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mardi, avril 13, 2010

Fin de règne

Lors de mon séjour à Bastia, j’ai découvert – grâce à Mélissa Epaminondi – le cinéaste Gérard Guerrieri à travers son deuxième long métrage : Fin de règne, une coproduction Mare Nostrum, Atlan Films, La Cie des Taxis Brousse (avec la participation de France 3 Via Stella, si je ne m’abuse) sortie en décembre 2007. Passion immédiate pour son univers transformant la tragédie en farce, avec une ironie jamais cynique et qui parvient à filmer la Corse autrement que comme une carte postale intemporelle. Era tempu !

Fin de règne se situe dans un futur plus ou moins proche où la Corse serait devenue une république autonome et donc, sans doute plus que jamais, aux mains des politiciens, en l’occurrence de Brutus Strossi, lancé dans une élection présidentielle qu’il semble devoir gagner, fort du soutien de Marc-Anto, chef de la mafia locale. Les personnages – du politicard véreux au mafieux gominé en passant par sa pétasse de femme ou sa mère autoritaire – sont encore plus savoureux qu’on ne saurait les imaginer. Mais le scénario ne s’arrête pas à ce récit rondement mené, débutant par une scène au Moyen Âge, où l’on découvre les ancêtres des protagonistes… Robert Rodriguez à la mode corse, Gérard Guerrieri maîtrise parfaitement les codes du gore et de la série Z pour créer une fiction à la fois délirante et terriblement en prise avec la réalité. La critique est acerbe, l’humour blesse qui doit l’être, les dialogues sont autant de joyaux, sans évoquer quelques trouvailles formelles que je vous laisse découvrir ici.

Si vous n’êtes pas du genre à acheter un film sur Internet – et même si vous auriez franchement tort de vous en priver – vous pouvez toujours regarder ce court extrait :


Fin de règne (extrait)
envoyé par finderegne

Ou encore son prologue, assez Aguirre :



... en guettant le prochain Guerrieri.

{Photos ci-dessus : tirées du film Fin de règne. Cliquer sur les images pour les agrandir.}

mardi, novembre 18, 2008

Passeios no recanto silvestre

... un documentaire de Miriam Chnaiderman sur José Agrippino de Paula, vous pouvez notamment y voir de courts extraits de ses films. Le son est sourd et la vidéo n'est pas sous-titrée, donc, hélas, cela s'adresse aux lusophones avertis...
Les extraits de films étant sans paroles, cela résout néanmoins ponctuellement ce problème.
Lorsque PanAmérica apparaît à l'écran, vous pouvez voir l'un des éditeurs des Éditions Papagaio : Sérgio Pinto de Almeida.
La revue en ligne Sibila présente également ce documentaire, avec tous les copyrights.

Sinon, que dire à part Ah ! que saudade !




dimanche, mars 16, 2008

Grindhouse



Enfin vu le dernier Tarantino, Death Proof, grindhouse diptyque avec Planet Terror de Roberto Rodriguez - que je n'ai pas encore vu. Je lis dans plusieurs critiques que le film (Death Proof) serait "trop tarantinien" parce qu'on y reconnaît un certain régime de dialogues, des cadrages, un mode de pertubation filmique, de détournement, une BO soignée... ça me fait doucement marrer. Non mais c'est vrai, quoi, au bout de trois mesures d'une fugue de Bach, on en démasque le compositeur, pareil avec cinq lignes (en coupant la phrase...) de Proust, on le reconnaît tout de suite. Depuis quand le style est-il un élément en défaveur d'un objet esthétique ? Death Proof est un film de Tarantino super tarantinien. Tant mieux !
Bon, je ne vais pas faire mon Allo Ciné, allez-y voir, et le film, surtout. Et écoutez la bande originale qui est, en effet, somptueuse. Un petit aperçu ci-dessous.









jeudi, septembre 21, 2006

Billy The Kid


Billy The Kid
Vidéo envoyée par laurelimongi
(vidéo : speciale dedicace C.A. - en supra low tech ; musique « B. The K. » de Kat Onoma, album Billy The Kid, 1992.)

C’était il y a 5 ans environ, au Fresnoy. Grâce à Jacques-Henri Michot, visionnage de Billy The Kid de Luc Moullet dont Jean-Marie Straub & Danièle Huillet transportaient une copie – la seule, me semble t-il d’ailleurs me souvenir – dans leur voiture – parmi de nombreux chats romains (non, ce n’est pas une race : des chats de Rome ; des chats nés dans la banlieue romaine). Moment privilégié s’il en est, que la découverte de ce film dément, fulgurant, avec un Jean-Pierre Léaud sublime, d’une indocilité absolue – Léaud/Billy indociles. Instant rare. Le froid, le gris, l’eau partout (j’y peux rien, c’était l’hiver). La rugosité de J.-M. Straub. La mienne, en réponse (forcément). Ce mélange détonnant d’extrême sensibilité et de violence affleurant, de la pellicule à la salle. L’espace où la frontière des écrans s’efface – et le miroir.

J’apprends aujourd’hui que ce film (avec 6 autres de Luc Moullet) sort en DVD !...