mercredi, septembre 10, 2008

Qui touche au Goncourt, je le tue.

Ah ! Ah ! Ah ! Je sais, je sais, je sors un peu du devoir de réserve que je m’impose en général, mais là, je voulais juste rappeler un truc tout simple : les prix littéraires sont censés récompenser DES LIVRES. Des objets littéraires, quoi. Une écriture, un style, quelqu’un derrière le nom avec un encéphale hyper développé et un pouce préhenseur. Il y en a, dans le lot, certes, et des bons, mais y a quelques Canada Dry aussi. Tiens, c’est une idée, ça, le Prix Canada Dry… Pour être tout à fait logique, il faudrait qu’il récompense les « vrais » livres décrits ci-dessus… Des fois, je me dis que ce serait plus simple de tout faire à l’endroit, quand même. M’enfin puisqu’on est en plein « renversement carnavalesque », comme dirait l’autre… Ou alors le Prix Edwige, celui dont l’auteur, l’éditeur, leurs proches, les employés de la maison d’édition et les personnages du livre ont la fiche la plus clean, avec en cadeau bonus une visité guidée des RG (avec un bandeau sur les yeux, faut pas déconner, quand même) par Joël Bouchité… Allez, combattons l’insomnie et reprenons nos esprits : ne jetons pas tous les Prix avec l’eau du jacuzzi. On sait qu’il y en a, fort heureusement, de jeunes aventureux ; et que de toute façon, quelle que soit leur histoire, leur nature, c’est un peu comme le vin, c’est une affaire d’année (Jean-Jacques Schuhl a bien eu le Goncourt, alleluia !) Et puis, pas de ruse, à y bien réfléchir, ils portent bien leur nom. Les Prix Littéraires sont faits pour faire vendre des livres (= assemblage d’un assez grand nombre de feuilles portant des signes destinés à être lus, portant code barre et échangeable contre sonnantes et trébuchantes) ce qui est bon pour l’éditeur, le libraire, le distributeur, le diffuseur et l’auteur. Bref, le marché. Et ce qui est bon pour le marrrchê {pause}, est bon pour la Frrrânce (imaginer une voix à la de Gaulle, là, et plein d’applaudissements). Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.
— Elle est longue à la détente, cette grosse naïve, tout de même.
— T’es dure, elle a envoyé un BAT à l’imprimerie aujourd’hui, elle est juste un peu rincée. Et puis quand on lui explique longtemps, elle comprend vite !
— Ouais m’enfin bon, enfoncer des portes ouvertes ainsi, faire ça ou coiffer la girafe…
— Tiens c’est marrant, moi je dis « pisser dans un violon » !...
— J'aime pas qu'on vandalise les instruments de musique. Allez, bonne nuit, c’est pas tout ça, ya un autre livre à avancer demain.
— C’est vrai, t’as raison, bonne nuit.

5 commentaires:

peggy a dit…

je me demande quels sont les livres canada dry là-dedans pour toi (des noms ! des noms !!)

Laure Limongi a dit…

C'est assez évident comme ça, et heureusement, je ne les lis pas tous !

peggy a dit…

ah bah bravo la déontologie !! ;-)

Manu a dit…

Amusant, ce papier. Cette manière de voir les prix littéraires n'est pas vraiment neuve, mais là, c'est très bien tourné, très drôle, et pas fielleux pour un sou.
Et félicitation pour Bastard Battle, d'après ce que j'ai pu en voir (pas encore lu mais ça ne saurait tarder), cela me semble tout à fait mérité).
Bonne continuation, et à bientôt.

Papalagui a dit…

C'est vrai ce Battle bâtardement mêlé de mes courses au marché du dimanche, excusez mais j'aime assez : tomber dessus incidemment par les conseils d'un libraire. D'un bon libraire forcément.
Du coup, je découvre la collection et me souhaite du temps tout simplement pour tout lire et plus encore.
Quant au blog, il détonne lui aussi.
PAPALAGUI DéTAILS ici et là :
http://papalagi.blog.lemonde.fr/2008/09/21/le-phrase-de-bastard-battle/