, entêté, soupe au lait et amateur d’alcools, il est à l’origine de quelques menus incidents qui ne font que révéler la vétusté de la station et provoquer une décision sans appel des autorités terrestres : arrêter le projet, évacuer les astronautes. Ce qui transforme le difficile Jaume Roiq Stevens, refusant d’obéir aux ordres, en pirate incontrôlable et condamné par la loi. Celui-ci s’installe alors confortablement dans son île déserte du futur, y poursuit ses expériences, non sans rationalisation justifiant sa rébellion, lorsque des accidents dramatiques observés de son hublot et un silence étrange de la Terre le décident à rentrer au bercail. À son retour – épique – une aventure inattendue et solitaire l’attend. Aventure qui sera le prétexte d’un tour du monde sentant la voiture volée, la trombe en caméra subjective et le caoutchouc brûlé d’appareils se posant en catastrophe, dans une quête de plus en plus désespérée, exprimée à travers la furie frénétique, parfois euphorique, toujours irrésistible, du héros. Psychose ou cataclysme ? Fou à lié ou seul rescapé ? Réalité, rêverie ? Peu à peu le réel qui l’entoure se met à lui parler et il parle au réel qui l’entoure à travers un prisme foisonnant – délirant ? Sa langue se modifie, s’infléchit, devient poreuse aux pays traversés, à leur culture, à leurs idiomes… Personnage globe-trotter, Jaume Roiq Stevens incarne Babel dans son phrasé tout en vivant des épisodes cocasses perdant, au fil de l’histoire, leurs couleurs réalistes pour s’éclairer de rêves, de souvenirs, de légendes et de digressions. Celui qui pensait, tragiquement, avoir le monopole de la parole, du « je », est envahi du discours du monde autour de lui, qui le circonscrit et le traverse, fétu humain, dérisoire, perdu dans l’immensité des choses et s’y débattant. Le lecteur, dérouté avec ravissement, court à perdre haleine aux côtés de l’astronaute déchu ; il en prend plein les yeux, plein l’imagination, à grandes volées de chapitres, de continent en continent… jusqu’au bout de la route – car les pistes aboutissent et tous les chemins mènent à l’homme. Fin ou nouveau commencement. Quelle sera la résolution de ce roman d’aventure cosmogonique ? Un seul moyen de le savoir… Zappez les cadeaux, la bûche, la bise à mamie, le sac à sapin... vivement janvier !
Le Dernier monde de Céline Minard, Éditions Denoël. Viiiiiiiiiiiiite...
par
Laure Limongi
:
9:37 AM
1 Are you talking to me?
Libellés : céline minard, dernier monde, littérature, roman
(Souvenir lexicographique)
Je tiens juste à signaler qu’il existe une différence d’inflexion majeure entre « … on est toujours tout seul au monde… » (sentiment de déréliction ontologique avec une jolie esthétisation en mineur – pour les soirs de pluie) et « … parlez moi d’moi ya qu’ça qui m’intéresse » (quand le nombril gagne du terrain jusqu’à bouffer le cerveau).
C’est pas du pinaillage, c’est de la survie – dans le monde (de manque) tel qu’il est. Et puis on n’est pas encore le dernier survivant d’un roman de Céline Minard (encore un peu de patience avant d'en savoir plus)…
So (non non, là je plaisante)...
par
Laure Limongi
:
9:11 PM
0
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Libellés : céline minard, chanson, coup de gueule
... où l'on commence déjà à parler du Dernier monde de Céline Minard (Denoël, janvier 2006)...
par
Laure Limongi
:
12:07 AM
0
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Libellés : alamblog, céline minard

{Sur La Manadologie de Céline Minard, Éditions MF.}
Si Gene Roddenberry (le créateur de Star Trek) avait lu Leibniz en fumant du THC, il aurait certainement sympathisé avec Céline Minard et on aurait peut-être eu droit à une super production avec Gilles Deleuze et Léonard Nimoy à l’affiche (+ R2D2 en guest star)? Car elle initie dans sa Manadologie une rencontre du troisième type entre Science Fiction et philosophie, développant un univers SF ludique et cohérent tout en l’investissant d’une pensée – qui n’a rien à envier à des essais de facture « classique » – sur la perception, l’être, le langage… Une sorte de science-fiction spéculative – double projection vers le futur et la connaissance. Le tout à la vitesse des Lumières.
Dans la lignée du roman philosophique made in XVIIIe siècle exilant son action dans un orient propre à rendre des réalités sociales, politiques, philosophiques plus limpides, Céline Minard – dont on avait déjà remarqué le premier « voyage », R. – confronte deux voyageurs intergalactiques à une succession d’aventures qui leur montrera d’autres notions d’existence, de langage, de pensée, d’étendue, de sentiment d’appartenance à une espèce… avec pour point commun des boissons à 55° dont la saveur et l’attrait à heures fixes ne semblent guère changer…
Ainsi faut-il lire la Manadologie en bafouillant un peu la Monadologie de Leibniz ; le héros, René Dancart, est – tiens, tiens… – attaché au doute méthodique, à la morale par provision, à la question de l’union de l’âme et du corps… ; la planète Baruch est expliquée par le sage Spaïnoz ; apparition monumentale à la 2001 l’Odyssée de l’espace, un curieux morceau de cire flotte dans l’espace, semblant tout juste « tiré de la ruche : il n'a pas encore perdu la douceur du miel qu'il contenait, il retient encore quelque chose de l'odeur des fleurs dont il a été recueilli »… Chaque lieu, chaque personnage, chaque aventure est investi d’un souvenir philosophique signifiant, s’imbriquant dans une architecture dont le langage est le ciment et la quête…
Le commandant René Dancart et Maine, son ami Streck – son Spock à lui, un alien aux facultés surdéveloppées, télépathe, sensible et réservé qui change joliment de couleur selon son humeur – étudient les manifestations d’une « manade » lorsqu’ils sont contraints de quitter le site chassé par les autorités du métaroyaume – qui n’apprécie pas trop que ça manade à tort et à travers dans l’espace. S’en suit une série d’aventures qui les conduiront dans des univers où seront mises en jeu les notions de mesure, de langage, de performatif et de fiction. Cette quête s’écrivant dans une langue malicieuse et euphorique, tissée de dialogues savoureux (rencontre d’expressions populaires plus ou moins « futurisées » et d’idiomes aliens aux consonances musicales) et d’apartés irrésistibles. Car on se marre quand même beaucoup dans l’espace et son silence éternel entre une panne de navette, un accueil hostile, une rencontre de charme et une explosion mystérieuse…
Mais n’en disons pas plus, les planètes se découvrent, elles ne s’expliquent pas… après cette traversée riche en suspens, raisonnant sans stagner, philosophant en apesanteur, le lecteur ne pourra que se sentir embarqué dans le même vaisseau spéculatif et se laisser délicieusement aller à des mises en abyme vertigineuses du réel qui l’entoure… avec une bonne rasade de 55°, tout de même – il reste des valeurs absolues.
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Texte à paraître dans La Revue Littéraire du mois de mai 2006.
par
Laure Limongi
:
9:01 AM
3
Are you talking to me?
Libellés : céline minard, littérature, manadologie, roman, série télé
… Je savais que les éditions MF (post Musica Falsa) existaient mais je les avais un peu perdues de vue… carrément pour tout dire… Alors quand je suis retombée sur leur beau catalogue, ça m’a fait un choc… tout particulièrement La Manadologie de Céline Minard – l’auteur de R..Comment ai-je pu rater ça ? Sur quelle planète me trouvais-je en octobre dernier ? Pour quelles raisons des aliens auraient-ils effacé ce segment de mémoire ? ou gommé les couvertures made in MF de mes yeux lors de mes visites en librairie ? Il y a des mystères comme ça qu’à défaut de pouvoir dissiper, il faut se hâter d’outrepasser… Alors je vais citer Claude Riehl qui écrivait dans Topo : « Ouvrez et lisez ! »
par
Laure Limongi
:
3:38 PM
0
Are you talking to me?
Libellés : céline minard, littérature, manadologie, roman