mercredi, janvier 02, 2008

« Le temps se couvre. Je suis fidèle aux événements biographiques. »

« te délivrant :

castillo de aliusiones
forest of mirrors

ange
exterminant
la douleur

*

CHANSON

Tant de poèmes que j’ai perdus.
Tant que j’ai entendus, pour rien,
au téléphone – voilà,
j’ai tout fait pour que tu m’aimes,
j’ai été femme vulgaire,
moitié-sorcière, moitié-panthère,
petite sourire moderniste
grinçant dans la gorge,
loulou, homo,
bien garce, vandale,
machiavélique peut-être,
et puis un jour j’me suis braquée,
suis passée aux courbettes
(c’était une stratégie),
aux affaires, pingre,
quoique un peu bête,
parce que, intelligente, je rougissais,
de suite, ou au contraire, visage
pâle qui ignore
le rose, sa couleur,
et tant, j’en ai tant fait, peut-être
en quête de gloire, l’autre
scène sous les projecteurs,
ou peut-être seulement de la tendresse,
mais tant, j’en ai tant fait…

*

Tout ce que je ne t’ai jamais dit, dans ces marges.
Consolée par la bande.
Ce n’était jamais le bon sujet.
Les espions se trompaient de piste.
L’intimité était une comédie… »


Extrait de Gants de peau & autres poèmes de Ana Cristina Cesar, traduit du brésilien par Michel Riaudel. Chandeigne éditeur, 2005. Livre que je viens de découvrir, par hasard - histoire de gants - avec ravissement.

1 commentaire:

Pierre Ménard a dit…

Vu sur Ecrans.fr : « Faire d’un acte banal, un site participatif original. C’est l’idée de One Cold Hand ? (Une Main Froide ?), un projet de Jennifer Gooch pour, selon ses mots, « connecter la communauté de Pittsburgh à travers un évènement malheureux : la perte d’un gant. »

http://www.onecoldhand.com

« Tant de poèmes que j’ai perdus. »