lundi, avril 18, 2005

p.l.u.i.e.

Le Sacré Cœur n’a manifestement pas été conçu pour la pluie (dans le sang), on le dirait sale, moucheté, une Vierge bien portante (joufflue), en after, se traînant dans la poussière à la recherche de sa dernière pilule. Ne la retrouvant pas, évidemment (le « mystère »). La scène semble scotchée sur la vitre, posée dans un paysage qui devient alors maquette. (Frisson en pensant aux gros doigts qui pourraient les animer – encore un résidu panthéiste.) Ma théorie se confirmerait (explication de la nécessité du monde) : c’est un décor et nous sommes tous de potentiels figurants pour L’Attaque du pot-au-feu géant, l’adaptation française d’un chez d’œuvre du cinéma grec : L’Attaque de la moussaka géante. Marionnettes qui disent oui, non, peut-être (surtout oui, surtout non, surtout peut-être, ça dépend des jours, oui, non, peut-être en une combinaison infinie). Monuments, histoire. Vêtements extravagants, sentiments. Et des flots de nourriture perverse. Tués par une moussaka, une choucroute, une paella, un bo-bun, un donnut... C’est absurde et c’est bien fait – na ! (Deux ex machina)

1 commentaire:

Pierre Ménard a dit…

A force d'espérer vers quelque chose, vers quelqu'un. Des ciseaux pour couper des images d'un film où elles sont en sommeil, clandestines. Ce qui a lieu entre-deux, dans ce raccord. "On appelle ça "commuter " le film continue et le spectateur ne s'aperçoit de rien." Les images viennent de la fiction du cinéma. Pour couper cadrer suffit. Les fantômes à venir par l'intermédiaire de brèches dans le récit, à partir d'une fente, construction lente d'un rapport à soi.
"Les espaces négatifs sont les espaces entre les objets, dans une représentation quelconque."

L'intrigue épaissit au fil des pages, un peu comme une béchamel sur le feu. Sous le sceau du secret et de la nostalgie. Pièce de puzzle, selon notre récit. Le cinéma prolonge cet émerveillement narratif de l'enfance. Rien ne se perd, tout se transforme. Mais il a fallu recommencer à chercher. A la fin c'est toujours pareil, dans les mots qui battent.