Affichage des articles dont le libellé est question de fab. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est question de fab. Afficher tous les articles

lundi, novembre 23, 2009

CASSE : question de fab, épisode 13

En ce moment, je travaille sur CASSE, le troisième livre de Daniel Foucard publié chez Laureli/Léo Scheer, le sixième de l’auteur après Peuplements (Al Dante, 2000), Container (Sens & Tonka, 2001), Novo (Al Dante/Éditions Léo Scheer, 2003), COLD (Laureli/Léo Scheer, 2006), CIVIL (Laureli/Léo Scheer, 2008). CASSE paraîtra le 6 janvier avec une couverture de Jean-Luc Moulène – ne vous fiez pas au brouillon de maquette qui apparaît ici. L’image sera la même, mais j’ai un peu de mal avec la composition de titrage – caser des ronds et de la typo linéale dans un rectangle, c’est plutôt coton… Le résultat final sera donc vraisemblablement un peu différent.

Je travaille aux corrections sur Word. Après avoir passé le manuscrit de Daniel en Garamond – il écrit en Arial, j’arrive difficilement à corriger en Arial… Alors on a toujours le même protocole : je passe le manuscrit en Garamond, je corrige, et puis je fais la maquette en Univers – une linéale, un peu comme l’Arial, mais en mieux. J’ai passé une demi-journée à fouiller dans les familles de linéales pour me rendre compte que décidément, l’Univers (ça m’aura en tout cas permis de bien ranger mon Suitcase par familles et de découvrir – à travers des clics digressifs – plein de typos ornementales qui serviront peut-être un jour, ponctuellement)… Et puis la plupart de ces polices sans empattement sont en général crées pour les titrages, l’affichage… pas pour du texte littéraire dense. Donc l’approche en est parfois très surprenante – c’est-à-dire qu’on peut moins facilement jouer avec l’approche qu’avec une garalde, on se retrouve avec des lignes très denses ou très blanches pour éviter une veuve, une orpheline ou une coupe hérétique… Déjà que c’est acrobatique en Univers, j’ai pas eu le courage de me casser le nez sur les quelques Linotype qui me séduisaient.

Mercredi, je vois Daniel pour qu’on bosse sur le texte. J’aime beaucoup ce moment auteur/éditeur. C’est l’un des grands cadeaux de ce métier ! Être en prise directe avec l’écriture, intégrer sa logique pour pouvoir faire des propositions, agir en maniaque du détail au service de l’auteur.

J’aimerais qu’à travers ce livre, le grand public comprenne ENFIN qui est Daniel Foucard. C’est-à-dire, disons-le sans ambages, une lecture incontournable.

Je ne doute pas que ça arrivera un jour. Je trouve juste un peu égoïste qu’on ne soit pour l’instant qu’une bande d’initiés – certes surpassionnés et hyperactifs et certes la bande grossit chaque jour de nouveaux lecteurs – à le savoir. C’est dégueulasse pour le reste du monde qui passe à côté d’un grand auteur simplement parce que l’info n’est pas assez relayée…

J’aimerais bien que ça arrive vite pour Daniel, aussi. J’en ai un peu marre qu’on s’exclame la larme à l’œil, qu’on déplore être passé à côté de, qu’on crie au mythe une fois que les vers sont en train de bouffer les intestins des écrivains. ça devient dur pour eux d’en profiter, à ce moment-là. C’est aussi mon travail de tout faire pour informer, en temps et en heure, transmettre mon enthousiasme et tenter de faire en sorte que les livres soient ouverts par la critique – ce qui n’est pas vraiment une critique envers la critique, en tout cas, pas une critique de tous les critiques ; j’ai eu l’occasion, il y a quelques mois, d’aller dans le bureau de la responsable livre d’un quotidien national et j’ai failli faire un arrêt cardiaque en constatant qu’elle travaillait derrière des murs de livres de 3 mètres de hauteur… Il n’est pas humainement possible de tous les ouvrir. Alors a fortiori, les lire… Alors c’est un combat de tous les instants. Avec une artillerie assez limitée, aussi limitée que la détermination est grande.

Je sais que c’est l’un des prix de l’« exigence », ce mot dont on nous rabat les oreilles – je ne vais pas me plaindre, c’est toujours mieux que le glacial et inapproprié « expérimental » – pour désigner une écriture qui ne donne pas dans le produit formaté. Mais avec le côté Quijote qui est le mien, ne comptez pas sur moi pour baisser les bras.

jeudi, novembre 19, 2009

L’effet Doppler du foimentir

(Ou : « Question de fab, épisode 12 », si je ne m’abuse.)

Le Silure est en train d’être imprimé, composé en Esprit, avec des apparitions d’Animalia et de Compendido. J’ai longtemps hésité avec Candida en guise de fonte principale ; l’approche me semblait tout de même plus confortable en Esprit.

Le livre comporte – à la façon de Tristram Shandy – une page noire, dont j’espère qu’elle ne maculera pas, même si je me suis accrochée à l’impression sur bouffant 80 g au lieu de choisir plus raisonnablement un offset…

La couverture est – comme toutes celles d’Emmanuel Tugny – de Nathalie Talec. C’est une aquarelle sur papier de 20 x 22 cm qui se nomme « Celui qui croit être un insecte », avec un fond végétal que j’ai éliminé pour insérer l’image en couverture de crainte que l’effet matière rende mal, flou – sans compter les discrètes ombres créées pas le papier légèrement gondolé sous l’effet de l’aqueux mélange teinté. Et puis aussi parce que placer une typo colorée sur du vert sans que ça vibre – la couleur de titrage choisie restant en harmonie avec le reste de la composition – c’était pas gagné… Voilà donc ce que ça donne, en écran capturé.


Le Silure est en train d’être imprimé, dans une imprimerie où les conducteurs machine ne sont plus appelés « ours » ni « singes » mais vous les retrouverez dans le livre…

lundi, août 03, 2009

Question de fab, épisode 11

Je commence à être plus créative, allez, disons-le, presque graphiste ! concernant les maquettes intérieures des livres Laureli – j’ai toujours fait mumuse avec les couv, et ce depuis l’aldantienne collection &. Il serait temps, me dirait vous, ça fait quand même euh… 11 ans que je bosse dans l’édition – j’ai commencé au berceau… – mais c’est sans doute une question de caractère : un peu de timidité par rapport à l’outil, surtout quand on a appris « sur le tas » – je ne désigne ainsi aucun de mes mentors, c’est vraiment une drôle d’expression… – je précise que la plupart des professionnels de la profession que je connais ont fait de même, se jetant du grand plongeoir pour apprendre à nager ; ça a tendance à évoluer, les toutes jeunes générations – celles que quand on leur presse le nez, il en sort du Yop – choisissent plus souvent les filières « métiers du livre », en général après des études de lettres ; et puis aussi – pour ceux qui sont paumés, c’est la suite de « sur le tas » après quatre digressions – une volonté de ne pas trop interférer avec le texte, de lui laisser le devant de la scène, faut pas mal toucher sa bille pour intervenir graphiquement tout en ne marchant pas sur les pieds de l’auteur – ya des grands noms en la matière, Fanette Mellier, Marc Touitou, Mathias Schweizer, Christophe Jaquet dit Toffe et bien d’autres… Je ne suis que tout petit scarabée balbutiant… mais tenace.

Ainsi, entre autres livres, Sister Sourire de Claire Guezengar est un florilège de typos (incarnant la période « Beaux Arts » de Jeannine Deckeers) ; Écrivains en séries s’adapte à chaque texte, avec un système de marges conçu pour dorloter le plus possible les pupilles du lecteur qui va quand même s’enquiller 496 pages ; Les Carcasses de Raymond Federman sont, évidemment, composées en Céleste ; et Les Souffleuses, de Béatrice Cussol, en Esprit – où l’on retrouve mon goût cratylien – c’est paradoxal pour l’auteur de Je ne sais rien d’un homme quand je sais qu’il s’appelle Jacques qui représente une position plus socratique – pour l’adéquation du nom à la chose… Beaucoup de polices à empattements de la famille des garaldes, me direz-vous, oui, je trouve ça quand même plus lisible, même si les livres de Daniel Foucard font exception, en Univers – « l’écriture est un encodage ».

Flingue trouvé ici.

vendredi, juillet 31, 2009

Les fantômes des fantômes

(Ou : « Question de fab, épisode 10.1 »)

En exclusivité intersidérale dans les limbes de Rougelarsenrose, les pages 2 et 3 (page de faux titre et son ombre) et 96 (achevé d’imprimer) des Souffleuses, pages qui ne seront pas visitées par ces fantômes de dessins refusant d’être fixés sur papier…





{Cliquer sur les images pour les agrandir. © Béatrice Cussol}

jeudi, juillet 30, 2009

Fantômes

(Ou : « Question de fab, épisode 10 »)

Suite à une fausse manip’ d’exportation en PDF hier – à 4h37, faut dire –, un premier fantôme cyan de la couverture du prochain livre de Béatrice Cussol m’est apparu. J’ai refait un autre PDF en quadri bien comme il faut, mais je l’ai trouvé joli ce spectre énigmatique – qui n’est rien d’autre qu’une plaque d’impression, il est vrai, mais je dois avoir l’élan poétique facile. Alors j’ai rappelé l’esprit en magenta, jaune puis noir. Voici le trio cyan, magenta, noir. Monsieur jaune était assez décevant, forcément, puisqu’une variation de la version magenta, en plus bouché – le rouge en majorité présent dans l’image étant composé de 95% de magenta et de 94% de jaune… mais c’est évidemment les orangés qui s’assombrissaient, comme s’ils voulaient être plus noir que le noir… Place aux revenants ! (En niveaux de gris, bien sûr, vous avez déjà vu un fantôme magenta ?)









Les Souffleuses de Béatrice Cussol : à paraître le 7 octobre.

{Cliquer sur les images pour les agrandir. Et si vous appuyez sur Pomme ou autre chose en PC en même temps, ça s'ouvre dans une nouvelle fenêtre...}



Si vous avez manqué le début…

Question de fab#1
Question de fab#2
Question de fab#3
Question de fab#4
Question de fab#5
Question de fab#6
Question de fab#7
Question de fab#8
Question de fab#9

samedi, mars 07, 2009

Question de fab, épisode 9

Grâce à Orion Scohy, je découvre l’outil « tableaux » sur XPress – fort pratique au demeurant.
Grâce à Sylvain Courtoux, je me souviens pourquoi j’ai rapidement arrêté de faire des textes avec des cadres un peu partout.
Grâce à Vannina Maestri, je me rends compte que je n’ai pas de fonte smiley planquée dans mon disque dur. Et que quand on passe de Word à XPress, les flèches se transforment en ®. Et que même, des fois, des cadres entiers de textes sautent. Et que par fax, la police bâton en corps 7 est difficilement lisible, surtout à 4 heures du matin…
Grâce à Claire Guezengar, j’utilise l’outil qui fait pivoter le texte sur XPress, en l’occurrence, à 180° – j’en avais toujours rêvé.
Grâce à Lise Etcheverry, je change les marges de la maquette afin de respecter le rythme de ses phrases.
Grâce à Jérôme Gontier, je m’exerce à traquer puis éliminer sans pitié les césures forcées égarées.
Grâce à Jacques Sivan, j’en apprends plus sur le format EPS.
Grâce à Vincent Delaboudinière, j’apprends à placer un plan sur une double page, en tâchant de faire en sorte que le pli ne mange pas quelques chambres de l’Hôtel du Grand Nord…
Grâce à Charles Pennequin, je développe ma technique de PAO en enlevant des numéros écrits au feutre sur des pages lignées ou quadrillées à 6 heures du matin. N’était-ce un photoshopelbow le lendemain, on peut dire à présent que je suis la reine du tampon de duplication.
Grâce à Emmanuelle Pireyre, je travaille le teint de Derrick afin qu’il passe bien en noir et blanc – on perd donc, hélas, ce vert germanique si typique.
Grâce à mon imprimeur, je me promets d’arrêter d’envoyer des fichiers natifs et de passer au PDF haute déf. Mais je le fais à contrecœur. Que vont devenir les natifs ? Oubliés dans la réserve éditoriale. Exploités sur écrans, dans le secret. Remplacés par leur cliché. Fini la scène, ils ne travailleront plus qu’en coulisses. Ils ne voyageront plus via serveurs FTP dans les contrées campagnardes qui accueillent les imprimeries et où ça sent bon l’herbe coupée, la mer ou la biscotte. Et puis, fini la coquille qui saute à la tête au moment du BAT. Pour Écrivains en séries, ça aurait laissé notamment traîner une Brie Van de Kamp qui n’aurait pas senti la rose – même en corps 7…
Grâce à Google et à mon sens de l’analogie, j’apprends que Contrecœur est une petite ville du Québec sur une rive du fleuve Saint-Laurent avec une patinoire où l’on peut laisser libre cours à son expression corporelle en testant son équilibre pour 5 dollars en tant qu’adulte non-résidant. Il faut faire des choses à Contrecœur. Tiens, voilà une idée qui aurait fait sourire Édouard Levé.

mercredi, février 25, 2009

Question de fab, épisode 8

… Et parfois, en cherchant « ouate » (pour en vérifier tous les sens figurés), on tombe sur « ouaouaron » : [wawaYT] n. m ; 1632; mot iroquois « grenouille verte » : Au Canada, Grenouille géante d'Amérique du Nord pouvant atteindre 20 cm de long, et dont le coassement ressemble à un meuglement, appelée aussi grenouille mugissante, grenouille-taureau.
« Les ouaouarons priaient dans les mares qui se desséchaient » (V.-L. Beaulieu).

(Le Robert)

Vivement le Canada !

lundi, février 16, 2009

Question de fab, épisode 7

Prolexis en est à 18 488 erreurs trouvées dans Écrivains en séries - déjà multiplement corrigé, bien sûr, mais ça compte les erreurs typo - ; la nuit va être longue !...

vendredi, février 13, 2009

Question de fab, épisode 6

Mesures typographiques


Les imprimeries privées, en France, utilisaient, en fonte chaude, le point typographique créé par F.-A. Didot en 1775.

Le point didot mesure 0,375 9 mm, soit environ 3/8 de millimètre.

Son multiple, le cicéro (ou douze), vaut 12 points.

Un mètre contient 2 660 points didot (1 mm = 2,66 points).

Après les travaux décidés par l’Assemblée constituante en 1790 concernant la détermination de la longueur du mètre et l’élaboration du système métrique, Didot voulut modifier son « point » et créa le point métrique qui fut adopté par l’Imprimerie nationale.

Le point métrique représente exactement 0,4 mm.

Un mètre contient 2 500 points métriques (1 mm = 2,5 points).

Cette mesure ne put s’étendre à toute l’imprimerie car son adoption eût entraîné un changement complet de matériel utilisé par l’industrie privée, ce qui était impensable à l’époque. L’Imprimerie nationale, qui possédait sa propre fonderie, put effectuer l’opération.

À la suite d’un fâcheux concours de circonstances qui se produisit au début du siècle dernier, le « point IN » (dit métrique) se trouva dans la pratique ramené à 0,398 77 mm...


Un peu d’histoire avec le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, édition 2002.