Post Kamini (version sud)
Z'imaginez que j'ai passé toutes mes vacances d'été dans un village près Millau de 8 à 16 ans ? (& j'ai une affection modérée pour le fromage fondu)...
par
Laure Limongi
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3:58 PM
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Are you talking to me?
Libellés : autofiction, aveyron, intime, millau

… Franchement, j’envie Berlol et sa discipline quotidienne. Mais je ne me vois pas l’appliquer à ma pomme. J’aurais sans doute trop peur que mon journal dessine une cartographie limpide de névroses complexes (bus/boulot/sport/sancerre/broco(lis)/murratis…) & voir débarquer des gens en blouse blanche, un de ces quatre, pour une longue longue cure de sommeil chimique visant à décoller la pulpe des TOC et à strip teaser les phobies. (Parce que non seulement la France se lève tôt maintenant, messieurs dames, mais elle est efficace. Les grincements dans la tête, ça ruine la productivité, c’est bien connu.) Et puis j’aime trop le secret, tout simplement. (Laure Limongi, élevée à l’omerta.) De toute façon, d’une part, je n’ai pas le choix (raconter les coulisses du livre, ça mettrait tout le monde sous Xanax, je crois) et de l’autre, pas vraiment le goût de l’exhib – plus exactement, j’ai du mal à en voir l’intérêt me concernant alors que je trouve que ça tient très bien chez C.A. (mais arrête avec ton obsession du poids – dit-elle, ex anorexique anonyme dysmorphophobe… hum…), par exemple, ou chez Berlol justement (un blog généreux, à la fois sushis sous le soleil et herméneutique sans tic), ou encore Barbara Vidal – hélas un peu silencieuse ces derniers temps (oh, Limongi, t’es gonflée, tu postes tous les 36 du mois !)
Restent donc les lectures (quand laureli le permet, tyran ! c’est-à-dire de moins en moins, zavez remarqué vous aussi ?) et les reliefs. Par exemple, aujourd’hui – hey, c’est dimanche !
Les draps sont aubergine (avec des espèce de rayures indescriptibles, des taies d’oreiller évidemment pas assorties – so chic ! – et une odeur d’huile essentielle de lavande bio parce que c’est bien pour dormir, qu’ils disent (comment ça, ça fait mamie ?) Ça marche encore mieux avec une bonne poignée d’Euphytose si on ne s’étouffe pas avec – recette du jour) et j’ai découvert récemment la passion du chat pour les Sveltesse à la pistache. Une passion dévorante, assez comique (un persan roux qui se rue sur un truc verdâtre sans rien, vraiment, à l’intérieur – ni sucre, ni gras – c’est presque un épisode de Star Trek) lui qui réclame si peu, habituellement. Avec Lucille, se souvenant de laps oisifs, livres étalés sur les draps, assez lointains à présent, on s’écrivait (aujourd’hui) qu’il devient de plus en plus ardu de se ménager des espaces sereins de lecture. De la disponibilité mentale pépére et de la délectation. Du plaisir sans notion d’utilité (note de lecture) ou de stress (quotidien parasite). La faute à quoi ? Bien sûr aux autres activités (ben ouais, un peu, les écrans, quand même, et puis la vie, l’amour, la mort), au stress social, sans doute, surtout – comme il faut s’agiter pour ne pas mourir, ce qu’il ne faut pas inventer pour tenir quand on brasse des voiles, des choses pas commerciales. J’en suis déjà à ma deuxième théière de Tamaryogusha Impérial (j’adore) et je n’aime pas la pluie (non). Voilà enfin une certitude. J’aime le thé, pas la pluie. Et j’ai peur des orages. Pourtant, il y a des jours où je peux aimer la pluie, la musique de la pluie surtout. Bon, d’accord, pas de certitude (si, le thé). Ça fait trois semaines que je me dis qu’il faut que j’aille au Sympa Barbès un samedi matin avec Fanette et/ou Claire (le clan du 18e) et puis entre grasses matinées (comas de survie, plutôt) et sport, je loupe le coche. Mais j’y arriverai un jour, j’y arriverai. J'ai des courbatures (sport justement), les triceps qui tremblotent à vide, les pauvres. Est-ce que je vais aller acheter un poulet rôti ? Non, j’ai la flemme, il pleut et j’ai du taf. Le paresseux est un animal formidable qui dort 22 heures par jour. J’aime le paresseux. Restant dans la position qu’on connaît bien, accroché à son arbre. Son pelage est vert car occupé d’algues et de symbiotes chlorophylliens, bref, de plantasses qui poussent sur lui tellement il est immobile et ne songe pas à les déloger (zavez-vu son sourire aussi ? crème d’animal, va). Et quand le paresseux meurt, c’est généralement (statistiquement) pendu à une branche, dans la position du sommeil qui est sa vie. La jungle, autour, ne s’en rend compte que lorsque la pesanteur du corps devient plus lourde et commence à sentir. Manifestement. Jusqu’à ce que le paresseux ne soit plus qu’une peluche disloquée débarrassée de sa branche par un coup de vent ou un charognard.
That’s all folks !
par
Laure Limongi
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10:44 AM
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Are you talking to me?
Libellés : autofiction, blog meta
Moi aussi, comme tout le monde, aujourd’hui, je ressens une vieille boule à l’estomac comme le jour des examens de piano, des résultats du Bac, de ceux de Normal, des scanners, des agonies, bref, là où il y a échéance et cancer ou possibilité de cancer – vive la France.
Je me sens très vieille tout d’un coup, à 31 ans.
Lorsque j’en avais 4, ma mère m’apprenait des chants russes – en russe – qu’on lui apprenait aux jeunesses communistes pendant l’après-guerre (et ma grand-mère paternelle les prières en latin, mais ce grand écart donnera sans doute lieu à un prochain chapitre). Même si elle avait fini par faire bouffer sa carte au directeur régional du Parti – on est un peu claustro et on a un certain caractère dans la famille – elle portait des valeurs de gauche réelles, éthiques, immuables, se traduisant dans sa vie de tous les jours et dans ses choix. 1981: génération Mitterand. Quand même, génération Mitterand, quoi. Tout le monde la rose à la main, hop, aurore socialiste. Culture le vent en poupe. Bon, 2002, séisme, on n’y revient pas ou je retourne vomir. Le Front National qui passe au premier tour d’une élection présidentielle, même dans mes pires cauchemars… Et là, en si peu de temps, à la fois très abruptement et à travers des stades, des infléchissements complètement repérables (c’est notre très grande faute), on n’a plus qu’à chercher où peut bien se loger la gauche. Ouh ouh ! la gauche ! Où es-tu ? Soulevez les pots de fleurs, les serviettes de plages, les tables de bistrot, mais trouvez-là, bordel, ça a urgé, donc, ça urge. Ça urgera. Je parle d’une gauche existant dans le monde réel et capable de fédérer les citoyens de gauche de ce pays. Non c’est pas le dahu, je suis sûre que ça existe, que ça peut se construire, cherchons encore. On dit droite/gauche c’est une invention française. Peut-être. Et alors ? Les conséquences historiques, c’est pas pour les chiens. Une « démocratie » droite/droite, d’où que vienne l’invention. (Pourquoi pas 60 % d’obèses et bouffer des burgers, aussi, tant qu'on y est ? Après on construit des tours partout, hop…)
Bon, en attendant qu’on trouve notre gauche – on va y arriver, c’est comme en boxe, un peu de motivation et d’entraînement –, va falloir se contenter de celle qu’on a aujourd’hui même. Là, maintenant, tout de suite. Français, toujours un effort. Haut les cœurs !
par
Laure Limongi
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1:27 PM
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Libellés : autofiction, politique, svpvotezàgaucheouonestdanslamerde
… Pire que les ours. Les ours se délectent à trouver du miel et à le digérer d’un bon sommeil. Moi, juste, je cours derrière les trains, et le plus balèze, c’est que j’arrive, la plupart du temps, à les rattraper, à lancer mon bras loin devant moi et à m’y hisser. Le poignet ne cède pas et l’épaule joue son rôle de bonne épaule solide qui fait axe au corps tout entier. Ce n'est presque plus une épaule de fille. Les frayeurs permanentes du y arrivera, y arrivera pas, si. Du : oh mon dieu, je suis un tout tout tout petit point dans la mer ! si. Ouf. Mais pour une fois, tiens, je fais ours et me délecte de la fierté laureli. Depuis hier, on peut trouver maternA d’Hélène Bessette et Ouestern de Claire Guezengar en librairie. Hier, Claire signait son livre dans la remarquable librairie de Michèle Ignazi, rue de Jouy à Paris devant une cohue enthousiaste de lecteurs vraiment impressionnante. La foule, l’orage, recette de syncope. Et se dire que ça y est, 6 titres, le suivi des auteurs, l’attente impatiente du deuxième livre, ça y est, ça existe vraiment laureli. À force de travailler au plus près des textes, dans l’urgence de chaque journée, un bout de cerveau absorbé par mon travail d’écriture, aussi, quand même, un peu, j’avais oublié de prendre ce recul-là. Le temps, non de la satisfaction (quel mot replet) mais du bonheur de ce qu’on fait. Car je crois beaucoup au bonheur.
par
Laure Limongi
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9:12 PM
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Libellés : autofiction, la vie l'amour la mort, laureli
... La question du jour – personnelle, cela va de soi – c’est celle du flux de l’écriture. Y a t-il une possibilité d’écriture en dehors de ce mouvement, répété, dont on ne contrôle évidemment pas tout, voire pas grand chose, matière à trier. Matière dont on s’étonne parfois, après coup. Éléments à recomposer. Le flux, donc, et la possibilité de le laisser s’amorcer, tout simplement, dans l’histoire. Son histoire. Comment le gérer. Comment concilier ça avec une vie dans laquelle ya plein d’autres trucs qui traînent, voire se lovent, en dévorant des heures, des jours, des mois, des années. Est-ce, seulement conciliable ? Que faire lorsque la machine s’emballe et que ça crie tout le temps, dans la tête, dans un accelerando vertigineux ? On fait quoi, dans ces moments-là, quand on n’a pas l’ordinateur sur le ventre ? On fait quoi dans ces cas-là quand on est dans le bus écrasé de fatigue, face au banquier (pitié, pas d'action regrettable), écopant une tâche assommante, se coltinant des névroses extérieures, écoutant s’écouler la vie comme un robinet mal fermé ? Et on fait quoi, au final, des raisons qu’on se donne pour se laisser vivre ça et s’y complaire ?...
par
Laure Limongi
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9:32 PM
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Are you talking to me?
Libellés : autofiction, question
… Mea culpa, rougelarsenrose, mea maxima culpa. J’ai oublié mon cerveau quelque part dans le disque dur de mon ordi pro, je suis à la bourre absolument – mais alors absolument – sur tout (livres en cours, laureli, textes en revues, critiques, musique, cours de danse, brossage du chat…) ce qui ne m’a pas empêché de faire une nuit involontaire de 14 heures (hé ouais) la semaine dernière, en écroulement type méduse fondant sur une plage au soleil, j’ai une bonne dizaine de dîners de retard à cuisiner pour mes amis (et pourtant plein de recettes fabuleuses), j’ai oublié la notion de sortie nocturne (sor… quoi ?) mais faut pas le dire, hein, largué des saisons entières de séries télé, dû oublier de répondre à pas mal d’emails (désolée), je vis au milieu de piles de livres à lire et de fringues à plier (je n’ai jamais rien à me mettre, de toute façon) mais j’ai rangé les chaussures, faut pas déconner avec ça (enfin, je les ai jetées en bas de l'armoire à peu près par paires) et comme j’ai pas eu le temps de faire les courses, je pense attaquer ce soir la boîte de pois chiches qui s’était planquée au fond du placard avec un vieux fond d’huile d’olive et ptêtre même un soupçon de persil lyophilisé hummmmm… Inutile, donc, de penser profiter du soleil Pascal. Ah, pourtant, les pelouses de La Villette… C’est n’importe quoi tout ça, je sais, merci bien. Un jour, quand je serai vieille, j’aurais les cheveux très courts et la pommette plus saillante encore, je serai habillée en violet et orange, je siroterai du thé vert face à un soleil levant sur une terrasse devant une forêt d’eucalyptus menant à la mer. Yaura des chats, un Steinway toujours accordé malgré l’humidité ambiante, ma bibliothèque sera classée, oui, rangée, classée, ma discothèque aussi – non, ça c’est un idéal d’après la mort, forcément ; si un au-delà existait, ma bibliothèque y serait rangée… – et mes enfants auront la bonne idée de ne pas m’envoyer mes petits-enfants pour les vacances « parce qu’il faut que mamie finisse son prochain livre peinarde ». Merci mes chéris. Lui, il sera en train de pêcher le loup du repas midi (ben ouais, quoi, c’est une projection fantasmatique, je peux tout me permettre, même d’imaginer mon homme de 80 ans pêchant un loup à 7 heures du mat’…) ou alors, plus vraisemblablement, OK, il reviendra du marché à midi avec le journal sous le bras. Ah, et puis pendant ce temps, fort loin de cette plage tranquille, les éditeurs de littérature auront un taux de retour global inférieur à 30% ce qui veut dire qu’il existera un lectorat permettant à tous les jeunes auteurs de publier, d’être largement chroniqués par la presse, suivis par leur éditeur dans le temps de l’écriture. Et de vivre.
J’ai fait un rêve (un vrai, cette fois) dans lequel la rue dans laquelle je bosse se trouvait en pleine cambrousse du genre Auvergne. Avec de grandes étendues herbues et boueuses, qu’étrangement, j’appréciais (parce que la gadoue, euh, bof bof) comme s’il s’agissait d’un vert paradis. Je dévalais les pentes avec un grand sourire façon générique de La Petite Maison dans la Prairie (mais sans robe hideuse, siouplaît) avant d’envoyer l’intérieur de maternA à l’impression. Anton, le chien d’une de mes collègues participant (dans la vraie vie) activement à nos activités professionnelles, se trouvait là et dirigeait des moutons, avec Julia, justement, mâchonnant un brin d’herbe, des corrections dans son panier. Florent, quant à lui, s’occupait des vaches (je m’excuse Florent, c’est un rêve, hein) en attendant un auteur de La Revue, LaureMa découpait des tomates du jardin dans la cuisine entre deux maquettes et Céline bronzait parce qu’elle avait fini tout son boulot super en avance. Julie lisait Le Matricule des Anges puis me prenait la main dans une espèce d’euphorie de fête. On attendait Bernard qui n’avait pas trouvé la route – le sentier, faut dire. Bref, c’était un peu La Ferme de l’Édition. Comment ça vous pensez que je suis vraiment surmenée, docteur ?...
par
Laure Limongi
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12:27 PM
6
Are you talking to me?
Libellés : autofiction, blog meta, hélène bessette, léo scheer, rêve
Il n’a jamais pu les manger lorsque le côté rouge était face à lui, visible. Même en le retournant. Une fois que le côté rouge était vu, une seule fois, même du coin de l’œil, c’en était fini. Plat jeté. Malgré le diktat de la politesse. Plus fort que le diktat de la politesse. Un vieux souvenir des Malheurs de Sophie. Ou l’obscénité manifestée. Ou le sang. Ou la messe. Ou. Réponse chez l’analyste. Même pas. Quelle que soient la sauce ou la circonstance, dès que le rouge se brandissait sur fond porcelaine, le poisson était jeté. Quel que soit. Gouverné par Neptune, etc. Et selon les jours ou les heures, mon père m’appelait Biche ou Pinochet. Rien à voir. Puisque tout y était bleu. Salon, ciel, chemise, mer, tapisserie et même les veines, de l’extérieur, sur les bras des vieux. Mais quand même. Il fait partie de la triplicité irrationnelle par excellence. (C’est un père). Il symbolise l'homme parvenu à une phase d'illumination qui est l'état de conscience réfléchie au plus haut degré, impliquant aussi l'imagination que l'intuition ainsi que la raison nécessaire à l'expression. (Ça, c’est l’Astrologue inspiré – dit-il – et recopié :
De type lymphatique, correspondant à l'élément eau (froid et humide), le natif du Poisson se distingue par sa nature émotive, sensible, timide et réceptive, ce qui le rend très perméable aux conditions environnantes. Indulgent et bon, il manifeste une peur étrange de s'engager positivement sur le sentier de la vie de sorte qu'il est souvent considéré comme un être dépourvu d'initiative et d'autocontrôle. Se protégeant maladroitement, enfoui dans les profondeurs d'un monde intérieur, il savoure avec extase les moindres rêves et les plus infimes pensées émises par sa raison.
Ouais ouais ouais
Les lèvres sont plus minces, moins solides. La nageoire caudale est moins forte et moins échancrée.
Il faut en manger au moins deux fois par semaines selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).
Bien enlever les arêtes. Réserver.
Colorer le tout.
Mais il n’a jamais pu manger un rouget dont le rouge était visible. Avait été visible. Un rouget qui manifeste sa rougeur, sa surface. Qui dirait que le dehors n’est pas comme le dedans. Le rouge devait rester coller à l’assiette, recouvert de la substance gélatineuse qui le rattache à la chair blanche. Il pouvait décoller délicatement la chair et la manger du moment que le rouge restait masqué, hermétiquement lové à la faïence.
Réserver.
Colorer.
Les Babyloniens décrivaient la constellation comme composée de deux poissons poussant un œuf géant. La mythologie grecque veut que ces poissons soient les formes assumées par Aphrodite et Éros poursuivis par le monstre Typhon. Ils auraient relié leurs queues avec de la corde afin de ne pas se séparer.
C’est une constellation difficilement visible, faible.
Deux être dérisoires qui poussent un œuf géant qui est censé être la vie. Dribler les prédateurs. Avancer. Enfin, entre Bélier & Verseau. Aux frontières.
Pour reconnaître le Poisson, vous n'avez qu'à remarquer sa taille petite, son corps flasque et donnant l'impression de manquer de forces récupératrices. Le teint est généralement pâle, son visage est animé d'yeux bleus humides sortant parfois de l'orbite et baignant dans un voile larmoyant.
(C’est l’Astrologue inspiré. Et ses gants rouges.)
Ben voyons.
Enfin le 21 février 1976, c’était surtout un jour décisif pour le Tournoi des Cinq Nations. Victoire du Pays de Galle contre l’Irlande à Dublin (34-9). Victoire de l’Écosse contre l’Angleterre à Édimburg (22-12).
Malgré le diktat de la politesse.
Mais le maillot du Pays de Galle est rouge.
Deux personnages, brûlants, incandescents, poursuivis par un monstre. Avant de finir la bouteille d’Ambroisie, après la victoire (ellipse chaste).
Hé, Typhon c’était jamais que le père de Cerbère, brave toutou, va.
Arrosons ça.
Avec un petit panier et un petit pot de beurre de la vache UHT, à conserver à + 8° C maxi dans la forêt.
Le rouge est mis (ami)
Mais tu sais bien, dis,
Comment c'est.
D’ailleurs, Alrisha n’est pas l’étoile la plus brillante mais elle est la première. Et surtout, elle relie.
Tirer la chevillette.
Pour ne pas se séparer.
Doté d'une inépuisable imagination et d'une réceptivité magnétique, le natif du Poisson dévore instinctivement toute connaissance pour montrer à tous, le fruit de ses explorations. Que vous avez de grands bras ! Pourvu de deux natures très distinctes, il vibre positivement ou négativement selon ses dispositions orientées par son éducation dès sa plus tendre enfance. Que vous avez de grandes dents ! Optant pour la vie la plus aisée, se laissant bercer par ses rêves et illusions, il prend la forme d'un être influençable et impressionnable dominé par ses élans de passion chimérique, et se complaît à vivre dans toutes formes d'abus, ce qui l'entraîne dans un monde à part et le plonge dans les plus basses déchéances du monde interlope.
Ouais ouais ouais
Interlope ta sœur.
Et la bobinette.
Et c’est quoi ton signe à toi, monsieur ?
Taureau ascendant Bélier, Balance en signe lunaire, c'est ça ?
Et tu sors de chez le coiffeur, aussi ?
Au fait, l’ascendant ?
C’est essentiel ça, l’ascendant.
Ça pourrait nous tirer d’affaire.
‘ connais pas l’heure.
‘ sais juste que c’était pendant un match du Tournoi des Cinq Nations, heure d’hiver.
Début d’aprèm’, quoi.
Bref, ça a emmerdé tout le monde entre deux mêlées ouvertes. Les médecins, les parents, les infirmières.
De toute façon, la dernière fois que j’ai calculé, approximativement, l’ascendant était Cancer et c’était encore pire.
Noyé dans le bleu.
Noyé.
Bon, et il est censé faire quoi de sa vie, le Poisson ?
Grâce à sa grande sensibilité et à son émotivité, ce mystérieux personnage se voit dans l'impossibilité de tolérer les souffrances humaines et se doit d'alléger autrui de son sort en exerçant talentueusement des métiers comme organisateur d'institutions charitables ou d'œuvres sociales, médecins, psychologue, infirmier, geôlier ou même religieux.
Le rouge ami,
C'est jamais comme on croyait.
C’est comme cela que je conçois de porter un costume, avec un petit côté vicieux.
(Attaché).
(Les poissons nageant sur fond de lavabo ont été trouvé sur le blog de Arille Couleur De Pie, merci !)
par
Laure Limongi
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12:07 AM
8
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Libellés : anniversaire, autofiction, poisson
Ça se passe en Corse, je crois que c’est Villa L’Alcyon (la maison dans laquelle je suis née).
Je travaille, apparemment, pour mon père.
Ou dans une organisation que dirige mon père.
Un truc mafieux, quoi.
Ma mission consiste à assassiner une jeune femme blonde, très belle, carré court, yeux bleus. Elle a un bébé à ses pieds. Ou plutôt un petit enfant de deux ou trois ans. Tout blond. Il y a une histoire de parole. Je ne sais pas si elle n’a pas parlé ou si elle en a trop dit. Elle est assise sur une chaise, sereine. L’enfant est sage, contre sa jambe. Il me semble que c’est dans le salon du rez-de-chaussée, avec la lumière qui entre et illumine son visage, on y lit le mouvement des plantes du jardin balancées par la brise de mer. Mimosa, kaki, figuier. Jusqu’au déplacement des nuages dans le ciel. Très bleu. Je suis censée lui briser la nuque, d’un coup sec, en tournant sa tête sur la gauche.
Et là je ne peux pas. Je la regarde, je regarde l’enfant et je tourne les talons.
(Pourtant cette mission semble supposer que j’en ai effectué d’autres du même genre).
Je vais voir mon père et je lui dis « je ne peux pas, c’est ma responsabilité, je ne peux pas faire ça ».
Je fais un choix, face à lui, contre lui.
Bizarrement, pas de réaction (la statue est pesante et immobile).
Les conséquences arrivent très vite, je dois fuir. Je suppose que le reste de la bande va m’éliminer.
Je rassemble donc en hâte quelques affaires dans ce qui était ma chambre à Bastia, au premier étage, et je dis à ma grand-mère de veiller sur le reste, sur ma bibliothèque, sur mon piano. « Je te fais confiance ». Elle me soutient en silence. Je dévale les escaliers – nombreux.
En fait je ne fuis pas, je pars. Sans peur.
par
Laure Limongi
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11:54 AM
1 Are you talking to me?
Libellés : autofiction, corse, rêve

… En ces temps d’Avent, de gaffes diplomatiques, de rumeurs de qui-couche-avec-qui-et-dans-quel-camp, de photos de presse rivalisant d’air canaille et de tailleur gentiment sexy. Toujours du mal à s’imaginer avec une carte d’électeur à la main. Mais que faire d’autres ? Même quand plus rien n’est vraiment latéralisé. Et même si l’opposition droite/gauche est une invention française – fortuite. Même quand on traque les différences de programmes, en vain. (Ah oui, c’est vrai, quels programmes ?) Le souvenir du père assesseur (quelle blague) et des machines à voter – censés empêcher les fraudes. On remplit les urnes, on les jette à la mer et après c’est le plus fort qui gagne. Je préférais l’odeur de poussière des rideaux de l’isoloir mais la machine à voter me permettait, haute comme deux ou trois pommes et avant l’âge requis de formuler une voix communiste (mythe maternel, voir photo) à la place de ma grand-mère qui aurait aggravé l’avancée du front-national – et qui, ne comprenant rien aux boutons de la machine, me laissait appuyer à sa place…
par
Laure Limongi
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3:40 PM
0
Are you talking to me?
Libellés : autofiction, maman, politique
En rangs, deux par deux...
… 1- Je n'aime les huîtres que depuis deux ans au prix de gros efforts (récompensés).
2- Je m’appelle Anne-Laure (Louise Marie) – mais je l’avais déjà dit.
3- Je vis de gros problèmes d’inscriptions dans le réel sous le masque d’activités débordantes et de rangements aussi pulsionnels que vains – classique & jamais cru – ouais, ouais, ouais.
4- Lorsque j’avais 5 ans, je voulais me marier avec un garçon nommé Marc, une espèce de blondinet à mèche et peau mate qui en avait 17 à l’époque, portait des jeans neige et des Adidas blanches Stan Smith à scratch. Je travaillais mes futures qualités de femme au foyer en regardant Ma Sorcière bien-aimée. J’étais en concurrence avec une petite fille de 6 ans, nommée Catherine, d'un physique très différent, plus grande, plus ronde, plus châtain, aux lèvres charnues. J’avais donc organisé un strict partage des tâches (il en reste peu de traces tout comme de blondinets à mèche).
5- J’aime faire les choses pour les gens que j’aime (polysémique), pas pour ma pomme (résidu méditerranéen ?) – cela ne concerne évidemment pas les objets esthétiques (et c’est sans doute, aussi, une forme perverse de narcissisme)…
(+ quelques redites & compléments - parfois obsolètes - dans coming-in).
par
Laure Limongi
:
6:44 PM
1 Are you talking to me?
Libellés : autofiction, blog meta, enfance, intime
… en amont de cette table-ronde à la BNF, je m’étais penchée sur cette question épineuse de l’intime – comme le souligne très bien Patrick Rebollar dans son intervention en parlant d’ « effets d’intime » à défaut de traquer de l’intime pur jus – dans rougelarsenrose qui, justement, déjoue sans cesse cette question par une ouverture permanente vers des matériaux extérieurs à la débauche de je et de moi…
Dans la mesure où, comme on l'a compris, ceux qui n’en auront pas été gavés sont un peu restés sur leur faim jeudi dernier, voici – après quelques hésitations – le brouillon de mes réflexions. La cause génératrice n’en est que le prétexte, finalement. Je me suis dit que ces quelques notes descriptives et désorganisées pourraient fonctionner comme une sorte de plan (évidemment lacunaire et déjà obsolète…) au sein de l’organisation temporelle du blog, un miroir de son activité.
La lassitude du moi, l’absence de partage, de lecture, de retour m’avait toujours fait abandonner mes projets de journaux au bout de quelques semaines ou quelques mois… Mais la méfiance envers la surabondance narcissique cache justement un désir égotiste de cerner et exposer ce moi – dans ses diverses facettes. Cette résolution-ci se poursuit donc depuis presque 2 ans à présent, justement grâce à la diffusion de l’outil (et la pression qu’elle engendre).
L’écriture de mes quelques brèves tentatives de journal diffère beaucoup de l’écriture de mon blog. Elle est moins écrite, plus épanchée – plus désagréable à relire, avec du recul (d’ailleurs je crois que la plupart des tentatives ont fini à la corbeille). C’est un instantané clinique ayant fonction cathartique.
En revanche, ROUGELARSENROSE se veut un objet plus complexe, développant plusieurs axes :
a- les notes de lecture : un journal littéraire
b- l’intime : forcément , inévitablement…
c- une écriture en parallèle de l’écriture (complémentaire ? pivot ?)
d- un horizon musical
e- les liens hypertextes (les voyages transversaux)
f- les possibilités multimédias
a- les notes de lecture : un journal littéraire :
ROUGELARSENROSE est, avant tout, un journal de lectures. Un lieu d’exposition de textes lus, soit par le biais de citations plus ou moins longues, soit par celui de textes de commentaire sur ces ouvrages – souvent, le commentaire succède aux citations selon le rythme même de la découverte du livre.
Je ne me dis pas, professionnellement, « critique littéraire » (ça m’est arrivé lors de quelques moments d’abois Assedics… j’avoue… ça ne les a d’ailleurs guère résolus…), même s’il m’arrive d’écrire dans certaines revues critiques. Donner à lire sur mon blog gratuitement, sans enjeu de pouvoir, des textes sur des textes me semble constituer l’acte le plus « intime » de ce blog… : une lecture, en temps réel, d’une impression de lecture. Un portrait diffracté de mes goûts et découvertes littéraires.
Mais surtout, les livres dont je parle forment une constellation signifiante dans le sens de la défense d’une littérature exigeante, se posant des questions, en posant au lecteur, déstabilisant, dérangeant, comme le « LARSEN » du titre du blog : un bruit, un souffle, une vibration, un cri dans le flot des mélodies sirupeuses. Une littérature polémique et non consensuelle. ROUGELARSENROSE se voudrait un « vaisseau » de partage d’informations et de déstabilisation formelle.
On peut donc dire que ce blog fait partie intégrante de mes autres œuvres écrites, construisant un monde, un horizon formel.
Un « art bloggeur » (comme on dit « art poétique ») développé, par exemple, dans ce post du 30 décembre 2005.
En guise de carte de la constellation, voici un relevé (évidemment déjà obsolète dès sa publication…) des textes « critiques » publiés sur le blog :
Sur Anne-Marie Albiach : sur Figuration de l’image (27/04/05), un extrait d’Anawratha (08/03/06), un autre extrait d’Anawratha (30/11/06)
Glitter Lester, sur les livres de Lester Bangs (20/05/05) et sur Lester Bangs en général (18/02/06)…
Sur Georges Hassoméris (01/06/05)
Extrait de Chroniques des quais de David Wojnarowicz (30/07/05)
Sur Volume de Orion Scohy (26/07/05)
Sur Yapou bétail humain volume 1 de Shozo Numa (20/09/05) et sur le Prix Sade attribué à ce livre (18/11/06)
Sur Charles Pennequin (05/09/05)
Sur le Journal de mes sons de Pierre Henry (16/10/05)
Sur Star Trek, la série originale – Hé ouais (16/11/05) et sur les séries télé en général (08/04/06)
Sur R. de Céline Minard (02/11/05) puis sur La Manadologie, du même auteur, ici (découverte, 01/04/06) et là (commentaire, 19/04/06), puis annonce de son livre Le dernier monde
Citations du Manifeste contra-sexuel de Beatriz Preciado (08/12/05)
Sur Éric Meunié, citation d’Auto mobile fiction (09/12/05), texte sur le même livre (22/12/05), citation de Poésie complète d’Éric Meunié,et citations croisées avec Comment faire disparaître la terre ? d’Emmanuel Pireyre (31/12/05)
Citation de L’Éternel retour de Michel Surya (10/12/05) puis commentaire (06/12/06)
Sur le travail de bande-dessinée réalisé par Jean-Jacques Rabu avec son personnage Fat Punky – scénarios Emmanuel Rabu (07/01/06)
Sur Gilles Barbier, plasticien (12/01/06).
Sur Oswaldo Gonzalez, photographe (17/01/06)
Sur Kathy Acker : extrait de La vie enfantine de la tarentule noire par la tarentule noire (19/01/06), extraits de Grandes espérances (16/07/06), sur Grandes espérances (25/08/06)
Sur un dessin de Béatrice Cussol (25/01/06)
Citation d’un texte de Daniel Foucard paru dans la revue Inculte 8 (26/01/06)
Citation de Millénaire mode d’emploi de J.G. Ballard (08/02/06) puis sur le même livre (26/03/06)
Citations de Mobiles de Vannina Maestri (10/02/06)
Citations de Christophe (le chanteur), 25/02/06
Citations d’Hélène Bessette : Ida ou le délire le 05/03/06,, Garance rose le 16/03/06, maternA le 10/06/06, Suite Suisse, le 26/11/06
Sur « Page 48 », un blog de Pierre Ménard & citation de la p. 48 de Roses & Poireau de Arno Schmidt, (12/03/06) puis sur Goethe et un de ses admirateurs de Arno Schmidt (01/05/06)
Sur L’argent, l’urgence de Louise Desbrusses (14/03/06)
Sur le site Coming-in créé par Stéphane Bérard (25/03/06)
Sur À vif de Jean-Paul Curnier (25/04/06)
Citations de Cavale de Nathalie Quintane (09/05/06) et commentaire (21/05/06)
Sur Henry Darger (26/05/06)
Sur Clément Rosset (16/06/06)
Sur et citations de Bardadrac de Gérard Genette (20/06/06)
Sur l’audioblog de Emmanuel Rabu & Sylvain Courtoux, confusion is text (17/09/06)
Sur Billy The Kid de Luc Moullet (21/09/06)
Poésie cœur de cible : lettre-vidéo à Julien Blaine (06/10/06)
Sur King Kong théorie de Virginie Despentes (11/10/06)
Sur Joël Hubaut, Re-mix épidémik Esthétique de la dispersion (29/10/06)
Extrait du Journal de Kurt Cobain (01/11/06)
Sur Matachine de Bruno Lemoine (01/11/06)
Sur l’opéra de Sylvain Courtoux : Vie et mort d’un poète de merde (03/11/06)
Sur la revue franco-allemande La Mer Gelée (04/11/06)
Ali G, vidéos, notamment avec Noam Chomsky (05/11/06)
Extraits de Attaques sur le chemin, le soir, dans la neige d’Alban Lefranc (12/11/06)
Sur C’est mon vocabulaire qui m’a fait ça (traduction Éric Suchère, préface Nathalie Quintane) de Jack Spicer (20/11/06)
b- l’intime :
La subjectivité, l’intime n’apparaissent évidemment pas seulement à travers le prisme des notes critiques. Le blog est l’occasion d’un jeu de cache-cache avec les lecteurs à travers la dissémination d’informations personnelles et factuelles, la présence des photos et autoportraits ainsi que quelques private jokes se tentant polysémiques – ne recelant pas un simple intérêt to the happy few, du moins je l’espère (exemple le titre de post « love your enemiEs » le 4 septembre 2005 – avec le « e » majuscule de sa destinataire – qui parle en fait de la musique de Daniel Johnston ou encore on se calme et on boit frais le 15 septembre 2005, commentant le terme « poétesse » – suite à cette dénomination qui m’avait été donné dans un article de Libé – ou encore « message personnel » le 22 novembre 2005, à la fois chanson de Françoise Hardy… et message personnel…)
« Même si c’est vrai c’est faux » écrit Henri Michaux dans Plume.
L’intime est subrepticement dévoilé, avant d’être caché derrière autre chose, afin que l’on se demande sans cesse ce qui est vraiment de l’ordre de l’intime et ce qui ne l’est pas… comme ici.
Ce post est un parfait exemple de la prétérition à l’œuvre dans le blog : dire sans dire, l’effacement qui révèle, le masque transparent… L’air de rien, il dénonce nombre de mes pseudos utilisés par le passé (et dont on peut donc ainsi retrouver les productions) ainsi que mon véritable état-civil – avec tous ses prénoms de baptême.
On trouve aussi, souvent des textes frontières entre note critique et “autofiction”.
ROUGELARSENROSE recompose ainsi un journal à travers :
- le rappel des origines et des généalogies ;
- l’écriture d’états d’âmes, voire de coups de gueule ;
- la localisation géographique (les voyages, les lectures en province, etc.) ;
- la retranscription d’événements personnels (soirée, concerts, week end…) ;
- les reliefs quotidiens ;
- les posts qui s’excusent de ne pas nourrir le blog plus fréquemment en en donnant les raisons (professionnelles ou estivales) ;
- le sous-titre du blog, “versatile” = changeant, instable, susceptible d’évoluer, soumis aux fluctuations de la vie.
Outre la dissemination labyrinthique de ces informations personnelles, l’intime reside dans les photos exposées, plus particulièrement à travers la pratique de l’autoportrait.
c- une écriture en parallèle de l’écriture
ROUGELARSENROSE se développe pendant l’écriture de livres.
Le blog fait donc écho des nouvelles de publication et reflète parfois l’univers des livres, donne la circonstance de trouvailles de citations, par exemple, sans pour autant dévoiler le work in progress – jamais d’extraits destinés à être publiés, en cours d’écriture.
Par la suite, j’ai préféré séparer la fonction que l’on pourrait nommer « de communication » autour de mes propres livres de l’écriture du blog en créant deux autres interfaces, toujours blogs :
Le très explicite NARCISSOSHOW :
qui fournit ma biobibliographie ainsi que les articles de presse des articles consacrés à mes livres publiés.
Un titre cash pour un contenu qui l’est tout autant : l’exposé du je littéraire, médiatisé. Rien de très neuf, néanmoins, dans le domaine des sites personnels d’auteurs. C’est la face « pratique » du système.
Et le blog FONCTION ELVIS, créé comme une espèce de carnet d’écriture (comme on dit carnet de tournage) et de publication du livre. En retraçant certains déclics d’écritures, références, en exposant des variantes, des articles, des liens vers des émissions de radio, en montant des images iconiques, etc.
d- un horizon musical :
L’univers esthétique développé dans ROUGELARSENROSE ne s’arrête pas à la littérature mais évoque aussi la bande dessinée, les séries télé, la musique…
Ainsi la citation d’une chanson du groupe Stéréo Total, en écho et clin d’œil à un post précédent du même mois : « Nous ne sommes pas tous des romantiques allemands » ; ou encore diverses annonces d’actualités, de sorties, de concerts, etc.
Néanmoins, le blog tel que je le développe dans ROUGELARSENROSE m’a semblé limité pour faire découvrir des musiques que j’aime, tout simplement à cause d’une restriction technique : la possibilité de faire entendre des musique, en général non libre de droits.
C’est pourquoi, en ce domaine, je me suis tournée vers myspace musique, explicitement consacré aux échanges musicaux, avec l’accord des artistes.
e- les liens hypertextes (les voyages transversaux) :
ROUGELARSENROSE tente de s’inscrire dans une circulation permanente et offre donc de multiples possibilités de fuite de l’interface, à travers :
- les liens indiqués en permanence à droite du blog ; il y en a peu, néanmoins, car leur accumulation me semblait peu claire, j’ai donc créé :
- un répertoire de liens, classés par thématiques, sur delicio.us, permettant de découvrir des sites dans les domaines ou dénominations indiquées.
- enfin, souvent, les articles comportent des liens hypertextes particuliers. Comme exemple superlatif le post Pendant ce temps : chaque mot de la phrase : « Balade du dimanche » comporte un lien hypertexte.
f- les possibilités multimédias :
La possibilité de montrer des vidéos est expérimentée de manière assez acrobatique (je n’avais trouvé aucune solution automatisée, à l’époque, sur Mac) le dimanche 28 août 2005.
Cette vidéo-là montre un fragment d’espace personnel, une sorte de mémento mori un peu absurde sur fond de radio – un instantanné, donc.
De plus, il n’est pas anodin que dans ce blog pour la majorité consacré à un discours sur l’écriture, la littérature, ce soit cette petite vidéo de très basse résolution qui soit considéré comme un “moment poétique”.
Par la suite, les vidéos seront postées de façon beaucoup plus simple et spontanée depuis dailymotion ou youtube.
ROUGELARSENROSE, comme son titre, constitue une tentative de rencontre d’objectif et de subjectif.
L’objectif du LARSEN, qui surgit quand on ne l’attend pas pour troubler la mélodie.
Le subjectif du choix des couleurs, ROUGE et ROSE, des couleurs incarnées, girlies, brandies.
2- Le déplacement de l’intime ? Vers…
L’écriture !
… le même doigt qui montre la lune… ROUGELARSENROSE expose des extraits de textes autonomes, écrits en parallèle des livres. Des instantanés d’écriture.
3 - Autres détournements d’outils : la revue AMBITION, le blog UNDERGROUNDZERO
- AMBITION : une revue-blog :
Tout d’abord le titre : tout comme NARCISSOSHOW, AMBITION se voulait un titre ironique, en rapport à la prolifération d’interfaces consacrées à la diffusion, tous azimuts, d’écritures sur le web. AMBITION dit ce qu’elle dit en le disant : on veut écrire, on veut être lu et on le montre.
On ne m’a dit qu’après qu’il s’agissant aussi du titre d’une émission de Bernard Tapie dans les années 80… J’étais sans doute trop jeune pour m’en souvenir et/ou cette émission était diffusée sur l’une des chaînes qui n’était pas diffusée en Corse à cette époque-là. Bref, à chacun ses références.
AMBITION montre des travaux sur tous supports, des espèces de face B pour les artistes qui y sont invités : en général, les écrivains y montrent des vidéos, les vidéastes des textes, etc. Le dispositif d’AMBITION comprend également une interface BIOBIBLIOGRAPHIE afin d’avoir accès aux autres œuvres des artistes, ainsi qu’une rubrique LIENS IDEAUX - comme on dit « bibliothèque idéale » - chaque invité donnant une liste de sites à visiter.
Il n’est pas anodin que nombre de travaux montrés se rapportent à l’intime. Ou, tout du moins, miment un jeu autofictionnel. Par exemple, dans une certains mesure, la vidéo de Céline Minard ou le texte de Raymond Federman et celui de Lucille Calmel.
La parution de la revue est aléatoire, au rythme des friches temporelles pouvant subsister deci-delà…
- UNDERGROUNDZERO :
Ce blog détourné – à nouveau – collectait des écrits prélevés dans le métro, par-dessus l’épaule des voyageurs. Une espèce de journal objectif puisqu’il retraçait très précisément (avec mention d’heures et de stations de métro) tous mes déplacements. L’expérience s’est déroulée pendant un temps donnée, la contrainte étant difficile à tenir sur plusieurs mois sans devenir complètement obsessionnelle…
par
Laure Limongi
:
7:59 PM
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Are you talking to me?
Libellés : "critique" (= lecture-écriture), autofiction, berlol, blog, intime, ledésordre, littérature, meta
Le Sacré Cœur n’a manifestement pas été conçu pour la pluie (dans le sang), on le dirait sale, moucheté, une Vierge bien portante (joufflue), en after, se traînant dans la poussière à la recherche de sa dernière pilule. Ne la retrouvant pas, évidemment (le « mystère »). La scène semble scotchée sur la vitre, posée dans un paysage qui devient alors maquette. (Frisson en pensant aux gros doigts qui pourraient les animer – encore un résidu panthéiste.) Ma théorie se confirmerait (explication de la nécessité du monde) : c’est un décor et nous sommes tous de potentiels figurants pour L’Attaque du pot-au-feu géant, l’adaptation française d’un chez d’œuvre du cinéma grec : L’Attaque de la moussaka géante. Marionnettes qui disent oui, non, peut-être (surtout oui, surtout non, surtout peut-être, ça dépend des jours, oui, non, peut-être en une combinaison infinie). Monuments, histoire. Vêtements extravagants, sentiments. Et des flots de nourriture perverse. Tués par une moussaka, une choucroute, une paella, un bo-bun, un donnut... C’est absurde et c’est bien fait – na ! (Deux ex machina)
par
Laure Limongi
:
2:21 PM
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Are you talking to me?
Libellés : autofiction, cinéma, la vie l'amour la mort, paris