vendredi, avril 22, 2005

Une ile



Violente envie d’arbouses, d’odeurs, de rues connues par cœur, d’accent, de chaleur, de sel, de superposition des temps – suspension –, aimer croiser des fantômes avec douceur, enfin…

1 commentaire:

Pierre Ménard a dit…

Quand les parents de ma femme habitaient à Saint-Joseph, on avait depuis la salle de bain (une minuscule fenêtre) la plus belle vue qu'on puisse avoir sur la Citadelle, le goût du sel après la baignade, l'eau fraîche sur les brûlures légères du soleil, un léger courant d'air à frisson. Pour se rendre place Saint-Nicolas deux voies possibles (par la vieille ville du côté du Palais de Justice le grand détour, rues à l'ombre toujours, murs noircis par la pollution et le manque de lumière ou par le Vieux-Port), et c'était souvent cette deuxième voie qu'on choisissait à cause des jardins suspendus, le clapotis de l'eau sur le quai du Port, les vieilles marches qui montent vers la cathédrale, la place du marché et Belgodère et ses paniers en osier.
Après ils sont passés de l'autre côté de la ville. On venait donc moins souvent de ce côté-là. La plupart du temps sur la place Saint-Nicolas à siroter un café ou l'éternel chocolat, à lire le journal, à prendre ou perdre le temps. J'ai un doute tout à coup sur le nom de ce café. Le "Napoléon" me revient facilement en mémoire, mais finalement j'y allais peu là-bas. Comment s'appelait-il ce café aux devantures en bois ? C'est le trou de mémoire. Le central ?
J'aime cette ville. J'y suis étranger et pourtant j'ai l'impression de la comprendre. Les touristes y débarquent pour mieux la quitter et envahir les plaines, ou plus rarement les montagnes.
Cela fait trop longtemps que je n'y suis pas retourné.