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dimanche, juillet 19, 2009

Le bleu du ciel pue

Good news, everyone !

Un nouveau Manuel Joseph !

Le bleu du ciel dans la peau

Certes court mais dense. Des informations bientôt – à la rentrée, j’imagine – sur les sites de Fanette Mellier – qui en a imaginé la conception graphique : ce livre entre dans la collection « Chaumont : des livres bizarres » après Dans la zone d’activité, Bastard Battle et Le Travail de rivière – et de Dissonances.








Sinon, j’apprends aujourd’hui – dans le cadre des corrections du prochain livre de Julien d’Abrigeon – que l’utilisation d’« entrelacs » était rare au singulier jusqu’au XIXe siècle. Flaubert semble être l’un des premiers à l’avoir utilisé ainsi.


N.B. : « Le bleu du ciel pue » est également une phrase de Manuel Joseph, tirée de l'un de ses livres ou texte en collectif, mais je ne sais plus lequel, désolée…

Sur les photos : Manuel Joseph, Fanette Mellier, Olivier Quintyn, Anne-Laure Blusseau, Bibi et derrière le téléphone portable qui fait office d’appareil à images : Emmanuel Rabu.

samedi, février 07, 2009

Le Travail de rivière #8



Lecture/concert d'extraits du Travail de rivière au Musée de Chaumont.
Texte, lecture : bibi.
Improvisation musicale : Olivier Mellano.
Captation vidéo : Maïwenn Grall.

samedi, janvier 17, 2009

Le Travail de rivière #4

... Lorsque Fanette Mellier m’a proposé de participer à son projet de résidence à Chaumont, j’ai cherché ce qui, dans la ville, faisait écho en moi et choisi de m’intéresser à l’histoire de la ganterie Tréfousse. Plus précisément, j’ai voulu tisser un lien entre le travail ouvrier, concret, physique, et l’atmosphère de mystère et de merveilleux que j’ai ressentie dans cette ville entourée de contes et de légendes où la forêt est très présente. Oxymore annoncée dès le titre : “ Le travail de rivière ” malgré son apparente joliesse est une expression qui désigne le travail de mégisserie, c’est-à-dire l’opération qui consiste à préparer les peaux tout juste écorchées pour les tanner et les transformer en cuir. De la mort au luxe en quelques opérations lustrales.
Une future gantière apparaît donc à Chaumont, entre deux guerres. Elle n’a pas de nom et guère de psychologie. Un “ je ” apparaît en étant le sien, sans l’être. On la devine néanmoins à la fois mélancolique – reflétant le paysage – et déterminée – jurant dans le décor. Elle grandit, pas à pas, entre la lecture du journal intime de sa grand-mère narrant ses inquiétudes de vraisemblable veuve de guerre et la guerre qu’elle vivra, au quotidien, depuis le petit point sur la carte que représente sa ville de naissance. Ce récit n’est pas linéaire. Il se troue notamment de fragments de contes, sens dessus dessous, en échos inquiétants avec ce qui est supposé être la réalité du livre. Le petit chaperon rouge meurt sans cesse, la gantière porte un châle rouge et les loups sont dans la ville. Au centre, un bref dictionnaire technique – dont certains termes sont détournés de leur définition principale – donne naissance à un deuxième glossaire aléatoire, disséminé dans le texte, qui contamine la narration.
Au final, c’est un trajet hybride, à la fois poétique et narratif. L’histoire se déversant dans le conte, la poésie imprégnant l’histoire, le dénouement épousant les méandres de la rivière...

mercredi, décembre 17, 2008

Le Travail de rivière #3

« J’ai été particulièrement touchée par ce texte qui comprend plusieurs strates thématiques et formelles (histoire personnelle et collective, conscience sociale, technique industrielle de la ganterie, univers du conte, etc.)
Le texte, très structuré tout en étant fluide et poétique, répond à des contraintes d’écriture très précises.
J’ai voulu que ce livre emprunte (en l’exagérant) à la structure formelle du "livre de conte": grand format, épaisse couverture cartonnée, large signet de soie... Ce parti-pris découle évidemment de la présence du Petit chaperon rouge disséminé au fil du texte, mais aussi de la volonté de proposer un "rituel" de la lecture, propre à ce type d’ouvrage.
La gamme colorée de l’ouvrage est une variation froide, en lien avec l’ambiance aquatique et la présence forte de la forêt en lisière de ville.
Ces couleurs sont parfois franches et surréelles (bleu profond de la jaquette, vert pailleté de la couverture...), parfois douces (ambiguïté de la gamme vert d’eau pour l’intérieur du livre).
La main est omniprésente, à la fois somme sujet et objet du livre : la main travaille pour produire des gants, qui habilleront délicatement d’autres mains. Mais la main n’est jamais entière. Sur la jaquette en simili cuir bleue, elle est décomposée dans un patron de gant, qui renvoie à la matière et au processus. À l’intérieur du livre, des fantômes de gestes apparaissent à travers des images de mains, inscrites en couleur vert d’eau et à échelle 1 dans la matière même du texte.
Le texte comprend par ailleurs des signes (filets, points) qui viennent révéler ou souligner la structure du texte et la logique de l’écriture. Ces éléments formels apparaissent comme un squelette, ou une cosmogonie... »

Fanette Mellier



Un ptit scan de retour de calage... En l'occurrence, la première page du glossaire au centre de l'histoire, comme un cœur mécanique, à contrainte.

Fanette était au calage il y a deux jours. On devrait recevoir le livre vers le 20 janvier - c'est un long et minutieux façonnage qui se prépare... Peut-être une future question de fabrication 6 ?...

mardi, juin 24, 2008

Le Travail de rivière



Fini hier mon nouveau livre : Le Travail de rivière, texte écrit à l’invitation de Fanette Mellier, actuellement en résidence à Chaumont, et qui paraîtra en novembre prochain, chez Dissonances/Pôle graphique de la ville de Chaumont. Il m’aura bien tourmenté, ce livre. J’étais partie dans l’idée d’écrire un « roman naturaliste »… Et puis c’est très chargé, pour moi, l’histoire ouvrière, puisque j’ai rapidement choisi mon camp, enfant, entre la noblesse génoise du côté paternel et ma prolétaire autodidacte de mère. Beaucoup de défis formels, beaucoup d’affect. Bref, les moustaches tristes de Zola ont rencontré Burroughs et Gysin à vélo, et ça donne un hybride assez indéfinissable qui part de l’histoire très concrète de la ganterie Trefousse, entre les deux guerres, plus exactement, de l’histoire d’une ouvrière, pour se broder de contes locaux peuplés de loups et crisser du train de la grande Histoire. Ça finit en 1944.
J’ai hâte de voir ce que Fanette va en faire, après les deux sublimités déjà réalisées, Dans la zone d’activité et Bastard Battle
Champagne ! À présent, je peux donc reprendre mes deux autres textes en souffrance… euh, finalement, je vais commencer par un Efferalgan…

vendredi, juin 06, 2008

CIRCUS

Le Circus de Fanette Mellier à Chaumont. Déambulation graphique à partir de ce texte, que j'ai écrit pour l'occasion :

entre chien et loup
les arbres
suaires
si
sereins au vent
crient le jour après
la nuit claire indécise



J'ajouterai des photos au fur et à mesure que je les recevrai afin qu'on lise le parcours.

jeudi, juin 05, 2008

The BB Story

Ou comment naquit Bastard Battle de Céline Minard

Il était une fois un festival d’art graphique à Chaumont, en Haute-Marne qui invita Fanette Mellier en résidence. Celle-ci, étant à la fois graphiste et typographe, décida d’inviter des écrivains à écrire des textes ayant un rapport, de près ou de loin, avec la ville de Chaumont. Éric Chevillard, Céline Minard, Bibi, Manuel Joseph et Louis Watt-Owen. D’où Bastard Battle : « Haute-Marne, 1437, Denysot-le-clerc raconte l’histoire sanglante qu’il a vécue. La ville de Chaumont est prise d’assaut par le Bastard de Bourbon. Pendant le massacre, un adversaire singulier fait face à ses troupes, semant la terreur. Ce personnage aux techniques de combat inconnues s’avère être une femme originaire d’Asie. À l’issue d’un affrontement de chevaliers, une poignée de combattants venus de tous les horizons reprend courageusement la ville au Bastard et en protège les portes. Car il s’agit à présent de préparer la population à la vengeance du tyran et de l’empêcher d’envahir à nouveau la ville. L’étrange coalition de résistants enseigne ainsi l’arbalète, la lance, mais aussi l’espionnage et le kung-fu… Les habitants de Chaumont sont prêts pour la bataille qui décidera de leur vie… »

Il existera donc deux éditions de ce merveilleux livre sanglant, l’édition luxe et graphique de Fanette Mellier dont vous pouvez voir quelques pages ci-dessous, et l’édition chez Laureli, dont la couverture ci-dessus (image spencer VIII) est tout aussi bastard et battle.


Dissonances/Pôle graphisme de Chaumont.

samedi, mai 24, 2008

France mélasses


Dix neuvième festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont (faudrait mettre plus de cap’, F, I, A, G…) J’avais oublié les villes où le temps passe lentement (c’est un compliment). C’est bon de voir des bords de route avec des ronces, du chiendent, des crottes de renard, de la ciguë. La liberté des friches me manque. Mais le vide de rues des petites villes de province entre midi de deux heures – façon explosion nucléaire, je suis la dernière personne sur terre – m’angoisse. Je n’aurais pas dû mettre des bottines à talons alors qu’on marche en moyenne cinq kilomètres par jour à Chaumont (vœu pieux pour un prochain festival).
Très éclairante présentation du remarquable site poptronics (Annick Rivoire/Christophe Jacquet), que j’avais un peu perdu de vue depuis son lancement – shame on me, je vais me rattraper. Super concert Rolax au Super. Beau Bastard Battle version graphique. Affiches affichées. Et je connais peu de monde dans le graphisme, c’était presque des vacances, je n’ai croisé aucun fâcheux. Tout va bien.
Lu à Chaumont – affiches off, je crois : « Graphiste fucking », « Casper le petit Pantone », « I Shot The Serif » (spéciale dédicace à Thomas Lélu). Et entre la gare et les Subsistances : « France mélasses » (c’est une usine).
Je suis très fière de mon texte pour Fanette, disséminé dans la ville = de la réalisation graphique de Fanette (j’en mettrai ici les photos en diaporama dès que je les aurai reçues). En voici, déjà, le texte :

entre chien et loup
les arbres
suaires
si
sereins au vent
crient le jour après
la nuit claire indécise

Pas mécontente non plus de ma lecture à l’Autoharp. Confession : je n’avais jusqu’à présent jamais été vraiment à l’aise lors de mes « performances » : lecture + montage sonore réalisé sur ordinateur et/ou diaporama. J’ai l’impression que l’interface numérique dans ce contexte-là me bride, comme une barrière entre moi et moi. Entre le public et moi. Mais c’est sans doute une question d’apprivoisement. Ou de nature. L’avenir me le dira – la main sur la bibliothèque de bois. Jusqu’à présent, ces tentatives performatives me semblaient ratées. Enfin bof, quoi. Refaire de la musique m’a fait du bien. Je crois que je commence à entrevoir un « dispositif » (pour employer de grands mots) qui me correspond. Dans lequel je suis bien. Je regarde l’heure mais je ne la vois pas. Alors, je ne cesse d’ouvrir mon téléphone portable bivalve pour la consulter, façon TOC. J’ai un train à prendre.

(Image : affiche de Mathias Schweizer pour le festival de Chaumont, 2007).


* Addenda : fragment de copie, recto-verso, déchirée, trouvée dans un buisson à Chaumont :


lundi, octobre 29, 2007

À Chaumont, tout est bon

Dans le cadre de sa résidence à Chaumont, haut lieu du graphisme, Fanette Mellier a invité plusieurs écrivains : Céline Minard, Éric Chevillard, Louis Watt-Owen, Manuel Joseph et moi, à écrire des « livres bizarres ». Il ne s’agit pas de créer une collection dans laquelle se fondraient des textes mais d’imaginer une forme, des caractères, des textures pour chaque texte. La mise en page, la typographie ne sont plus des supports mais font partie intégrante de la création, de l’écriture.

Le premier – sublime ! – livre venant de paraître est celui d’Éric Chevillard : Dans la zone d’activité.









Édition : Pôle Graphisme, Les Silos/Éditions Dissonances
tel 01 43 25 89 05 alain.planchon@wanadoo.fr


À chaque publication, des manifestations (vernissage, lecture, concert…) seront organisées à Chaumont.

De plus amples informations sur le site de Fanette Mellier – auquel j’ai emprunté les illustrations présentes.
N’hésitez pas, également, à me contacter pour en savoir plus – où trouver les livres, quand paraîtront les prochains, la recette de la tarte Langres/pommes de terre, etc.

Vous pouvez, ici, télécharger en PDF les notes d’intention du projet.

>> Ajout du 5 décembre 2007 : je parle du livre d'Éric Chevillard et du projet de Fanette sur Libr-critique, invitée par Philippe Boisnard & Hortense Gauthier :