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mardi, novembre 18, 2008

Passeios no recanto silvestre

... un documentaire de Miriam Chnaiderman sur José Agrippino de Paula, vous pouvez notamment y voir de courts extraits de ses films. Le son est sourd et la vidéo n'est pas sous-titrée, donc, hélas, cela s'adresse aux lusophones avertis...
Les extraits de films étant sans paroles, cela résout néanmoins ponctuellement ce problème.
Lorsque PanAmérica apparaît à l'écran, vous pouvez voir l'un des éditeurs des Éditions Papagaio : Sérgio Pinto de Almeida.
La revue en ligne Sibila présente également ce documentaire, avec tous les copyrights.

Sinon, que dire à part Ah ! que saudade !




mercredi, avril 30, 2008

« Non Ducor, Duco. »



Séjour bref mais intense dans la gigantesque São Paulo. Impossible d’appréhender ne serait-ce qu’un dixième de la ville et le lit de la chambre d’hôtel (qui fait la taille d’un appartement parisien…) est tellement grand que j’ai du mal à y dormir – on s’y fait vite mais comme on n’a pas le temps...
Conférences sur la poésie contemporaine française à l’Alliance Française de Jardim América puis à l’Université (USP), conférence sur les blogs littéraires français à la Livraria Martins Fontes, rencontre animée par Sonia Goldfeder. À nouveau, je suis très impressionnée par l’intérêt et la qualité du public brésilien, très calé en langue et littérature française.
Ce soir, à la librairie, j’ai également apprécié en détail le fonctionnement du très impressionnant, tant du point de vue du contenu que du design, site Cronòpios grâce à la visite guidée que nous ont offert ses éditeurs, Edson Cruz et Pipol. Et découvert un nouveau site qui me coûtera sans doute quelques nuits blanches : la revue électronique bilingue portugais/espagnol Agulha, animée par le poète Claudio Willer.
J’ai également enfin rencontré Sérgio Pinto de Almeida et Denise Natale, les éditeurs brésiliens de José Agrippino de Paula qui m’ont donné à lire, entre autres choses, Lugar Pùblico.
Bref, um copo de euforia.

vendredi, janvier 25, 2008

Rio Grande do Sul

Reportage sur PanAmérica de José Agrippino de Paula, livre que j'ai évoqué à plusieurs reprises et qui vient de paraître.
Rencontre d'écrivains, d' artistes, de critiques littéraires, de cinéma... évoquant de près (l'œuvre elle-même qu'ils connaissent et analysent devant nous) ou de loin (la période des années 1967-1968, en pleine dictature militaire brésilienne, les prémices du Tropicalisme...)

Voici une sélection des vidéos de nos entretiens mises en ligne. Pour les autres, consulter la page Laurelit dailymotion (la totalité des vidéos devrait y être présente dans une semaine).

Les vidéos sont archivées sur Léo Scheer. TV.


Juremir Machado da Silva est né en 1962 à Santana do Livramento. Il est écrivain, journaliste et historien brésilien, docteur en sociologie diplomé de l'université de Paris V (René Descartes).
Après avoir été chroniqueur indépendant et correspondant du journal Zero hora à Paris de 1993 à 1995, il est aujourd'hui professeur de journalisme et coordinateur du programme de post-diplomes de communication. Il écrit régulièrement pour le Correio do Povo de Porto Alegre.
Il a publié une vingtaine de livres.
Il me parle, en cette après-midi venteuse, de PanAmérica de José Agrippino de Paula ainsi que de la situation actuelle du roman brésilien.



Luis-Augusto Fisher, professeur de littérature brésilienne à l'université, écrivain (auteur de chroniques, d'essais et de contes), critique littéraire vivant à Porto Alegre, nous parle de PanAmérica de José Agrippino de Paula.

Présentation de Luis-Augusto Fisher (en portugais) ; son blog sur le site Saraueletrico (en portugais).



Sergius Gonzaga est professeur de littérature à l'université fédérale du Rio Grande do Sul et secrétaire municipal à la culture de la mairie de Porto Alegre.



Luis-Fernando Verissimo est l'un des plus grands auteurs brésiliens contemporains, né en 1936 à Porto Alegre. Ecrivain, journaliste, musicien de jazz, ses oeuvres recèlent une ironie empreinte d’humour qui tout à la fois critique le réel et le reconstruit.

Voir son site & le dossier bibliographique que la librairie Compagnie lui a consacré.

vendredi, janvier 11, 2008

José Agrippino de Paula à 30 ans

... pendant la sortie de PanAmérica en 1967.


(Collection particulière Mari Stockler)

L'objet du regard.

jeudi, décembre 20, 2007

PanAmérica : le casting



... Avec Burt Lancaster, Marylin Monroe, Cary Grant, Marlon Brando, Harpo Marx, John Wayne, Liz Taylor, Richard Burton, Charlton Heston, Yul Brynner, Humphrey Bogart, Gary Cooper, Louella Parsons, Clark Gable, Errol Flynn, Bette Davis, Rock Hudson, Tony Curtis, Sophia Loren, Carlo Ponti, Cecile B. de Mille, Brigitte Bardot, Cassius Clay, Joe Di Maggio, Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, les Beatles, Charles Boyer, Che Guevara, Martin Luther King, le Pape Paul VI, Charles De Gaulle, Winston Churchill, Lyndon Johnson, le Président Kennedy, Robespierre, Karl Marx, Don Quichotte, Tarzan, Gandhi, Napoléon, des militants du Ku Klux Klan, Pluto, Mickey, les Trois Petits Cochons, l’Oncle Picsou, Donald, la Statue de la Liberté, le grand Poisson cosmique. Et de nombreux figurants...



PanAmérica de José Agrippino de Paula, traduit du brésilien par Emmanuel Tugny, à paraître chez Laureli/Léo Scheer le 18 janvier 2008.

samedi, décembre 15, 2007

Météos, horoscopes

... j'envie le paysage qu'Emmanuelle voit de la fenêtre de son bureau, même si frileuse comme je le suis, ce genre de températures serait sans doute difficile à supporter. Plus que la foule parisienne ? La prégnance de la violence sociale ? Dans la neige d'Emmanuelle, paradoxalement, c'est ma mer que je vois. Mon paysage, hors déambulations muséales, hors ghettos de gothas, me manque souvent. Même si bien sûr, je ne peux qu'y accoster, en repartir, tout m'y brûle, à long terme. Violence pour violence, tout consume.



À côté des techniques pour ne pas prendre 4 kilos pendant les fêtes côtoyant sans complexe des recettes de fois gras au chocolat à 6000 calories et autant de « tenues de réveillon » (quel concept atroce) plus bling-bling les unes que les autres, déjà les horoscopes 2008 dans les féminins que je feuillette, hum, pour raisons professionnelles – si, si ! La preuve, la couverture de Corbière le crevant d'Emmanuel Tugny, page 92 de Marie-Claire dans l'article sur « la Hype » – si, si (2) ! En résumé, amis Poissons (j'en connais beaucoup, et même du 21 février), ça va tanguer mais sans chavirer, apparemment – m'enfin de toute façon on sait nager.

' a y est, les deux livres laureli de janvier sont à l'imprimerie. CIVIL de Daniel Foucard sort le 4 janvier, PanAmérica de José Agrippino de Paula le 18. Deux monuments dont je suis outrageusement fière.

lundi, décembre 10, 2007

« Ceci n’est pas une pipe » - sur PanAmérica de José Agrippino de Paula



Œuvre phare de la littérature brésilienne publiée pour la première fois en 1967, somme psychédélique tissée d’images qui font penser à Roy Lichenstein ou Andy Warhol, PanAmérica est un geste total qui doit autant au pop-art qu’à la Beat Generation. Une épopée ironique hors de tout réalisme entraînant le lecteur dans un merveilleux à la fois emprunt de science-fiction et de culture brésilienne, dans un syncrétisme post « anthropophage »1 qui inspirera le mouvement du « tropicalisme »2 . Écrit pendant la dictature et en réaction à l’idéologie nord-américaine dominante, c’est un récit qui met en question les rouages de la société, usant des mêmes ressorts qu’un Swift dans Les Voyages de Gulliver : des ruptures d’échelles permanentes entre hommes et géants, des combats sans rimes ni raisons, une surenchère d’imagination permanente. Plus encore, le gigantisme fluctuant des figures mythologiques désarticulées doit aux métamorphoses de Pantagruel de Rabelais, l’humour « gigantal » présent dans ces deux œuvres en étant un nouveau trait commun.

Comme l’indique son titre, PanAmérica est un mélange alchimique des Amérique, du Nord et du Sud. Rien ni personne n’y est épargné, pas même la logique du récit. Dans ce labyrinthe narratif, l’auteur remythologise avec une fantaisie débridée – à la fois triviale et onirique dans ses enchaînements délirants – les figures hollywoodiennes – Marilyn Monroe en étant la figure récurrente, le moteur – pour créer un monde merveilleux, absurde et chaotique. Une féerie obscène et effrénée qui prend sa source dans la critique de la réalité.

Le fantastique singulier de PanAmérica est marqué par les multiples dimensions du travail de José Agrippino de Paula (1937-2007). Celui-ci a en effet été à la fois auteur de romans, de nouvelles, de poèmes, de pièces de théâtre, scénariste de spectacles de musique et de danse mais aussi réalisateur de films – notamment Hitler 3º Mundo (1968), considéré par la critique comme un chef-d’œuvre du cinéma underground brésilien. Ses textes, composés comme on monte les rushes d’un film, doivent beaucoup à sa volonté de faire s’entrecroiser les arts. Par ailleurs, chacun de ses livres publié au Brésil est illustré par un artiste plasticien : Antonio Dias, Renata Bueno et Tadeu Burgos, José Roberto Aguilar, Antonio Peticov. Caetano Veloso a également préfacé une édition de PanAmérica et mis en musique un extrait de ses textes, avec Gilberto Gil. Depuis le milieu des années 70, José Agrippino de Paula s’était retiré dans la petite ville d’Embu das Artes, dans la périphérie de São Paulo, refuge de nombreux artistes et artisans. Écrivant toujours, et beaucoup, il y vivait isolé, sans aucun moyen de communication, acceptant néanmoins de recevoir ses amis, ses admirateurs, ainsi que les étudiants et journalistes qui étudiaient son œuvre. Peut-être les utopies exubérantes que son imagination avait créées lui semblaient-elles moins insensées que le spectacle du monde.

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1-Les concepts « anthropophages » furent édictées en 1932 par Oswald de Andrade et Tarsila do Amaral, deux poètes inspirés par les dadaïstes et les surréalistes faisant feu de tout bois, tradition comme modernisme.
2-Le « tropicalisme » est un mouvement culturel brésilien qui apparaît à la fin des années 60. Il s’illustre principalement à travers la musique à travers les figures de Caetano Veloso et Gilberto Gil mais aussi dans les arts visuels, le cinéma, le théâtre ou la littérature. Il cherche à établir un mélange d’avant-garde et de culture de masse, dans un contexte politique qui est celui d’une dictature militaire violente et répressive.

PanAmérica : à paraître le 18 janvier 2008 (traduction Emmanuel Tugny) chez Laureli/Léo Scheer.
Au brésil, José Agrippino de Paula est édité par Editora Papagaio.

vendredi, novembre 30, 2007

PanAmérica, incipit

Je survolais dans mon hélicoptère les camions qui répandaient du sable à l’orée de l’immense mer de gélatine verte. Comme je survolais la plage que l’on était en train de construire, l’hélicoptère passa au-dessus du camion-citerne. Là, un Noir testait un lance-flammes. Je donnai un ordre au pilote de l’hélico en désignant le camion et bientôt l’appareil manœuvra au-dessus du camion et vint se poser quelques mètres devant lui. Je sautai de l’hélico et criai à l’énorme Noir qui vérifiait le fonctionnement du lance-flammes : « Hé, toi ! ». Je lui demandai ce que donnait le lance-flammes pour les colonnes de feu. Il me demanda de m’éloigner de quelques mètres, alluma le lance-flammes, le dirigeant vers le ciel. Un jet de feu gicla du lance-flammes vers le haut ; l’énorme Noir faisait des signes à l’homme qui contrôlait l’essence près du camion-citerne. Je criai au Noir que c’était parfait, que c’était très exactement ce que je souhaitais. Le Noir s’en fut contrôler la sortie d’essence et l’énorme nuage de feu qui se dressait au-dessus diminua jusqu’à s’éteindre. Je demandai au Noir s’il savait où il allait se mettre à couvert, avec son lance-flammes. Le Noir répondit que l’ingénieur avait déjà construit une petite élévation dans la mer de gélatine verte, que la cachette avait déjà été construite avec beaucoup de soin. « Et Burt ? » Demandai-je. Comme le Noir répondait qu’il n’en savait rien, je vis surgir du fond d’un bâtiment un camion portant Burt Lancaster, deux énormes ailes blanches sur ses épaules. Le camion s’arrêta là et je demandai : « Ça va, Burt ? » « Très mal » répondit Burt du haut du camion, dans ses sous-vêtements blancs et avec ses ailes d’ange par-dessus. Je questionnai Burt qui demeurait immobile sur la carrosserie du camion. Burt ne pouvait pas bouger du fait de l’excès du poids des énormes ailes blanches et se bornait à se tenir debout sur le capot du camion. Il se mit à se plaindre de ce que les fils de nylon qui le retenaient à l’hélico soient trop lâches et le poids des ailes excessif. Il allait geignant, disant qu’il était dangereux de demeurer pendu en haut de la colonne de feu produite par le lance-flammes. Je montrai le Noir à Burt et lui indiquai qu’il était technicien en lance-flammes et qu’il ne courait par conséquent aucun danger de brûlure. Burt me dit que je pouvais travailler en surimpression sur les négatifs du film et que de la sorte tous les problèmes se trouveraient résolus. Je me fâchai contre Burt et lui assénai que tout ce que j’étais en train de faire allait dans le sens du réalisme du film et que le public ne croyait pas aux surimpressions toujours imparfaites et floues. Ma colère s’accrut quand il commença à mentionner les fils de nylon transparents qui devaient le retenir à l’hélico. Enragé, je me mis à hurler contre Burt, disant que j’avais bien l’intention d’utiliser sa doublure pour la scène de la fuite des juifs mais que c’était lui, Burt, qui avait insisté pour jouer lui-même l’ange du Seigneur. Burt continua à argumenter du haut du camion en disant qu’il n’avait jamais utilisé de doublure dans aucune production, pas même pour des scènes dangereuses. Je sautai sur la carrosserie aux côtés de Burt criant au chauffeur, en frappant le capot « Studio F ». Le chauffeur se mit immédiatement en route et le camion prit la direction du studio F. Il décrivit une courbe et se ficha en face du grand bâtiment du studio F. Je sautai du camion et trois techniciens aidèrent Burt à sauter également. En face de l’immense cour du studio F se tenait la foule des figurants assis les uns contre les autres et bavardant. Les trois assistants de direction accoururent et me dirent qu’ils donnaient aux figurants par haut-parleur des indications sur le tournage. Au cœur de la foule, je remarquai Cary Grant, habillé d’une longue tunique, avec son immense barbe de patriarche et sa chevelure blanche. Cary Grant tenait en main un bâton de pasteur et portait une tunique grise grossière qui lui descendait jusqu’aux pieds. Je m’approchai de Cary Grant et lui dit qu’il importait qu’il se pénètre du rôle et je lui demandai si les assistants lui avaient transmis les instructions. Ils répondirent que tout lui avait été scrupuleusement transmis. Cary Grant avait retiré sa longue barbe pour entendre mieux. Je lui demandai d’interpréter la scène de l’ouverture de la mer. Cary Grant leva son bâton de pasteur mais je l’interrompis, lui indiquant qu’il convenait qu’il replace sa barbe. Cary Grant remit sa barbe et fit un impétueux mouvement, levant le bâton vers le ciel. Je lui dis que le geste devait être plus énergique, plus dramatique, plus conforme à celui du patriarche juif. Cary Grant répéta le geste, je lui dis que ça allait et lui demandai s’il avait déjà appris son dialogue avec Dieu. Les assistants répondirent que Yul Brynner et Cary Grant avaient déjà répété le dialogue entre Dieu et Moïse. Je saluai Cary Grant et fis signe au camion, je sautai dessus et dis « Studio H ! » Burt me fit signe, montrant les fils de nylon qui le retenaient à l’hélico, le camion passa devant lui et je lui criai « Je reviens ! » Le camion prit la direction du studio H, bourdonnant entre les deux rues où les figurants étaient dispersés, habillés en soldats juifs et égyptiens. Le camion passa près du char de John Wayne, qui trottinait par les rues. John Wayne portait une cuirasse et une robe de pharaon. Le camion dépassa le char, tourna au coin de la rue et fit halte devant le studio H. Je sautai du camion et entrai dans le studio, salué par les deux concierges. J’entrai dans le studio au très haut toit, éclairé par des projecteurs allumés : dans le fond, une immense toile azur figurant le ciel, les projecteurs allumés, deux grues, trois caméras. Yul Brynner se tenait sur une estrade ceinte d’un nuage blanc. Je lui fis signe, lui indiquant de rester en position. Je demandai à mon assistant d’augmenter un peu la taille du nuage blanc en lâchant un peu plus de gaz : à cause des projecteurs, l’un des angles de l’estrade restait en effet visible. Cette prise devait être réalisée par mon assistant et je donnai mes instructions sur le tournage de la scène où Yul Brynner se tenait sur le nuage. Je hurlai à l’assistant que tout était pour le mieux, qu’il pouvait filmer la scène de Dieu sur le nuage et je quittai le studio, annonçant que j’allais commencer à tourner les scènes de foule. J’entrai dans la cour où mon producteur discutait avec mon assistant. Je donnai une tape amicale dans le dos de mon producteur et me mis à rire. Mon producteur avait quelque appréhension sur le coût de ma superproduction La Bible et je m’efforçai de le convaincre, désignant les décors qui représentaient le palais de Nabuchodonosor. J’expliquai au producteur les prises en plongée sur les jardins du palais, effectuées depuis cinq hélicoptères équipés de caméras à zoom. Comme mon producteur continuait à me dissuader d’utiliser cinq hélicos pour les prises, j’entendis un « Hello ! » dans mon dos et deux mains de femme couvrirent mes yeux. Je me retournai en riant, faisant tourner Marilyn dans mes bras. Je libérai Marilyn et la présentai cordialement à mon producteur, lui précisant que Marilyn allait jouer deux rôles dans la superproduction : celui de Bethsabeh et celui de Sarah. Cela eut le don d’irriter le producteur. Il me renvoya à ma méconnaissance des Saintes Écritures : comment pouvais-je utiliser une jeune fille pour jouer le rôle de Sarah, la femme d’Abraham ? Marilyn se mit sur la pointe des pieds et me donna un baiser sur le front. J’essuyai le rouge à lèvres et demandai à mon producteur de s’occuper du cachet de la foule de figurants qui se massait aux portes du studio. Je dis que je commencerai à tourner à deux heures de l’après-midi la scène où Nabuchodonosor devient fou et se met à manger de l’herbe. Le producteur s’éloigna la tête basse et je lui demandai, l’appelant de loin : « Et John Wayne ? » Le producteur tourna la tête et fit un geste de la main qui entendait signifier qu’il ne savait pas s’il était déjà arrivé.

(...)

PanAmérica, une épopée de José Agrippino de Paula (traduit du brésilien par Emmanuel Tugny).
En librairie le 18 janvier.