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vendredi, février 12, 2010

On est bien chez Pensées Classées

Des ptits instantannés de la soirée Daniel Foucard à la librairie Pensées Classées hier – chez qui on avait précédemment tourné une vidéo consacrée à CASSE. J’avais oublié la prothèse Mac qui me sert de Pola dans mon sac en début de soirée, et mon sac derrière le piano – eh oui, il y a même un piano chez Pensées Classées ! –, il manque donc Claro, Flore, Le Tampographe, Caroline, Claire, Anne, Frédéric, Ludovic, Johan, Vincent et autres Incultes, sans compter quelques panoramiques de la foule en délire, je n’en remercie pas moins tout ce beau monde chaleureusement car il y avait une certaine magie dans l’air.


Je vous incite, comme d’hab’, à passer faire un tour chez Pensées Classées, 9 rue Jacques Cœur à Bastoche, Paname – si c’est aujourd’hui, essayez de ne pas parler trop fort au libraire.

jeudi, janvier 28, 2010

Casse chez Pensées Classées

Non, François Morice ne s’est pas fait chourrer ses vinyles – il me fouille toujours à la sortie, je ne sais pas pourquoi… –, en revanche, il a reçu Daniel Foucard dans son trésor de librairie – dont je vous ai déjà parlé, je crois – pour un entretien, en compagnie de Kolia Litscher, graine de graphiste talentueux qui fait un stage, en ce moment, aux Éditions Léo Scheer. L’occasion d’en savoir plus sur l’évolution de l’écriture de Daniel Foucard depuis Peuplements, sur la place de l’art contemporain dans son travail – en particulier en tant que personnage principal de Casse –, sur ses « maîtres » en littérature – et « peintrie »… et bien d’autres choses qu’il vous suffit de mater en cliquant sur « play » ci-dessous si le lecteur apparaît ou bien sur le lien de la vidéo qui vous redirigera vers Dailymotion – ils sont en plein test de version béta, de toute évidence, ça bug un peu…


Daniel Foucard publie CASSE: rencontre chez Pensées Classées
envoyé par laurelit
Le morceau de musique utilisé à la fin de la vidéo est de portradium, tiré de Portradium/Paul New publié par les éditions Dasein.

Comme on a passé un sacré bon moment, on s’est dit qu’on allait vous en faire profiter en organisant une nouvelle rencontre, publique, ce coup-ci, jeudi 11 février à partir de 19 heures, toujours chez Pensées Classées. Véronique Levy et Daniel Foucard liront des extraits de Casse et l’on conversera gentiment sur le pourquoi du comment et vice versa. Et puis on picolera vaguement, hein, comme d’habitude. Si vous êtes sages, l’auteur se fendra même de quelques signatures.


Librairie Pensées Classées
9 rue Jacques Cœur
75004 Paris
Bastoche

{Cliquer sur l’image de l’invitation pour l’afficher en grand format}

samedi, décembre 19, 2009

D’un livre l’autre

Je suis censée écrire quatre textes ce week end. L’un de « création », comme on dit ; trois, « critiques », enfin, sur des livres, quoi. Le problème, c’est que j’ai le cerveau grillé comme la Tefal qu’Emmanuel a achevée à coups de banane au miel et au chocolat et qui a fini tristement ses jours dans la poubelle de la cour… M’enfin bon, on va essayer de se la jouer Jack Bauer du Word et d’y arriver. Copy that.

En parlant de 24 heures, avec Emmanuel Rabu, nous sommes en train de boucler les attributions de séries pour la « saison 2 » d’Écrivains en séries qui devrait paraître en novembre 2010. Je serai donc en mesure de vous présenter les acteurs de cette nouvelle saison très prochainement. Autant d’enthousiasme que pour les prémices du projet, c’est une sacrée chance de pouvoir orchestrer un tel projet collectif bouillonnant de talents même si ma boîte email est en train d’exploser et que ça va forcément finir en nuits blanches… J’ai hâte, aussi, de voir la couverture que va nous concocter Danny Steve.

Casse de Daniel Foucard est arrivé de l’imprimerie le 8 décembre. Et chez les destinataires du service de presse il y a une petite semaine. Thierry Rateau a fait des photos de Daniel qui confirment sa grande photogénie. Vous les verrez bientôt. (Et ça change de l’unique cliché façon tueur russe que j’avais pris en 2006 et qui ne rendait pas vraiment hommage au modèle.) J’ai l’impression que Thierry n’a pas de site Internet présentant son travail, c’est bien dommage, c’est vraiment un très bon artiste et une personne délicieuse. Il a photographié plusieurs auteurs aux Éditions, toujours il parvient à saisir leur personnalité, à mettre à l’aise les plus craintifs devant l’objectif. C’est aussi ça, être un bon photographe.

Vendredi, j’ai réalisé des cartes de vœux avec les tampons qu’a fabriqué Le Tampographe Sardon à partir d’une affiche foucardienne. J’ai maquetté le verso en XPress, rouge et cyan, Aurélie a massicoté les feuilles cartonnées A4, puis j’ai tamponné le recto en rouge d’abord, puis en cyan, afin de pouvoir laisser sécher tranquillement ce week end. Ça m’a vraiment détendue et j’ai même fini en débardeur sous les yeux ébahis d’Anne et de Florent – qui devaient se demander si j’avais pas chopé la grippe, celle qui fait peur. Ça faisait longtemps, depuis Al Dante, je crois, que je n’avais pas fait quelque chose « à l’ancienne ». Avec tous ces logiciels de mise en page et de traitement d’image, on finit par oublier le plaisir de la texture non numérique…

Je travaille à présent à la maquette de La Tour d’Hélène Bessette, avec l’aide précieuse de notre stagiaire Aurélie Carpentier – elle vérifie la saisie du texte, je lui montre comment maquetter un livre sur XPress, échange de bons procédés. C’est drôle de voir comment les gens saisissent un texte – puisque évidemment, concernant Hélène Bessette, il n’existe aucune version numérique ; et la reconnaissance de texte donne autant de boulot que la saisie… Certains font des lapsus révélateurs. D’autres surbessettisent Bessette ou, au contraire, tentent de la débessettiser en corrigeant – malgré les consignes – sa typographie volontairement hors des conventions. Il faut donc être très attentif et faire plusieurs relectures… et en profiter pour corriger les fautes qui avaient échappées aux correcteurs des années 50… J’ai demandé à Fanette Mellier – qui avait déjà créé le « A » façon gommettes de maternA – de réaliser la couverture de La Tour. Je ne l’ai pas encore vue, Fanette ayant au moins autant de boulot que moi… mais elle devrait arriver entre la bûche et la galette. Noëlle Renaude nous a fait le cadeau d’une remarquable postface, elle défend les livres d’Hélène Bessette depuis longtemps, sa passion pour son écriture, la lecture acérée qu’elle en fait, transparaissent dans son texte, avec l’élégance que ses lecteurs lui connaissent.

Tiens, une alarme ICal, façon vanité Mac, me rappelle que je dois y aller…

lundi, novembre 23, 2009

CASSE : question de fab, épisode 13

En ce moment, je travaille sur CASSE, le troisième livre de Daniel Foucard publié chez Laureli/Léo Scheer, le sixième de l’auteur après Peuplements (Al Dante, 2000), Container (Sens & Tonka, 2001), Novo (Al Dante/Éditions Léo Scheer, 2003), COLD (Laureli/Léo Scheer, 2006), CIVIL (Laureli/Léo Scheer, 2008). CASSE paraîtra le 6 janvier avec une couverture de Jean-Luc Moulène – ne vous fiez pas au brouillon de maquette qui apparaît ici. L’image sera la même, mais j’ai un peu de mal avec la composition de titrage – caser des ronds et de la typo linéale dans un rectangle, c’est plutôt coton… Le résultat final sera donc vraisemblablement un peu différent.

Je travaille aux corrections sur Word. Après avoir passé le manuscrit de Daniel en Garamond – il écrit en Arial, j’arrive difficilement à corriger en Arial… Alors on a toujours le même protocole : je passe le manuscrit en Garamond, je corrige, et puis je fais la maquette en Univers – une linéale, un peu comme l’Arial, mais en mieux. J’ai passé une demi-journée à fouiller dans les familles de linéales pour me rendre compte que décidément, l’Univers (ça m’aura en tout cas permis de bien ranger mon Suitcase par familles et de découvrir – à travers des clics digressifs – plein de typos ornementales qui serviront peut-être un jour, ponctuellement)… Et puis la plupart de ces polices sans empattement sont en général crées pour les titrages, l’affichage… pas pour du texte littéraire dense. Donc l’approche en est parfois très surprenante – c’est-à-dire qu’on peut moins facilement jouer avec l’approche qu’avec une garalde, on se retrouve avec des lignes très denses ou très blanches pour éviter une veuve, une orpheline ou une coupe hérétique… Déjà que c’est acrobatique en Univers, j’ai pas eu le courage de me casser le nez sur les quelques Linotype qui me séduisaient.

Mercredi, je vois Daniel pour qu’on bosse sur le texte. J’aime beaucoup ce moment auteur/éditeur. C’est l’un des grands cadeaux de ce métier ! Être en prise directe avec l’écriture, intégrer sa logique pour pouvoir faire des propositions, agir en maniaque du détail au service de l’auteur.

J’aimerais qu’à travers ce livre, le grand public comprenne ENFIN qui est Daniel Foucard. C’est-à-dire, disons-le sans ambages, une lecture incontournable.

Je ne doute pas que ça arrivera un jour. Je trouve juste un peu égoïste qu’on ne soit pour l’instant qu’une bande d’initiés – certes surpassionnés et hyperactifs et certes la bande grossit chaque jour de nouveaux lecteurs – à le savoir. C’est dégueulasse pour le reste du monde qui passe à côté d’un grand auteur simplement parce que l’info n’est pas assez relayée…

J’aimerais bien que ça arrive vite pour Daniel, aussi. J’en ai un peu marre qu’on s’exclame la larme à l’œil, qu’on déplore être passé à côté de, qu’on crie au mythe une fois que les vers sont en train de bouffer les intestins des écrivains. ça devient dur pour eux d’en profiter, à ce moment-là. C’est aussi mon travail de tout faire pour informer, en temps et en heure, transmettre mon enthousiasme et tenter de faire en sorte que les livres soient ouverts par la critique – ce qui n’est pas vraiment une critique envers la critique, en tout cas, pas une critique de tous les critiques ; j’ai eu l’occasion, il y a quelques mois, d’aller dans le bureau de la responsable livre d’un quotidien national et j’ai failli faire un arrêt cardiaque en constatant qu’elle travaillait derrière des murs de livres de 3 mètres de hauteur… Il n’est pas humainement possible de tous les ouvrir. Alors a fortiori, les lire… Alors c’est un combat de tous les instants. Avec une artillerie assez limitée, aussi limitée que la détermination est grande.

Je sais que c’est l’un des prix de l’« exigence », ce mot dont on nous rabat les oreilles – je ne vais pas me plaindre, c’est toujours mieux que le glacial et inapproprié « expérimental » – pour désigner une écriture qui ne donne pas dans le produit formaté. Mais avec le côté Quijote qui est le mien, ne comptez pas sur moi pour baisser les bras.